Invité sur RTL le mois dernier à l’occasion de la sortie de son nouvel album Etre Une Femme 2010, programmée le 30 août prochain, Michel Sardou a lancé une petite bombe passée inaperçue, mais que vient de déterrer PC Inpact. A la 43ème minute, après avoir déclaré sa passion pour le film Nine avec Marion Cotillard (« il faut connaître son Fellini à mort » pour l’apprécier) et dit qu’il était un « dévoreur de films sur iTunes« , le chanteur embraye sur Iron Man. Le numéro 2, qui n’est pas disponible sur iTunes ni sur aucune plateforme de VOD.

« Iron Man 2 ! Attends ! Je l’ai déjà…« , glisse-t-il avec un large sourire complice à la caméra du studio. « Je l’ai piraté ! Je reconnais, Mesdames et Messieurs sur le net – je suis honnête – que je suis un pirate !« .

– « Ben moi aussi« , se lâche alors le journaliste, qui ne peut s’empêcher d’ajouter aussitôt un « pardon » pour refermer la chape de plomb habituelle de la langue de bois habituelle.

Nous tous ! Faut pas m’faire chier…« , conclut alors Michel Sardou avec un léger bras d’honneur.

C’est Valéry Zeitoun, son producteur, qui ne va pas être content. Le patron du label AZ chez Universal, qui se targue d’être un « éleveur d’artistes« , ne supporte pas les pirates. Il estime que pirater c’est « piller de la musique« . Dans une interview à 01Net, en 2007, il avait eu un mot malheureux en comparant les maisons de disques qui n’ont pas vu venir la déferlante du téléchargement illégal et qui n’ont pas su s’y adapter, aux médecins qui n’ont pas encore trouvé le vaccin contre le SIDA.

Sur son blog, et l’on se demande encore s’il faut le lire au premier degré, Zeitoun avait décrit il y a quelques années une virée à la Croisette avec Hervé Rony, alors directeur du Syndicat de l’Edition Phonographique (SNEP). Il parvenait dans le même billet à s’attaquer à « cette invention aberrante qu’est la licence légale », aux « huit millions d’internautes qui ont piraté au moins une fois de la musique » (« C’est très flippant de ne plus vouloir rien payer. Parce que le fond du problème c’est ça : on ne veut plus casquer« ), et à se féliciter d’être reconnu par Gérard le chef réceptionniste du Majestic. « Vive les palaces vive Gérard et vive le Majestic !« . Il raconte finalement qu’il a perdu quelques centaines d’euros au Casino, et qu’ils ont fait la fête toute la nuit avec Pascal Nègre, le patron d’Universal.

S’il s’agissait d’un exercice littéraire pour dénoncer les excès de l’industrie musicale et la totale déconnexion du train de vie de ses cadres avec le discours alarmiste ambiant, c’est très réussi. Un modèle du genre.

Si c’était un récit vrai et sincère, on ne peut que se féliciter de voir des stars comme Michel Sardou remettre les choses à leur place et dédramatiser un piratage que l’on pratique tous, à plus ou moins grande échelle.

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