La cyberviolence est relativement répandue dans les collèges, selon une enquête menée par l'éducation nationale. Près d'un collégien sur cinq est concerné et le phénomène est en progression.

Si la violence a toujours existé dans les établissements scolaires, elle a pris un tour nouveau ces dernières années avec la démocratisation du numérique. Désormais, la brutalité que peuvent avoir les élèves entre eux ne se limite plus à la cour de récréation ou à la classe. Elle se répand aussi en ligne, sur les réseaux sociaux, par SMS ou sur les plateformes de vidéo en ligne.

Ce phénomène est baptisé "cyberviolence" ou "violence en ligne". Or selon une enquête du ministère de l'éducation nationale, celui-ci tend à se développer dans les collèges. En 2011, 9 % des élèves déclaraient avoir été insultés ou humiliés par SMS ou Internet. Deux ans plus tard, cette proportion est passée à 14 %. Elle grimpe même à 18 % si l'on inclut des médias de type "happy slapping".

C'est pratiquement un élève sur cinq.

Le happy slapping consiste à filmer une agression avec un mobile. Celle-ci prend des formes variables, allant de la simple gifle administrée par surprise à un élève à un passage à tabac. Plusieurs faits divers existent sur le sujet et l'augmentation du phénomène a parfois amené les autorités à prendre des mesures radicales, comme la censure de YouTube dans certaine écoles australiennes.

Parmi ceux qui subissent ces violences en ligne, nombreux sont ceux qui n'osent pas en parler. Une fille sur trois (31 %) préfère garder le silence sur les brimades qu'elle subies. Cette proportion est plus forte chez les garçons (39 %), qui s'explique sans doute par des ressorts psychologiques lui commandant de ne pas passer pour un lâche en allant se plaindre à un tiers.

Plus généralement, cette violence en ligne ne touche pas davantage les établissements difficiles de ceux réputés calmes. Les filles sont davantage victimes de ces violences en ligne et, à mesure que les élèves passent dans les classes supérieures, cette violence est de plus en plus forte (15 % des élèves de sixième et 20 % des élèves de troisième).

En France, la cyberviolence a parfois débouché sur des drames terribles. La classe politique, démunie face à ce problème qui affecte la vie des élèves, a évoqué des sanctions pénales contre les auteurs de ces brimades, songé à les priver de Facebook (un prétendu accord a été évoqué, mais celui-ci n'a jamais existé), et des autres réseaux sociaux, de les surveiller ou de filtrer les sites.

Il existe néanmoins des plans de sensibilisation, mais ceux-ci ne semblent pas déterminants. Ainsi, l'ancien ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, a présenté l'an dernier une stratégie pour endiguer le phénomène. La prochaine e,quête permettra de dire si les mesures ont produit des effets positifs, ne serait-ce qu'au niveau de la libération de la parole des victimes.

L'enquête de l'éducation nationale peut être consultée ici (.pdf) en intégralité.

( photo : CC BY-NC-SA kid-josh )

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