En difficulté sur le marché de la musique en ligne, Qobuz cherche à avoir accès à la banque publique d'investissement. En parallèle, la plateforme de streaming envisage de porter plainte contre l'accord passé entre Orange et Deezer, qu'elle estime être à l'origine d'une distorsion de concurrence.

Malmenée par la très vive concurrence que se livrent les plateformes d'écoute de musique en ligne, la société Qobuz est depuis le 19 août placée sous procédure de sauvegarde. Malgré un réel effort pour fournir de la valeur ajoutée à son service (qualité sonore lors de l'écoute, diffusion en ligne d'un magazine musical), Qobuz est très loin de rencontrer le même succès que Spotify ou Deezer.

Lancé à la fin 2007, le site n'a convaincu que 25 000 abonnés malgré sa présence dans huit pays européens en plus de la France, là où ses principaux rivaux en ont plusieurs millions. Il est vrai que la grille tarifaire de Qobuz est moins attractive (malgré un réajustement). Mais le prix n'explique pas tout. Pour Qobuz, l'alliance entre Orange et Deezer est un autre facteur pesant sur sa réussite.

L'opérateur historique et la plateforme française spécialisée dans le streaming sont en effet associés depuis 2010, le premier ayant une participation dans le capital du second. Ce rapprochement a permis d'intégrer l'offre payante de Deezer dans certaines formules d'abonnement du géant des télécommunications. En 2012, l'accord entre les deux parties a été renouvelé pour trois ans. Il doit s'achever l'été prochain.

Cette alliance a souvent été dénoncée par le PDG de Qobuz. Récemment encore, il décrivait cette situation comme une "distorsion de concurrence", jugeant avoir été "écrasé par le rouleau-compresseur de l'alliance Orange-Deezer en terme de notoriété depuis quatre ans". Pire encore, cet accord a impacté "la vision des investisseurs et leur capacité à décrypter les opportunités de la musique en ligne".

Que compte faire Qobuz ?

Selon une information du magazine Édition Multimédi@, la société est disposée à entamer une action en justice contre le couple Orange-Deezer. Plus exactement, une saisine de l'autorité de la concurrence pour distorsion de concurrence est évoquée par le PDG de Qobuz. Ce dernier a confié que cette idée est dans l'air depuis longtemps, mais qu'elle n'a jamais eu l'occasion d'être mise en branle.

Outre le terrain judiciaire, Qobuz s'est manifesté auprès du ministère de la culture et de la communication afin que Fleur Pellerin soutienne son dossier auprès de la banque publique d'investissement.

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