C’est la dernière pièce manquante pour enterrer définitivement le SMS. La prochaine mise à jour de l’iPhone va introduire le RCS 3.0 avec du chiffrement de bout en bout. Les quatre principaux opérateurs français devraient être prêts au lancement.

C’est un coup de pelle supplémentaire dans la tombe des SMS. Dans la future mise à jour iOS 26.4, le remplaçant des textos (appelés RCS, pour Rich Communication Services) va apporter une amélioration bienvenue : les messages chiffrés de bout en bout. Le niveau de sécurité des RCS va faire un important bond en avant et risque d’éclipser pour de bon les SMS.

La bêta 1 d’iOS 26.4, dont la date de sortie n’est pas encore fixée avec certitude, contient déjà le support des RCS sécurisés pour plusieurs opérateurs. Le compte spécialisé Tiino-X83 fait remarquer que les quatre opérateurs français (Orange, Bouygues Telecom, SFR et Free Mobile) sont aussi prêts, même si leur fichier opérateur n’active pas encore la fonction.

Source : Capture d'écran
Les évolutions, du côté des opérateurs pour iOS 26.4. // Source : X / Tiino-X83

Les RCS sécurisés disponibles pour tout le monde dès mars 2026 ?

Si on doit faire une analogie, cela signifie que les rails sont posés, mais que les trains (comprendre : les messages chiffrés) ne circulent pas encore. Pour que cette fonctionnalité s’active sur l’iPhone, il faudra respecter deux étapes : la sortie et l’installation d’iOS 26.4 sur son téléphone d’une part, ainsi que le déploiement d’une mise à jour opérateur spécifique. Apple commence à tester la nouveauté entre iPhone, mais étendra les RCS sécurisés à Android d’ici le lancement de la mise à jour.

Cette découverte est une bonne nouvelle pour la sécurité des « textos » de nouvelle génération, puisque l’on parle d’une couche de protection de haut niveau, semblable à ce qui se fait sur WhatsApp, Signal ou Messenger. En clair, les contenus sont chiffrés directement sur le terminal de l’expéditeur et déchiffrés sur l’appareil du destinataire.

Pourquoi cela a pris autant de temps ?

La conversion d’Apple au RCS aura pris beaucoup de temps. Si l’on regarde du côté d’Android, on en parle depuis 2018 et le déploiement en France a été observé dès l’année suivante. En comparaison, la prise en charge des RCS sur iOS date de septembre 2024 avec iOS 18. Et pour les RCS chiffrés, il a fallu encore patienter presque deux ans de plus.

Pourquoi Apple a-t-il attendu si longtemps, alors que Google propose le chiffrement RCS sur Android depuis des années ? La réponse tient en un mot : standardisation. La firme de Cupertino a toujours refusé d’adopter la surcouche de chiffrement propriétaire de Google, arguant qu’elle ne voulait pas dépendre d’une technologie contrôlée par un concurrent. On peut aussi imaginer qu’Apple n’avait aucun intérêt à adopter les RCS trop vite : la technologie est équivalente à son iMessage.

Pour qu’Apple passe aux RCS sécurisés, la marque réclamait une norme internationale qui atteigne un standard de qualité suffisant aux yeux d’Apple — avec du chiffrement de bout en bout, comme sur iMessage, et pas seulement du chiffrement en transit. Et c’est ce que fournit désormais l’association mondiale des opérateurs (GSMA) avec le RCS Universal Profile 3.0.

Il y est indiqué que « la principale avancée de cette dernière version est qu’elle inclut les exigences et l’expérience pour le chiffrement de bout en bout des messages RCS, des fichiers et autres contenus fournis par les utilisateurs. » Maintenant que la norme existe sur le papier, Apple peut l’intégrer dans son code.

Vers la paix entre les bulles bleues et les bulles vertes ?

De fait, cette amélioration ouvre la voie à la possibilité de faire circuler des messages RCS chiffrés entre iPhone d’une part (comme ce qui existe déjà avec iMessage), mais aussi entre téléphones Android et, surtout, entre les deux écosystèmes. De quoi reléguer pour de bon les SMS aux oubliettes de l’histoire, car ils ne sont vraiment pas sûrs, eux.

Une fois que le RCS chiffré sera pleinement actif, l’un des derniers atouts liés à iMessage et à WhatsApp s’estompera pour ce qui est des communications inter-opérateurs et inter-écosystèmes : la confidentialité de haut niveau. Et surtout, cela sonnera peut-être la fin de la guerre entre les bulles vertes et les bulles bleues, au moins sur le terrain de la sécurité.

Source : Numerama

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