Free n'a toujours pas réagi officiellement pour expliquer les ralentissements très importants dont sont victimes ses abonnés sur de nombreux services de streaming et de téléchargement direct. Une source officieuse nous dit qu'il s'agit d'un problème technique, mais pourquoi alors laisser prospérer l'impression d'une atteinte délibérée à la neutralité du net ?

Samedi dernier, Numerama publiait un article sur les limitations de bande passante que semblent subir les abonnés de Free et Alice sur certains sites de streaming (YouTube, Dailymotion, Vimeo, Vpod, MegaVideo,…), de TV de rattrapage (M6 Replay, Pluzz,…) ou de téléchargement direct (RapidShare, MegaUpload, Depositfiles,…). Rarement un article n’aura été autant commenté. Plus de 340 commentaires, la plupart pour confirmer le phénomène, subi principalement en soirée.

Nous émettions alors l’hypothèse, que nous espérions fausse, d’un bridage volontaire répondant à des impératifs commerciaux. En effet lors du lancement de son service TV Replay accessible sur la Freebox, le FAI avait communiqué sur un « Pass Soirée » à 0,99 euros et un Pass Mois à 3,99 euros qui « garantit un accès prioritaire aux programmes de toutes les chaînes entre 19h et 22h« . A notre connaissance ces packs n’ont pas été commercialisés, mais peut-être s’apprêtent-ils à être lancés.

Contacté lundi, le service presse du groupe Iliad (Free/Alice), d’ordinaire très réactif, n’a toujours pas répondu à nos demandes d’explication. Malgré le nombre très élevé de témoignages concordants et les grognements des abonnés qui se font entendre sur la toile, l’opérateur n’a pas jugé utile de communiquer sur les raisons de ce bridage.

Seule une source non officielle, qui semble travailler pour l’opérateur, nous a contacté spontanément pour s’agacer notre article. « La politique maison de Free c’est plutôt de mettre une limite ou le hola sur un service quand le réseau n’arrive pas à suivre et qu’il faut l’upgrader de manière non raisonnable« , nous indiquait-il dimanche. « Par ‘non raisonnable’ il faut comprendre devoir déployer de nouvelles capacités d’échanges avec un acteur qui ne suit pas du tout la vitesse d’évolution de consommation générale« .

« A cause de la migration massive des gens du p2p vers les direct download ces problèmes vont exploser », ajoutait-il. De là à conclure que l’Hadopi, qui ne peut techniquement viser que le P2P, est responsable des futures atteintes à la neutralité du net, il n’y qu’un pas.

Lundi, cette source est revenu vers nous. « Pour info, écrit-il, les premières investigations en interne semblent montrer qu’il y a eu de la saturation chez le fournisseur de transit Level 3 (donc hors du réseau de Free)« .

Y a-t-il parmi vous des lecteurs qui peuvent nous donner leur avis sur cette explication technique que nous sommes bien incapables de vérifier ?

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