Le PDG d'Orange ne regrette absolument pas d'avoir signé un accord d'itinérance avec Free Mobile. Et pour cause, celui-ci pourrait bien lui rapporter jusqu'à 2 milliards d'euros. C'est plus du double que l'estimation envisagée au départ.

Le marché de la téléphonie mobile a beau être plus concurrentiel depuis l’arrivée de Free Mobile en janvier, tous les opérateurs ne le vivent pas de la même manière. Certains parviennent en effet à tirer leur épingle du jeu, à l’image d’Orange qui a signé un accord d’itinérance en mars 2011 avec le nouvel entrant. Et à en croire le PDG de l’opérateur historique, ce partenariat est particulièrement juteux.

Au cours d’un entretien accordé lundi à Libération, Stéphane Richard a confié que le contrat passé avec Free Mobile pourrait rapporter à Orange une somme deux fois plus importante que celle envisagée au départ. « On avait dit que le contrat devait nous rapporter 1 milliard d’euros. Cela pourra aller jusqu’au double en fonction de la capacité de Free à développer son réseau« . Soit 2 milliards d’euros.

Il s’agit néanmoins d’une évaluation qui dépendra de la vitesse à laquelle Free Mobile déploiera son réseau d’antennes-relais. Si celui-ci couvre l’Hexagone plus rapidement que prévu, la somme finale qui reviendra à Orange sera moindre. Free Mobile a donc intérêt à installer ses propres infrastructures et ne plus passer par les tuyaux de son partenaire.

Cela dit, vu les sommes en jeu, il n’est pas étonnant d’entendre le patron d’Orange se dire « satisfait d’avoir signé ce contrat » et d’en revendiquer « tous les termes« . « C’est la meilleure protection pour l’entreprise, ses salariés, ses actionnaires, que je pouvais trouver face à l’arrivée du quatrième opérateur« , a-t-il assuré. Ce qui ne l’a pas empêché pour autant de regretter une fois encore l’arrivée d’un quatrième opérateur physique sur le marché français.

« Je ne crois pas que la décision d’introduire un quatrième opérateur ait été prise sur la base d’une analyse lucide des conséquences industrielles et sociales pour le secteur. Je crois que l’idéologie de la concurrence et du marché unique, un dogme très européen, peut être néfaste quand elle n’est pas contrôlée« , a-t-il jugé, en référence aux plans d’économies et aux licenciements décidés par SFR et Bouygues Télécom.

Selon les termes connus de l’accord d’itinérance passé avec Orange, Free Mobile a le droit d’utiliser les antennes 2G et 3G de l’opérateur historique le temps d’installer de son côté ses propres infrastructures sur tout le territoire. L’accord s’est déclenché lorsque les antennes-relais du nouveau venu ont atteint une couverture de la population de 25 %.

L’accord est prévu pour durer jusqu’en 2018. À cette date, Free Mobile devra avoir atteint un taux de couverture de la population de 90 %.

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