Très haut débit : le VDSL2 bientôt autorisé par l'Arcep

Guillaume Champeau - publié le Lundi 25 Juillet 2011 à 11h29 - posté dans Télécoms

Le très haut débit dans les zones rurales pourrait devenir une réalité dans les prochaines années, grâce au VDSL2. Solution alternative au déploiement très coûteux de la fibre optique au pied de chaque maison, ce protocole vient d'être validé par le comité technique de l'Arcep.

L'enjeu est majeur pour éviter la fracture numérique entre les zones urbaines et les zones rurales, où le déploiement de la fibre optique est un mirage bien peu rentable. Selon la lettre Edition Multimédi@ datée de ce lundi, le Comité d'experts pour les boucles locales cuivre et fibre optique, constitué au sein de l'Arcep, devrait rendre un avis favorable au déploiement du VDSL2 "d'ici la fin de l'année". Or cette technologie bien moins coûteuse que la fibre optique intégrale offre des débits symétriques (upload et download) de 50 Mbps, en utilisant la même paire de cuivre que celle utilisée par l'ADSL pour le "dernier kilomètre". La montée en débit se fait en effet au niveau de sous-répartiteurs intermédiaires, qui eux sont reliés par fibre optique au NRA traditionnel.

La validation par le Comité ne vaut cependant pas encore autorisation, puisqu'il avait fallu attendre trois ans après la validation de l'ADSL2+ en 2007 avant que le protocole soit effectivement autorisé par l'Autorité de régulation des télécoms.

Les FAI déjà prêts au déploiement...

Dans un article publié au début du mois, qui s'appuyait sur la publication des contributions à une consultation publique organisée par l'ARCEP, Freenews montrait clairement l'intérêt des opérateurs pour le VDSL2, étrangement évoqué à demi-mots. Orange, qui dit vouloir couvrir au moins 60 % de la population en FTTH (fibre optique), précise que "au-delà nous sommes ouverts à des solutions de montée en débit telles que le VDSL".

Free, lui, insiste selon Freenews "sur l’importance d’une montée en débit rapide, mettant en avant la demande croissante d’usages gourmands en débit chez les abonnés, citant la « dimension multimédia », « l’émergence des téléviseurs connectés » ou encore le stockage prochain des données à distance (« cloud computing »)". L'opérateur fixe un calendrier de déploiement de "cinq à dix ans" du très haut débit par le cuivre dans les zones périurbaines et rurales, ce qui coïncide avec l'objectif national de raccorder au très haut débit 70 % de la population française en 2020, puis 100 % en 2025, tel que l'a indiqué Nicolas Sarkozy dans son discours de clôture des Assises des territoires ruraux en début d'année dernière.

Les Freebox Revolution sont déjà équipées pour recevoir le VDSL2, et Bouygues Télécom est également prêt. De son côté, "SFR est déjà prêt pour le VDSL2 à 150 Mbits/s, grâce à une gestion dynamique
de la paire de cuivre dite DSM – Dynamic Spectrum Management – que lui fournit la société américaine Assia
dirigée par John Cioffi
", l'inventeur du DSL, indique Edition Multimédi@. Et Orange, étrangement en retard, serait en discussion avec Assia.

Le plus incompréhensible est l'hésitation que semblent afficher les opérateurs français, en favorisant le déploiement d'un FFTH pourtant beaucoup plus coûteux que le VDSL2. Edition Multimédi@ note même que dans son rapport sur l'aménagement numérique du territoire, le sénateur Hervé Maurey (Union Centriste) propose de "fixer une date butoir à l’arrêt de l’utilisation du réseau cuivre et au basculement vers le réseau fibre, à l’instar de ce qui a été décidé pour le passage à la télévision numérique sur l’ensemble du territoire" (p. 62).

Serait-ce exagéré de croire que le marchandage effectué par les opérateurs au détriment de la neutralité du net n'est pas étranger à cette hésitation affichée ? Profitant de l'objectif fixé par Bruxelles de couvrir au moins la moitié de l'Europe en très haut débit à 100 Mbps d'ici 2020, les opérateurs mettent en avant les coûts du déploiement de la fibre optique pour obtenir de Bruxelles qu'elle les autorise à donner la priorité à certains flux et services, et à faire payer certains éditeurs pour ne pas les brider. Peut-être donc, dans ce cadre, vaut-il mieux éviter de dire trop haut qu'une autre voie est possible, bien moins coûteuse, qui permettra de prendre plus de temps pour passer du FTTN (Fiber to the neighborhood) au FTTH (Fiber to the home).

Publié par Guillaume Champeau, le 25 Juillet 2011 à 11h29
 
 
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Commentaires à propos de «Très haut débit : le VDSL2 bientôt autorisé par l'Arcep»
 

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Peut-être les opérateurs sont-ils simplement hésitants du fait que les instances de régulation sont trop longues à valider la/les technologies ?

L'incertitude est forcément mauvaise pour un secteur d'une part privé, d'autre part ultra-concurrentiel comme l'accès à Internet.
Et pourquoi ceux éligibles à la fibre optique n'auraient pas le droit à du SDSL ?
A prendre avec "réserve" cf les limites du VDSL2 (merci à Alex. Modesto)
Type de câble liaison VDSL: 2 fils cuivre (AWG24 ou plus)
Distance max. entre 2 appareils: 1.4Km
Distance/vitesse avec un profil 17a:
- 300m -> 86/65Mbps
- 400m -> 86/52Mbps
- 600m -> 81/36Mbps
- 800m -> 72/19Mbps
- 1000m -> 60/9Mbps
- 1200m -> 59/6Mbps
- 1400m -> 50/2Mbps
Distance/vitesse avec un profil 30a (Le profil 30a est encore assez peu déployé en Europe):
- 300m -> 100/100Mbps
- 400m -> 90/90Mbps
- 600m -> 61/40Mbps
- 800m -> 54/8Mbps

Conclusion : En ruralité, hormis les grosses (>300 lignes) SR de Bourg, peu de chance de voir arriver le VDSL2... Tout ceci pour dire qu'il y a beaucoup de hype, pour ne pas dire intox dans tout cela...
ultra concurentiel... je ne sais pas (au vu de leurs tarifs et ententes...) mais peut etre sont-ils effectivement hesitants a vu de leur position les uns vis a vis des autres...
et bon ce sont des entreprises privées avec des actionnaires donc....
aprés faudrait il leur poser la question de cette hesitation directement...
ou encore dire, que c'est la meilleure façon pour les gros d'amplifier encore le peu d'appétence des gâtés de l'ADSL2+ pour la Fibre Optique... et de conforter la rente de situation des gros FAI
Et aussi, peut-être parce qu'on sait que les technos utilisant le cuivre n'ont plus vraiment d'avenir aujourd'hui et qu'à un moment où à un autre, il faudra passer par la fibre.
J'en connais qui aimeraient bien avoir l'ADSL tout court déjà (et ne pas entendre les conversations téléphoniques du voisin par la même occasion).
Le VDSL2 c'est peu comme mettre de la pétro-dynamique-enrichie dans la deudeuch à mémé : ça avance plus vite mais va quand même falloir changer la deudeuch à mémé. Ce n'est pas non plus une solution à la fracture numérique : les zones rurales ne pourrons pas, techniquement, profiter du VDSL2.

Pour finir, la fibre c'est 100Mbits aujourd'hui mais plus tard, à coup de multiplexage spectral (càd à coup de pétro-dynamique-enrichie), se sera 300, 500 voir 1000Mbits.
Je précise, en plus de l'abaque "longueur/ débit" que les lignes avec un rapport Signal/Bruit élevé (mauvaises, car sur un cuivre vieillissant) ne supporteront pas la migration... sauf à ce FT change les portées de cuivre en défaut (mais là faut pas rêver, même avec leur plan Qualité+ ...)
lildadou, le 25/07/2011 - 12:17
Le VDSL2 c'est peu comme mettre de la pétro-dynamique-enrichie dans la deudeuch à mémé : ça avance plus vite mais va quand même falloir changer la deudeuch à mémé. Ce n'est pas non plus une solution à la fracture numérique : les zones rurales ne pourrons pas, techniquement, profiter du VDSL2.

Pour finir, la fibre c'est 100Mbits aujourd'hui mais plus tard, à coup de multiplexage spectral (càd à coup de pétro-dynamique-enrichie), se sera 300, 500 voir 1000Mbits.

CF les test de fibre optique avec la dernière Freebox Revolution qui démontre un débit proche du Giga avec le réseau actuel. (ha le bonheur du FTTH P2P)
La fibre déployée par free permet en effet d'atteindre 1.25 Gbs/s
"fixer une date butoir à l'arrêt de l'utilisation du réseau cuivre et au basculement vers le réseau fibre, à l'instar de ce qui a été décidé pour le passage à la télévision numérique sur l'ensemble du territoire"
C'est un peu différent de mettre à jours quelques centaines d'émetteurs/réémetteurs de télévision et de tirer 1 million de kilomètres de fibre optique, avec parfois plusieurs kilomètres pour connecter une ou deux maisons. Si on peut utiliser le cuivre pour ces foyers isolés ou une solution hertzienne, cela serait peut-être plus avantageux pour nos impôts et surtout plus rapide en déploiement.

Rapport de la datar 2010:
100% de la population en FTTH 30 milliards d'euros
80% de la population en FTTH + 20% avec sous-répartiteurs et/ou 4G : 18 milliards d'euros.


500 000 km pour desservir les 80% de prises situées dans les zones les plus denses : coût 15 milliards d'euros,
300 000 km supplémentaires pour atteindre 95% de taux de couverture : coût 8,5 milliards,
300 000 km pour desservir les cinq derniers pourcents : coût 7 milliards.
kubrick, le 25/07/2011 - 12:13
J'en connais qui aimeraient bien avoir l'ADSL tout court déjà (et ne pas entendre les conversations téléphoniques du voisin par la même occasion).
Tant que le voisin paye aussi tes factures de téléphone, faut pas se plaindre ;)
tanagra, le 25/07/2011 - 13:28
C'est un peu différent de mettre à jours quelques centaines d'émetteurs/réémetteurs de télévision et de tirer 1 million de kilomètres de fibre optique, avec parfois plusieurs kilomètres pour connecter une ou deux maisons. Si on peut utiliser le cuivre pour ces foyers isolés ou une solution hertzienne, cela serait peut-être plus avantageux pour nos impôts et surtout plus rapide en déploiement.

Rapport de la datar 2010:
100% de la population en FTTH 30 milliards d'euros
80% de la population en FTTH + 20% avec sous-répartiteurs et/ou 4G : 18 milliards d'euros.
Disons qu'avec la moitié de la population française en région parisienne, + quelques grandes villes, on arrive rapidement à 80% de la population et donc au même résultat qu'aujourd'hui. Si encore, on pouvait profiter du fait qu'on nous plante des antennes relais 3G/4G dans le jardin, pour que ces chers parisiens puissent surfer sur internet avec leur iPhone en marchant au milieu des bois, pour obtenir un avantage en ce qui concerne le débit.
mlb9146, le 25/07/2011 - 12:06
A prendre avec "réserve" cf les limites du VDSL2 (merci à Alex. Modesto)
Type de câble liaison VDSL: 2 fils cuivre (AWG24 ou plus)
Distance max. entre 2 appareils: 1.4Km
Distance/vitesse avec un profil 17a:
- 300m -> 86/65Mbps
- 400m -> 86/52Mbps
- 600m -> 81/36Mbps
- 800m -> 72/19Mbps
- 1000m -> 60/9Mbps
- 1200m -> 59/6Mbps
- 1400m -> 50/2Mbps
Distance/vitesse avec un profil 30a (Le profil 30a est encore assez peu déployé en Europe):
- 300m -> 100/100Mbps
- 400m -> 90/90Mbps
- 600m -> 61/40Mbps
- 800m -> 54/8Mbps

Conclusion : En ruralité, hormis les grosses (>300 lignes) SR de Bourg, peu de chance de voir arriver le VDSL2... Tout ceci pour dire qu'il y a beaucoup de hype, pour ne pas dire intox dans tout cela...


Haha... Je suis à 2045m selon l'outil de numerama. Je préfère la fibre.
vivement que bouyges rachète tous ces reseaux, financé par nos impots , entretenu avec nos abonnements et bradés à la moindre brise sur les marchés...

...le financement des réseaux a la campagne par nos impôts et ensuite bradés à des multinationales par manque de gestion locale, bas oui les petites communes peuvent pas se permettre tout et n'importe quoi, sa pue.
kubrick, le 25/07/2011 - 12:13
J'en connais qui aimeraient bien avoir l'ADSL tout court déjà (et ne pas entendre les conversations téléphoniques du voisin par la même occasion).
voir même y en a qui aimerait avoir internet tout court. des zones non couvertes, même en 56k pourri, y en a encore.
Lorsque on doit invrestir dans une infrastructure qui doit servir pour les porchaines 50 années on a vraiment pas envi de se planter et d'avoir des comptes a randre a ses actionnaires, actionaires qui sont les VRAI patrons de la boite dont ils en ont la propriété.
Mouais...

Le problème du VDSL, il ne faut pas l'oublier, c'est le manque de pérennité:
Dans 10 ans, les mecs en VDSL 17a (c'est à dire le plus intéressant dans les zones urbaines non dense, c'est à dire les petites villes de provinces) , ils se retrouveront avec du 50/2M asymétrique, alors que dans les villes, ça sera déjà fibré, avec des offres en 100/100.

De plus cette technologie n'est PAS aussi bon marché que ça:

- Vu les courtes distances, il faudra poser des armoires de rue partout, à coté des sous-répartiteurs de FT ( http://www.infos-res.../SR_2_redim.jpg )
Or, ces armoire devront être alimenté en électricité, alors que les actuels sous-répartiteurs ne ne sont pas: Travaux de génie civil à prévoir.
- Pour écouler ce débit, il faudra amener une fibre optique au sous-répartiteur: Pareil, génie civil à prévoir.

En bref, ce qu'on économise avec le VDSL par rapport au FTTH, c'est les derniers mètres: TOUT le reste du travail doit quand même être fait.

C'est à la fois un avantage (C'est déjà ça de moins pour le FTTH), et un inconvénient: Le fric passé dans l'achat des équipements VDSL, les dépenses sur les systèmes d'éligibilité, le fait que ça reste très très lié à l'architecture réseau de France Télécom et donc à la location de 9€/paire de cuivre, c'est tout ce fric en moins pour le FTTH.

Et le dernier truc qui me déplaît dans le VDSL, c'est le coté encore plus asymétrique qu'aujourd'hui: 50M/2M, ca veux dire que clairement, c'est un système taillé pour diffuser principalement de la TV/vidéo: On est prié de pas trop se servir de la connexion montante , merci. En FTTH *à l'heure actuelle* c'est aussi le cas, mais au moins, c'est une limite artificielle: Chez Orange au moins, pour le moment en payant plus, on peux avoir du 100/100 si on veux. Avec le VDSL, pas possible.

Après , si ca s'inscrit TRES CLAIREMENT dans un plan de FTTH à long terme (notamment par exemple en dimensionnant correctement les fibres optiques entre les NRA et les sous-répartiteurs pour anticiper le FTTH) , pourquoi pas. Mais il faut bien comprendre que c'est un palliatif: Seule la fibre optique est un support d'avenir, support sur lequel on a pas fini d'innover à très long terme...
VDSL 2 ou comment pérenniser encore un peu la mine du cuivre avec vraisemblablement un modèle dans lequel les collectivités seront "invitées" à participer financièrement... En sachant que le VDSL2 n'a d'intérêt que sur des distances courtes, on n'a du mal à ne pas crier au piège... Pourquoi ne parle-t-on pas de solution du type déport de signal ? Etrange

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