Les magasins E. Leclerc proposeront bientôt à leurs clients d'acheter des médicaments sur Internet, comme le permet la loi depuis fin 2012. L'enseigne aura toutefois l'obligation de reposer sur un réseau de docteurs en pharmacies, avec de réelles officines ouvertes au public.

Invité ce vendredi matin sur RMC et BFM TV, Michel-Edouard Leclerc a affirmé que son enseigne de grande distribution allait vendre des médicaments sur Internet, pour contourner l'interdiction qui est faite aux grandes surfaces de proposer à la vente des médicaments sans ordonnance. Il devra toutefois le faire en s'associant à des pharmaciens diplômés, comme le permet la loi.

En effet, la loi autorise depuis fin 2012 la vente de médicaments sur Internet, mais dans un cadre strictement réglementé qui préserve le monopole des pharmaciens et devait éviter que des grandes enseignes ne puissent s'accaparer le marché. Ainsi le code de la santé publique dispose que les ventes à distance doivent être opérées "à partir du site internet d'une officine de pharmacie", qui ne peut être ouverte qu'après autorisation de l'administration, et à la condition notamment de disposer d'un diplôme de docteur en pharmacie.

Le site de Leclerc Drive ne pourra donc pas vous proposer d'ajouter une boîte de Doliprane ou des vitamines C à votre panier. Il faudra se rendre spécifiquement sur un site internet dédié aux pharmacies Leclerc.

La loi impose également que l'officine de pharmacie qui envoie les médicaments ait une présence physique réelle, avec accueil des clients. Ce ne sera pas une difficulté pour Leclerc qui souhaite réaliser des partenariats avec les pharmaciens, en leur facilitant l'ouverture d'officines à des conditions préférentielles. 

Enfin, précisons que seuls les médicaments sans ordonnance peuvent être commandés en ligne, mais les pharmaciens concernés ont le droit d'envoyer les médicaments partout en France. L'obligation, un temps envisagée, de faire délivrer les commandes en personne par un pharmacien, avait été écartée.

Par ailleurs, la loi impose des normes strictes pour limiter la concurrence entre sites internet de vente de médicaments, et respecter des principes déontologiques, qui sont contrôlés par l'agence régionale de santé. Il est notamment imposé qu'un formulaire d'informations médicales soit rempli à la première commande par le client, et qu'il soit possible de contacter le pharmacien de façon personnalisée, ce qui est censé limiter les possibilités d'industrialisation des ventes de médicaments à distance.

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