Lors d'une conférence à Los Angeles sur l'évolution de l'économie du disque, Moby a estimé que sauf dans de très rares exceptions, les artistes doivent fuir désormais toute signature avec une major de l'industrie musicale.

Moby Moby n’est pas connu pour être le plus grand fan des majors de l’industrie musicale, qu’il a quittées pour migrer vers le label indépendant Elektra Records. Invité à la conférence EMP Pop 2011 à l’Université de Los Angeles, l’artiste s’est montré extrêmement critique à l’encontre des grandes maisons de disques. « Il fut un temps ou le business de la musique était incroyablement monolithique et où il n’y avait pas 36 voies pour se faire entendre : signer avec un major ; voir ses clips diffusés sur MTV et sa musique sur les grandes stations de radio. Dieu merci, cette époque est révolue« , s’est félicité Moby, dont les propos sont rapportés par Electron Libre. « Pour 99,9 % des artistes sur la planète, la pire des choses qu’ils puissent faire est de signer avec une major. Elles ont mal traité les musiciens. Elles ont mal traité les fans. Plus grave encore, elles ont mal traité la musique. C’est la raison pour laquelle elle doivent se réinventer rapidement ou disparaître« , affirme-t-il.

En 2009, Moby avait mis à mal l’une des croyances les plus fortes des majors, en démontrant que la gratuité n’est pas l’adversaire des ventes. Le titre Shot In The Back of The Head, qu’il avait pourtant diffusé gratuitement en avant-première sur son site, avait en effet été propulsé numéro 1 des ventes sur iTunes lors de la sortie de son album. Une démonstration telle que l’on n’a jamais compris pourquoi son image fut associée à une campagne grotesque contre le piratage l’année suivante.

Le discours opposé aux majors est en tout cas de plus en plus répandu chez les artistes de toutes générations, y compris en France avec Akhenaton, Cerrone, Joachim Garraud, David Guetta, Daniel Guichard, Michel Sardou ou encore Francis Lalanne. Toute la difficulté pour les grandes maisons de disques est de continuer à se prétendre indispensables pour les artistes, alors que ceux qui signent et parviennent à vivre de leur musique enregistrée sont de plus en plus rares, et ceux qui se maintiennent à un haut niveau de notoriété le sont plus encore.

C’est ce que n’osait pas conclure Pascal Nègre dans son livre pourtant instructif. La musique tend à redevenir progressivement l’apanage des amateurs ou des artisans indépendants, ce qui n’est pas nécessairement un recul social. Quand bien même le piratage et Internet détruiraient totalement l’industrie musicale (inexistante avant le 20ème siècle), il n’a jamais été démontré que l’apport des producteurs de disques au bien-être sociétal est tel qu’ils méritent d’être sauvegardés quoi qu’il en coûte.

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