Conclu en 2011, l'accord d'itinérance entre Orange et Free Mobile agace SFR. Le deuxième opérateur de France estime que ce partenariat est en fait un moyen pour Orange de contrôler Free Mobile et donc de perturber le jeu de la concurrence dans le secteur des télécommunications.

En mars 2011, Free Mobile a signé un contrat d'itinérance avec Orange l'autorisant à exploiter les infrastructures de l'opérateur historique afin de couvrir l'ensemble du territoire et acheminer les communications de ses clients en 2G et en 3G. L'accord, qui a pris effet lorsque Free Mobile a été en capacité de couvrir lui-même 25 % de la population, s'arrêtera en 2018. D'ici là, il devra avoir érigé ses propres installations.

Si le partenariat représente une manne financière pour Orange, il n'a toutefois pas vocation à durer éternellement. Free Mobile n'a pas intérêt à faire traîner le déploiement des antennes-relais, car la location du réseau d'Orange coûte cher. Mais la manière dont les choses se déroulent ne ravit pas particulièrement SFR et Bouygues, deux opérateurs qui ont particulièrement souffert de cette nouvelle concurrence.

Selon une information de Challenges, SFR a décidé d'attaquer Orange et Free devant la Commission européenne. L'opérateur argue que le contrat d'itinérance entre les deux firmes a abouti à une "acquisition de contrôle conjointe de France Télécom sur Free Mobile". Autrement dit, SFR suspecte Orange d'être capable de "manipuler" son partenaire, au point de fausser la concurrence sur le marché des télécoms.

Avec l'arrivée de Free Mobile, les opérateurs télécoms n'avaient pas le choix : il fallait que l'un d'entre eux ouvre son réseau téléphonique au nouvel arrivant. L'Arcep, en charge de la régulation du secteur, avait ainsi rappelé l'an dernier que Free avait le droit à une itinérance nationale sur le réseau d'un opérateur déjà en place, en vertu des autorisations délivrées aux opérateurs mobiles.

Et alors que SFR et Bouygues étaient réticents à ouvrir leur réseau, Orange a vu une opportunité financière à saisir. "En début d'année, j'ai acquis la conviction que Free parviendrait à nouer un accord d'itinérance. J'ai donc préféré que ce soit Orange, plutôt que Bouygues Télécom ou SFR, qui bénéficie du chiffre d'affaires additionnel", a justifié Stéphane Richard en juillet 2011.

Aujourd'hui, Orange assure que Free Mobile respecte le contrat d'itinérance. Mais son contenu reste un mystère, puisqu'il s'agit d'un document commercial privé. Jean-Ludovic Silicani, le président de l'Arcep, est l'un des rares individus à avoir pu le consulter, rappelle Le Figaro.

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