Invité à répondre aux questions de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, le président de l'Arcep a livré quelques informations sur la situation de Free Mobile. Selon Jean-Ludovic Silicani, le quatrième opérateur dispose d'une couverture de la population d'environ 45 à 50 %. Soit pratiquement un Français sur deux.

Mercredi, la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale a reçu Jean-Ludovic Silicani et Bruno Lasserre pour discuter de la concurrence dans le secteur des télécommunications. À cette occasion, le président de l'autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a donné quelques informations sur la situation de Free Mobile.

45 et 50 % de couverture

Questionné sur le quatrième opérateur, Jean-Ludovic Silicani a indiqué que le taux de couverture de la population française atteint par Free Mobile "serait aujourd'hui entre 45 et 50 %". À titre de comparaison, le président de l'Arcep a rappelé que Free Mobile avait atteint le seuil 28 % lors du lancement de ses offres et 38 % l'été dernier dans le cadre d'un contrôle général de tous les acteurs du marché.

Il s'agit d'une estimation, qui nécessitera d'être vérifiée ultérieurement. "Nous allons revérifier bien sûr avec Free que ce taux de couverture correspond à la réalité", a-t-il déclaré. "En tout cas, c'est l'ordre de grandeur". Au cours de son entretien, qui peut être revu en vidéo sur le site de l'Assemblée nationale, il a rappelé que l'Arcep dispose de deux autres indicateurs pour évaluer le rythme de déploiement du réseau de Free.

Antennes et investissements

Il y a d'abord le déploiement des antennes. Selon les données en possession de l'Arcep, 2200 sites ont été construits jusqu'à présent et 1800 sont en fonctionnement. "Free nous a indiqué, et nous pouvons le vérifier par d'autres biais, qu'il est à la recherche actuellement d'à peu près 2000 sites supplémentaires", a précisé Jean-Ludovic Silicani.

Il y a ensuite l'investissement. Selon l'Arcep, celui-ci "est cohérent" avec le nombre de sites qu'il a construit. "Un site, c'est à peu près 100 000 euros", a-t-il rappelé. Et ce chiffre ne prend pas en compte les montants à verser dans le cadre de l'itinérance ni les redevances à payer pour les fréquences. Au total, Free aurait ainsi déboursé près de 220 millions d'euros pour le déploiement de ses antennes.

L'avenir

Aujourd'hui, Free "déploie son réseau normalement". L'opérateur est à la recherche de 2000 nouveaux sites pour étendre sa couverture. Toutefois, il "a des difficultés croissantes pour déployer des sites et des antennes" du fait, notamment, de la frilosité des riverains, inquiets des éventuelles conséquences sanitaires causées par les ondes électromagnétiques.

L'opérateur note toutefois que des pistes alternatives peuvent être envisagées, en s'adressant par exemple à des acteurs institutionnels comme TDF ou signer des accords bilatéraux avec d'autres opérateurs. À terme, Free Mobile compte donc avoir un maillage du territoire composé de plus de 4000 sites. L'Arcep, de son côté, suivra avec attention le respect des obligations réglementaires de l'opérateur.

L'autorité administrateur dispose d'un outil juridique pour dissuader Free de lever le pied. "Nous avons la possibilité […] d'utiliser la mise en demeure anticipée" pour obliger le quatrième entrant à  accélérer son déploiement ou, en tout cas, rattraper son retard. Dans le cas contraire, l'opérateur s'exposerait alors à des sanctions qui peuvent être "extrêmement graves sur le plan financier".

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