La compétition pour la 4G cristallise les relations entre opérateurs. Bouygues, qui profite du recyclage des fréquences 2G pour accélérer le déploiement de son réseau mobile très haut débit, s'est lancé dans une publicité comparative. Mais la justice a rappelé l'opérateur à l'ordre.

Depuis le 1er octobre, Bouygues Télécom a étendu son réseau 4G en exploitant la bande de fréquences 1800 MHz, jusqu'à présent réservée aux communications en 2G. L'opérateur dispose ainsi d'un avantage temporaire face à ses concurrents, qui pour l'instant ne peuvent compter que sur les bandes 800 MHz et 2600 MHz, dont l'attribution des blocs a été faite par l'ARCEP via un appel d'offres.

Selon Bouygues, la prise en compte des fréquences 1800 MHz dans son réseau 4G lui permet de couvrir "63 % de la population […], soit 40 millions de Français". Ces derniers sont surtout concentrés autour d'une centaine de communes. Mais cette avance ne durera qu'un temps : SFR doit couvrir plus d'un tiers des Français en 4G d'ici fin 2013. Orange a étendu son réseau 4G à une cinquantaine de villes et à certains quartiers parisiens.

En attendant le jour où Orange et SFR l'auront rattrapé, Bouygues communique évidemment en direction du public : à lui de faire penser au public que son infrastructure est plus avance que celles de ses rivaux, que la 4G est une réalité chez lui, que le très haut débit est à portée d'abonnement, pour peu que les mobinautes délaissent leur opérateur actuel pour venir rejoindre les rangs des clients Bouygues.

Mais gare au dérapage. Selon une information du Parisien, Bouygues a été condamné par le tribunal de commerce de Paris dans une affaire de publicité comparative. Nos confrères expliquent que Bouygues a comparé la couverture des réseaux 4G de la population française par les trois principaux opérateurs "en se basant sur des hypothèses de couverture à la fin 2013".

Manifestement, l'action en justice a été opérée par Orange puisque, interrogé, l'opérateur historique semble n'avoir pas apprécié se retrouver au même niveau de couverture que SFR. Le Parisien indique que le tribunal de commerce de Paris a laissé 24 heures à Bouygues Télécom pour retirer la publicité. Au-delà, il s'exposera à une astreinte de 20 000 euros par jour de retard.

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