Alors que le groupe s'était félicité il y a deux mois dans un communiqué interne d'avoir gagné contre le "dogme absolu de la neutralité du net", en recevant l'autorisation de l'Autorité de la concurrence de faire payer l'ancien fournisseur de bande passante de MegaUpload, le PDG d'Orange affirme aujourd'hui qu'il est "totalement pour la neutralité du net", et contre le fait de faire payer les gros éditeurs de services comme Facebook ou Google.

A l'occasion de la conférence de presse de lancement de la nouvelle Livebox Play, qui a donné lieu à toute une série d'autres annonces, le PDG d'Orange Stéphane Richard a accordé une interview à La Chaîne Techno de Jérôme Colombain et François Sorel. Il y a été notamment question de la politique d'Orange en matière de neutralité du net.

La réponse de Stéphane Richard est inattendue. "Je ne crois pas à la possibilité pour les opérateurs, sur la base d'un rapport de force économique, d'exiger ou de mettre en place des flux financiers", a expliqué le patron de France Télécom. Il se refuse ainsi, officiellement, à faire payer les éditeurs de services qui consomment le plus de bande passante. Pourtant en septembre dernier, son groupe s'était réjoui dans un communiqué interne d'avoir remporté une victoire contre les "tenants d'un dogme absolu de la neutralité du net", après que l'Autorité de la concurrence l'a autorisé à faire payer Cogent pour compenser le déséquilibre entre les volume des données montants et descendants.

Deux mois plus tard, Stéphane Richard affirme qu'il est "totalement pour la neutralité du net", parce que "il faut être réaliste, nos clients prennent nos abonnements pour avoir accès à ces services, ça n'aurait pas de sens de leur interdire l'accès sous prétexte que l'on n'aurait pas trouvé d'accord avec tel ou tel acteur". 

Alors que Free joue le pourrissement avec Google, ce qui a pour effet de rendre YouTube inutilisable par les freenautes aux heures de pointe, Stéphane Richard dit qu'il croit "beaucoup plus au dialogue, à la coopération", et qu'il "travaille beaucoup avec Google". 

"Je crois beaucoup à ce qu'on peut faire ensemble de positif pour faire aussi de l'efficacité dans la consommation de la bande passante, pour être plus respectueux de l'aval, des contraintes des opérateurs sur la bande passante", dit-il sans préciser les mesures qui peuvent être prises. "C'est une démarche positive, plutôt que de leur dire 'vous allez devoir payer'".

Néanmoins, comme il y a internet et internet par Orange, et il y a aussi neutralité du net et neutralité du net par Orange. Numerama expliquait ainsi cette semaine comment Orange favorise son Cloud en autorisant son utilisation illimitée à partir des mobiles, alors que les Dropbox, SkyDrive et autres Google Drive sont plus lents que le Cloud d'Orange dès que l'abonné a dépassé son quota autorisé de données transférées.

Au sujet du Cloud d'Orange, Jérôme Colombain a demandé à Stéphane Richard si l'abonné qui quitte Orange dans 5 ou 10 ans pour un autre opérateur aurait toujours accès à ses données. Mais le PDG d'Orange a fait semblant de ne pas comprendre la question, et a répondu uniquement sur la solidité financière et l'historique du groupe qui garantie qu'Orange ne fermera pas ses serveurs du jour au lendemain, faisant disparaître avec eux toutes les photos de famille. Il ne dit pas si ces données resteront accessibles le jour où un client Orange décide de passer chez Bouygues Telecom, Free, ou SFR.

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