Apple propose avec iTunes Match de convertir les fichiers MP3 présents sur le disque dur de l'utilisateur en fichiers acquis légalement sur iTunes, pour 25 dollars par an. Une opération de blanchiment sans intérêt juridique, et qui n'est pas sans risque pour l'utilisateur.

Parmi les nouveautés présentées par Apple lors de la WWDC, qui a permis de découvrir iOS 5 et iCloud, figure un service dont beaucoup auraient pensé qu’elle ferait hurler les maisons de disques. Pour 24,99 dollars, iTunes Match propose aux utilisateurs d’iTunes de scanner toute leur discothèque, qu’elle soit issue des chansons achetées sur la plateforme ou de fichiers MP3 obtenus autrement, et de remplacer toutes les chansons reconnues par leur version AAC 256 kbps.

Très vite, beaucoup y ont vu un outil de blanchiment de piratage. Et avouons que ça en est un. Pour le prix d’un peu plus de deux albums, Apple propose de remplacer potentiellement des milliers d’albums MP3 par une version légalement téléchargée sur iTunes, sans DRM. Tentant. D’autant que l’opération peut se renouveler.

Mais comme le note avec pertinence Mike Masnick sur Techdirt, ce blanchiment de MP3 n’a rien de choquant. Pour la simple et bonne raison qu’il ne sert à rien, juridiquement parlant. Ca n’est jamais la possession de fichiers musicaux qui est poursuivie par les tribunaux, ou en France par la riposte graduée et l’Hadopi, mais la mise à disposition des fichiers sur les réseaux P2P. Or le fait de transformer les fichiers MP3 « illégaux » en fichiers « AAC » légaux ne donne pas davantage le droit de les diffuser. Elle permet simplement à Apple et aux maisons de disques de se partager 25 dollars supplémentaires, qu’ils n’auraient probablement jamais touché autrement. Ca n’est que bénéfique.

Par ailleurs, il sera plus risqué que jamais de partager ces fichiers AAC sur les réseaux P2P. Comme nous l’avions révélé en 2007 en proposant notre outil Privatunes (qui malheureusement ne doit plus être fonctionnel), les fichiers sans DRM fournis par Apple contiennent l’identifiant et l’adresse e-mail de l’acheteur. Or il est fort probable que ça soit toujours le cas aujourd’hui, et que les fichiers « blanchis » par iTunes Match soient aussi concernés. Donc toute mise à disposition de ces fichiers sur les réseaux P2P permettra de savoir précisément qui les a mis en partage.

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