Signé en 2011, l'accord d'itinérance entre Orange et Free Mobile est très critiqué par la concurrence. Stéphane Richard, le PDG de l'opérateur historique, a déclaré comprendre le mécontentement de Bouygues Télécom, qui a adressé récemment un courrier aux parlementaires, et assurer que le contrat passé avec le nouvel entrant n'a pas vocation à durer au-delà de 2018... pour la 2G et la 3G.

Jeune opérateur mobile, Free a passé un contrat d'itinérance avec Orange en mars 2011 pour exploiter les infrastructures de l'opérateur historique afin d'acheminer le trafic de ses propres clients en 2G et 3G. L'accord, qui a pris effet lorsque Free Mobile a été en mesure de couvrir lui-même 25 % de la population, s'arrêtera en 2018. D'ici là, le quatrième entrant devra ériger des antennes-relais pour couvrir tout le territoire.

Cet accord dans la téléphonie mobile est loin de faire consensus. Dernièrement, le PDG de Bouygues Télécom a écrit aux parlementaires pour leur demander de réfléchir aux conséquences d'un quatrième opérateur pour le secteur des télécommunications français et les inviter à s'opposer au prolongement du contrat d'itinérance entre Free Mobile au-delà de 2018 et à son extension à la 4G.

Interrogé jeudi matin par RTL, Stéphane Richard a dit comprendre le "raisonnement" de Martin Bouygues. "C'est vrai que l'itinérance c'est un dispositif qui est nécessaire pour le début. Tant que le quatrième opérateur n'a pas déployé tout son réseau, il faut bien qu'il y ait quelqu'un qui l'assure l'itinérance". Mais ce partenariat, qui permet à Free Mobile de mettre le pied à l'étrier, n'a pas vocation à durer ad vitam aeternam.

"Ça n'a pas vocation à rester éternel et donc je comprends tout à fait le raisonnement de Martin Bouygues, en l'occurrence sur la limite temporelle de l'itinérance". "Et d'ailleurs, le patron d'Iliad, Xavier Niel, est le premier à dire que, pour lui, ce n'est pas une solution définitive et que son intérêt économique est d'investir dans son réseau. Alors, prenons le au mot et voyons ce qu'il fera", a ajouté Stéphane Richard.

Lors de son audition à l'Assemblée nationale, Xavier Niel avait expliqué que son groupe n'avait aucun intérêt à se reposer sur l'itinérance. "Louer notre réseau à Orange, ça n'est pas un modèle viable. Ce qui est viable, c'est de détenir notre réseau", afin de se dégager au plus vite des obligations contractuelles et être à la tête de son propre réseau physique.  "On met tout en œuvre pour être très en avance" sur le calendrier.

Reste que ces propos concernent avant tout la 2G et la 3G. Or, se posera dans quelques temps la question de la 4G. Et au grand dam de Martin Bouygues, Free Mobile et Orange signeront très vraisemblablement un nouvel accord d'itinérance, là encore le temps pour que le nouvel entrant mette en place son réseau. Si rien d'officiel n'a été annoncé, l'opérateur historique se dit prêt à passer un marché.

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