Interrogé sur les mesures envisagées par le gouvernement pour lutter contre le cyber-harcèlement, le ministre de la culture a préconisé le filtrage des sites contenant des contenus préjudiciables, en plus de l'éducation. La réponse de Frédéric Mitterrand est à rapprocher de la position exprimée en début d'année par le CSA, poussant un peu plus la France vers le filtrage généralisé du net.

Alors que les réseaux sociaux séduisent chaque jour de nouveaux internautes en France et dans le monde, un phénomène très franchement indésirable s’est développé en parallèle des sites communautaires : le cyber-harcèlement. Oubliant parfois que le réseau est avant tout un espace public et ouvert, des internautes n’hésitent pas à lyncher d’autres individus ou à les harceler sur Internet.

Ces comportements ont conduit la Commission nationale de l’informatique et des libertés à réagir l’an dernier, en publiant une alerte sur une hausse du nombre de cas où des internautes ont été victimes de harcèlement ou de lynchage. Des craintes partagées par la députée UMP Joëlle Ceccaldi-Raynaud, qui interpelle le ministre de la culture et de la communication, Frédéric Mitterrand, dans une question écrite.

« Nouveau mode de harcèlement moral né de l’utilisation des nouvelles technologies, le cyber-harcèlement se caractérise la plupart du temps par des menaces, de l’intimidation, des insultes ou du chantage. Les enfants sont au premier rang des victimes. Elle souhaite connaître les mesures que le Gouvernement appelle de ses souhaits afin de lutter contre cette nouvelle forme de violence scolaire » écrit-elle.

Mais alors que la question de la députée portait spécifiquement sur le cyber-harcèlement, le ministre de la culture et de la communication répond bien au-delà des espérances de Joëlle Ceccaldi-Raynaud en préconisant des « dispositifs de filtrage et de signalement » pour lutter contre la propagation « des contenus préjudiciables, notamment à cause de leur violence ou de leur nature pornographique« .

La réponse de Frédéric Mitterrand est à rapprocher de la position exprimée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en janvier dernier. Son président, Michel Boyon, avait indiqué souhaiter que les logiciels de contrôle parental bloquent l’accès aux sites de vidéos qui n’auront pas reçu un label spécifique. De quoi ouvrir la voie vers un filtrage généralisé du net.

Sauf qu’en l’espèce, la députée UMP n’a pas demandé au ministre de la culture et de la communication son avis sur les contenus violents ou pornographiques. Malgré tout, la réponse poursuit en expliquant que « des moyens technologiques tels que les logiciels de filtrage permettent aujourd’hui aux parents de limiter l’accès de leurs enfants aux sites répréhensibles« .

Sur la question du cyber-harcèlement, le ministre s’en remet à l’éducation. « Dans les cas de cyber-harcèlement ou d’exposition préjudiciable de la vie privée, en particulier les réseaux sociaux et le web 2.0, il est primordial de donner aux jeunes des moyens de se protéger par eux-mêmes, et une politique d’éducation aux médias doit être privilégiée« .

« Le sujet important de la protection des mineurs à l’égard des médias, et en particulier de l’éducation aux usages d’Internet, continuera de mobiliser les efforts du Gouvernement, afin que les jeunes puissent profiter pleinement des potentialités culturelles et citoyennes d’Internet sans en subir les dangers » conclut le ministre.

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