La meilleure voie pour sortir de la crise de l’industrie du disque est probablement de sortir de l’ère de l’industrialisation pour entrer dans celle de la personnalisation. Puisque l’on peut télécharger et dupliquer un même album à l’infini sur Internet, il faut redonner à l’objet toute sa place, et le rendre unique. C’est en tout cas la recette que tente d’appliquer le DJ français Joachim Garraud pour son premier album solo, Invasion, qui sortira le 5 juillet prochain.

Producteur et remixeur de David Guetta, Jean-Michel Jarre, Paul Johnson, Deep Dish, David Bowie, OMD, Kylie Minogue, Mylène Farmer, Cassius, Ceronne, Moby, Robbie Rivera et d’autres encore, Joachim Garraud propose à ses fans de composer un objet musical unique, qui leur sera envoyé par la poste avec un packaging et une tracklist personnalisée. En tout, 50 titres à la carte seront proposés sur le site officiel de l’artiste. Les internautes pourront tous les écouter, et sélectionner chacun des titres qu’ils souhaitent voir sur leur album, en modifiant également l’ordre de la playlist s’ils le souhaitent. Chaque morceau ajouté augmente le prix total de l’album.

Une fois la playlist réalisée, il faut choisir le type de disque voulu : classique, carbone ou gold. Puis réaliser le packaging en sélectionnant un visuel pour la face imprimée du CD, le boîtier (personnalisable avec un sticker texte personnel), et le nombre de pages souhaité pour le livret. Il est aussi possible d’ajouter un DVD bonus avec deux heures de vidéos.

Ainsi, non seulement l’internaute reçoit chez lui un disque totalement personnalisé, mais en plus grâce à cette personnalisation, le consentement à payer augmente naturellement de la part du client qui n’a pas l’impression d’acheter un disque qu’il pourrait télécharger à l’identique sur les réseaux P2P. Et plus il ajoute d’options, plus le prix augmente.

Une recette gagnant-gagant que l’on aimerait voir se généraliser dans les maisons de disques, aujourd’hui plus occupées à faire du lobbying en faveur de la riposte graduée à l’encontre de ceux qui refusent d’acheter des objets clonés. Mais ce niveau de personnalisation exige que l’artiste accepte de se déposséder d’une partie de son monopole créatif. Combien y sont prêts ?



(merci à Serge pour l’info)

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