Bien connus des internautes, les trolls sont de véritables trouble-fête. Au Canada, une étude s'est efforcée de cerner leur profil psychologique. Résultat, ce sont des individus "sadiques", "psychopathes" et "machiavéliques", mais qui cherchent à s'amuser.

Ils sont parmi nous. Ils sont tapis dans l'ombre, attendant le moment propice pour vous sauter à la gorge. Ils ne vous pardonnent rien et prennent un malin plaisir à saboter la conversation. Vous les aurez peut-être reconnus : "ils", ce sont les trolls du net, ces individus qui passent leur temps à alimenter des polémiques en tout genre sur la toile pour leur propre divertissement.

Si l'on vous parle aujourd'hui des trolls, c'est parce que ces derniers ont fait l'objet d'une étude canadienne tout à fait intéressante. Baptisée "les trolls veulent juste s'amuser", l'analyse conduite par Erin E. Buckels, Paul D. Trapnell et Delroy L. Paulhus, qui a été signalée ce vendredi par @Versac, revient sur la psychologie de ces curieux personnages ainsi que les raisons les poussant à jouer les trouble-fête.

D'après les trois universitaires, ceux qui ont une telle activité sur Internet ont une certaine propension au "sadisme", à la "psychopathie" et au "machiavélisme", lit-on dans le résumé. Rien d'étonnant, dans la mesure où le "trolling" est présenté "comme un comportement trompeur, destructif ou disruptif dans le contexte social d'Internet, et n'ayant aucun but apparent".

Bien sûr, les travaux des trois Canadiennes ne surprendront pas les vieux briscards du web. Ces derniers ont eu largement le temps de cerner le profil-type du troll à force de les croiser sur les forums, dans les jeux vidéo, au sein des salons de discussion ou en bas des articles de presse ou de blog. Cependant, l'étude vient confirmer ce que l'empirisme avait déjà permis de deviner.

Mais selon les trois chercheuses, les trolls ne sont pas nécessairement poussés par la volonté d'être désagréable ou blessant, mais plutôt par la perspective de passer un bon moment. Cela étant, tous sont loin d'apprécier les activités des trolls. S'ils ne sont pas forcément très nocifs, ils poseraient parfois suffisamment de difficultés pour inciter les gérants de sites à se montrer de plus en plus strict.

Lors du festival texan SXSW, le directeur de la publication à Gawker, se lamentait de la médiocrité de certaines interventions. "Les trolls et les spammeurs ne sont pas le problème, on peut les gérer avec force brutalité. La vraie tragédie, c’est le triomphe de la médiocrité. À la fin des années 90, on pensait que l’on pourrait capturer l’intelligence du public. Ce n’est pas ce qu’il s’est passé".

Du côté de la presse en ligne, certains médias sont de plus en plus tentés d'interdire ll'usage des pseudonymes afin d'obliger les internautes à assumer leurs écrits sous leur véritable identité (à supposer, bien sûr, qu'ils livrent la vraie…). On pense par exemple au Huffington Post, qui a envisagé cette hypothèse l'été dernier dans le but de civiliser les commentaires.

Les trolls finiront-ils par disparaître un jour ? Rien n'est moins sûr. Le réseau semble constituer un terrain propice pour ces derniers (Internet n'est-il pas l'empire de la méchanceté, à en croire Frédéric Beigbeder ?). Par ailleurs, une étude menée en Chine avait d'ailleurs avancé que la colère était un sentiment qui se propageait plus rapidement sur les réseaux sociaux que les autres sentiments.

En attendant de savoir si les trolls se calmeront un jour, que faire ? Appliquer les bonnes vieilles recettes, diront certains "Keep calm and don't feed the troll". Autrement dit : restez calme et ne rentrez pas dans son jeu.

( photo ; CC BY-SA blueberrystarbubbles )

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