SFR ne saura rien du contrat d'itinérance signé entre Orange et Free. La filiale de Vivendi avait pourtant élaboré une thèse audacieuse pour inciter la Commission européenne à intervenir. Mais les autorités bruxelloises ont finalement balayé sa plainte.

C'est une épine de moins dans le pied de Free. La Commission européenne a balayé le recours déposé par SFR, qui tentait d'invalider le contrat d'itinérance mobile signé entre Orange et le jeune opérateur mobile. La filiale de Vivendi avait opté pour une thèse audacieuse, puisqu'elle cherchait à démontrer la capacité, pour l'opérateur historique, de contrôler son partenaire.

"La Commission a classé cette plainte", a confié une porte-parole à BFM. "Nous sommes arrivés à la conclusion que ce contrat d'itinérance n'était pas un rachat tel que défini dans le droit des rachats". Cependant, la tactique inhabituelle employée par SFR pour contester le contrat d'itinérance entre Orange et Free a conduit certains observateurs à s'interroger sur les buts réels poursuivis par l'opérateur.

L'accord entre Orange et Free est en effet confidentiel. Seuls les deux parties connaissent chaque modalité des liens qui les unissent. Or, c'est cette opacité que dénonçait Jean-Bernard Lévy, l'ancien président du directoire de Vivendi. Signé en mars 2011, cet accord permet à Free de louer les infrastructures d'Orange pour faire transiter les communications en 2G et 3G et offrir une couverture similaire à celle d'Orange.

Si SFR n'a pas réussi à casser le partenariat entre Orange et Free, ni même à en exposer le détail, l'opérateur peut au moins se consoler sur un point : celui-ci n'a pas vocation à durer éternellement. Il a même une date de fin : 2018. À cette date, Free Mobile devra exclusivement compter sur son propre réseau pour acheminer les télécommunications de ses clients. Et pour l'instant, le déploiement suit son cours.

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