Impact du piratage : le SNEP s'appuie sur l'étude très controversée de Tera Consultants
Julien L. -
publié le Mardi 20 Juillet 2010 à 17h40 -
posté dans Société 2.0
![]() Dans son guide sur l'économie de la production musicale, le SNEP s'est appuyé sur les conclusions très controversées d'une étude menée en mars dernier par Tera Consultants. Or, ce document a été directement voulu par la BASCAP, un lobby anti-piratage co-présidé par Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi.
Ainsi, dans son édito, le directeur général du SNEP expliquait qu'en plus du lancement prochain de la carte musique jeune, le syndicat allait être très actif pour défendre l"allongement de la durée des droits voisins" et soutenir la en place de "solutions techniques pour réguler les flux sur Internet". En réalité, la lecture de la version 2010 du guide sur l'économie de la production musicale a révélé d'autres points très intéressants à commenter. À commencer par le chapitre 4, sobrement intitulé "la piraterie : des conséquences très préjudiciables pour les industries de contenu en Europe". Dans celui-ci, le SNEP annonce s'appuyer sur une étude réalisée par Tera Consultants en mars dernier. À en croire les données fournies par Tera Consultants, et reprises intégralement par le SNEP, le piratage a entrainé un véritable cataclysme en Europe. Au niveau des emplois par exemple, nous apprenons qu'"entre 2004 et 2008, Tera Consultants estime que 134 000 emplois ont été perdus dont près de 20 000 (19 800 très exactement) en France". Le document poursuit en indiquant que "c'est en Espagne que l'impact de la piraterie sur les industries de l'entertainment a été le plus fort avec une baisse de 24 % du chiffre d'affaires en 4 ans. La France arrive en seconde position (-20 %)". Plus loin, nous apprenons que "Tera Consultants estime la perte totale de chiffre d'affaires pour ces industries (musique + cinéma + séries TV) à 5,34 milliards d'euros en 4 ans (2004/2008)". Et de poursuivre que "cette perte de chiffre d'affaires touche inégalement les différents pays : surtout l'Espagne avec une perte de 1,35 milliard d'euros soit un quart de la perte de l'ensemble du marché européen. La perte de chiffre d'affaires en France, 743 millions d'euros, représente 14 % de la perte européenne". Des chiffres qui alarmeraient plus d'un homme politique, assurément. Or, l'évaluation de l'impact du piratage en Europe par Tera Consultants été particulièrement critiquée, et beaucoup considèrent que les conclusions de l'étude sont très controversées. Comme nous l'expliquions à l'époque, le rapport de Tera Consultants a présenté des conclusions particulièrement caricaturales de la situation. Selon les conclusions du rapport, nous apprenions que l'année 2008 fut particulièrement difficile pour les industries créatives : ces dernières auraient enregistré "un manque à gagner de 10 milliards d'euros et plus de 185 000 destructions d'emploi en raison du piratage et notamment du piratage numérique". Plus loin, le rapport soulignait l'"absence notable de la réglementation". "Les industries créatives de l'Union européenne pourraient accuser un manque à gagner cumulé de 240 milliards d'euros, à l'horizon 2015, induisant 1,2 million de pertes d'emplois d'ici là". Un discours qui a manifestement touché Michel Barnier, puisque l'actuel commissaire au marché intérieur s'était appuyé sur cette étude pour affirmer qu'il était "impossible de nier l'impact destructeur du piratage". Nous nous étions alors attelé à proposer une petite liste d'éléments visant à démystifier les affirmations péremptoires du commissaire européen. Un autre passage dans l'étude du SNEP est également assez curieux. En effet, le Syndicat national de l'édition phonographique s'appuie sur le cas suédois avec la loi IPRED pour justifier la démarche française avec la loi Hadopi. "Votée par le parlement suédois en avril 2009, la loi IPRED a eu des conséquences très bénéfiques sur les ventes digitales qui ont plus que doublé en 2009 (+ 118 %)" explique le SNEP. Une hausse décidément bien curieuse et forte, dans la mesure où elle ne correspond pas aux données fournies à l'époque par l'IFPI. En effet, International Federation of the Phonographic Industry avait relevé une augmentation de 10 % des ventes de musique en Suède, en 2009. Or, ce phénomène s'était également accompagné d'un retour à la normale du côté du trafic Internet suédois et de la défiance de plus en plus grande des internautes suédois face aux affirmations des industries culturelles. Une défiance qui pourrait peut-être gagner les internautes français. En juin dernier, le même David El Sayegh déclarait que "cet effet psychologique initial d'Hadopi ne va pas durer si les internautes qui téléchargeaient retrouvent un sentiment d'impunité. [...] il n'y a pas de mécontentement, mais beaucoup d'expectative de notre part, des attentes qui se transforment en préoccupations". à lire aussi
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Commentaires à propos de «Impact du piratage : le SNEP s'appuie sur l'étude très controversée de Tera Consultants»
l"allongement de la durée des droits voisins" ou comment demander a ce que les oeuvres ne soit jamais en domaine publique
et presque même a faire refoutre une dose de droit d'auteur pour tres longtemps sur les ?uvres qui y figure déjà... Gene les concert de mozart rejoué 4 fois par ans histoire de les vendres encore et encore (qui étant fan de mozart a besoin de racheter chaque année le meme concert ?) ben justement ils colmatent le trou avec une des personne qu'il l'a fait (quand il en chope une) mais le trou est trop grand et la personne seul ne suffit pas et le navire continue de prendre l'eau de toute part
enfin c'est surtout aussi la faute au fait que leur bateau a était fait de bric et de broc et ne peut vivre éternellement de la meme façon... Surtout qu'on leur a proposé de le modernisé depuis belle lurette et les gens autours sont pret pourtant laskov, le 20/07/2010 - 17:58 l"allongement de la durée des droits voisins" ou comment demander a ce que les oeuvres ne soit jamais en domaine publiquelaskov, le 20/07/2010 - 17:58 et presque même a faire refoutre une dose de droit d'auteur pour tres longtemps sur les ?uvres qui y figure déjà... Gene les concert de mozart rejoué 4 fois par ans histoire de les vendres encore et encore (qui étant fan de mozart a besoin de racheter chaque année le meme concert ?)Non, la différence vient du fait que si tu veux monter une pièce de Mozart (puisque c'est l'exemple) avec un groupe de musiciens, tu n'es pas obligé d'acheter les partitions chez un éditeur ayant signé un contrat avec le gestionnaire des droits d'auteur de Mozart. En bref, tu n'es pas obligé de payer des droits particuliers pour donner du Mozart en concert. Pauvre SNEP ! Que de blabla pour un moribond qui hurle à la mort. La fin est proche. Après cette agonie, la relève est assuré au centuple par un internet immortel.
bah faudra bien qu'un jour que tout les escrocs de la musique y passe...
Le pire mieux est que de plus en plus d'employé de ce genre de boite son de nos clan... De toute façon vue que les ayant droit ne ce dérange pas eux meme pour piraté Bien entendu, quand une étude ne va pas dans le sens de la pensée unique, elle est forcément controversée.
Une défiance qui pourrait peut-être gagner les internautes français.
C'est quoi la différence entre les internautes français et les habitants de la France ?zabre, le 20/07/2010 - 20:26
Bien entendu, quand une étude ne va pas dans le sens de la pensée unique, elle est forcément controversée. Attends il s'agit de l'étude de Tera Consultants de mars 2010 sur l'impact économique du piratage où il est dit : « Entre 2004 et 2008, Tera Consultants estime que 134 000 emplois ont été perdus dont près de 20 000 en France » Ce que tu oublie de préciser tout comme le SNEP ne le précise pas c'est que le rapport en question a été commandé par le BASCAP de la Chambre Internationale de Commerce, laquelle est présidée par le numéro une d'Universal. Lequel Universal est un des membres important du SNEP de par sa position de n°1 de l'industrie musicale. La pensée unique d'Universal et du SNEP, nous savons tous qu'elle te convient, mon petit Zabre=Enter, mais laisse le droit aux autres de ne pas la partager. zabre, le 20/07/2010 - 20:26 Une défiance qui pourrait peut-être gagner les internautes français.
C'est quoi la différence entre les internautes français et les habitants de la France ? La même que celle qui existe entre ton discours et celui tenu par le SNEP. Ce que tu oublie de préciser tout comme le SNEP ne le précise pas c'est que le rapport en question a été commandé par le BASCAP de la Chambre Internationale de Commerce, laquelle est présidée par le numéro une d'Universal.
Tu es trop mignon, Natachou. Lorsqu'une étude est commandée par le SNEP, tu hurles à la manipulation. Mais si une étude est commandée par GNU, tu la trouveras parfaitement objective. Personnellement, je ne fais pas plus confiance qui vont dans un sens qu'aux études qui vont dans l'autre. Ca, c'est un truc que tu n'arrives toujours pas à intégrer dans ta petite caboche... La pensée unique d'Universal et du SNEP, nous savons tous qu'elle te convient, mon petit Zabre=Enter, mais laisse le droit aux autres de ne pas la partager.
C'est dommage que tu ne saches pas lire, Natatroll. Parce que tu saurais que depuis le début, je mets les majors et les pirates dans le même panier pour se goinfrer sur le dos des artistes. Les uns ne valent pas mieux que les autres. Donc, effectivement, ma pensée est unique. Unique au sens où elle ne va ni dans le sens des majors, ni dans celles des pirates. Par contre, toi, tu es adepte de la pensée unique. Celle qui consiste à dire que les majors, c'est que des grands vilains. Et à arrêter ton raisonnement exactement à ce point. Tu es d'ailleurs adepte d'une philosophie ultra-libérale qui me débecte un peu. Celle qui consiste à dire que si les artistes n'arrivent pas à vivre de leur art, c'est de leur faute car ce sont des assistés et qu'il faut qu'ils fassent un travail utile. zabre, le 20/07/2010 - 21:34
Ce que tu oublie de préciser tout comme le SNEP ne le précise pas c'est que le rapport en question a été commandé par le BASCAP de la Chambre Internationale de Commerce, laquelle est présidée par le numéro une d'Universal.
Tu es trop mignon, Natachou. Lorsqu'une étude est commandée par le SNEP, tu hurles à la manipulation. Mais si une étude est commandée par GNU, tu la trouveras parfaitement objective. Personnellement, je ne fais pas plus confiance qui vont dans un sens qu'aux études qui vont dans l'autre. Ca, c'est un truc que tu n'arrives toujours pas à intégrer dans ta petite caboche... La pensée unique d'Universal et du SNEP, nous savons tous qu'elle te convient, mon petit Zabre=Enter, mais laisse le droit aux autres de ne pas la partager.
C'est dommage que tu ne saches pas lire, Natatroll. Parce que tu saurais que depuis le début, je mets les majors et les pirates dans le même panier pour se goinfrer sur le dos des artistes. Les uns ne valent pas mieux que les autres. Donc, effectivement, ma pensée est unique. Unique au sens où elle ne va ni dans le sens des majors, ni dans celles des pirates. Par contre, toi, tu es adepte de la pensée unique. Celle qui consiste à dire que les majors, c'est que des grands vilains. Et à arrêter ton raisonnement exactement à ce point. Tu es d'ailleurs adepte d'une philosophie ultra-libérale qui me débecte un peu. Celle qui consiste à dire que si les artistes n'arrivent pas à vivre de leur art, c'est de leur faute car ce sont des assistés et qu'il faut qu'ils fassent un travail utile. Mais oui, mon petit Zabre=Enter, tu es aussi crédible que le SNEP et Universal le sont, lorsque eux aussi déclarent soutenir les artistes. On voit le résultat ! Par contre, de ce bilan 2009 fourni par le SNEP, if faut surtout retenir : qu’en 2009, le marché de la musique n’a reculé que de 3,2% , alors que l’année fut très difficile, financièrement parlant, pour les ménages français, et que la situation économique de la France, fut catastrophique, compte tenu de l'augmentation exponentielle de ses déficits. A tel point que notre Premier Ministre ne craint pas de parler de mesures de rigueur qui doivent être appliquées. Alors tu sais, la situation économique de l'industrie musicale ne me parait pas si importante, ni aussi catastrophique, que cela. Ignorerais-tu que les français ont d'autres préoccupations au quotidien que celle de l'évolution du marché de la musique en France. "C'est quoi la différence entre les internautes français et les habitants de la France ?"
Demande à Nadine Morano elle va t expliquer zabre, le 20/07/2010 - 21:34
Tu es d'ailleurs adepte d'une philosophie ultra-libérale qui me débecte un peu. Celle qui consiste à dire que si les artistes n'arrivent pas à vivre de leur art, c'est de leur faute car ce sont des assistés et qu'il faut qu'ils fassent un travail utile.Mais ils font un travail utile! Des centaines de plateformes de DDL et de boards de warez vivent grâce à eux. Ahem. "Celle qui consiste à dire que si les artistes n'arrivent pas à vivre de leur art, c'est de leur faute"
Bin ouais parce qu ils font de la merde c est tout, c est pas sorcier. "Donc, effectivement, ma pensée est unique. Unique au sens où elle ne va ni dans le sens des majors, ni dans celles des pirates."
Licence global, alors? Oui destruction d'emploi à cause du piratage... bien sûr...
Et les caissiers, ouvreurs de salles, projecteurs, caissiers des surfaces commerciales (FNAC, Go sport, Décathlon, ...) sûrement à cause du piratage aussi ... alors que le cinéma ne s'est jamais aussi bien porté... Le problème n'est pas simplement que l'étude a été commandée par "l'industrie du disque". Avec un peu d'honnêteté intellectuelle, un consultant peut pondre un rapport réaliste. Mais la grande supercherie, faut-il le rappeler, c'est que cette étude ne prétend même pas à un minimum de rigueur. Elle se base, "par manque de temps" pour procéder à des études indépendantes, sur les chiffres fournis par le secteur même qui se dit "en crise"à cause du piratage. (Enfin, ça c'est quand ils en parlent aux législateurs. Sinon, ils auraient plutôt tendance à bien se porter et à s'en féliciter.)
C'est comme si j'allais voir la police, et que, par manque de temps pour enquêter, elle me demande directement qui m'a volé quoi. (Note: d'ailleurs, elle ne peut même pas non plus prétendre à un minimum de rigueur scientifique. Mais là, un article de ReadWriteWeb est assez détaillé pour se passer de plus amples commentaires.) zabre, le 20/07/2010 - 21:34 Celle qui consiste à dire que si les artistes n'arrivent pas à vivre de leur art, c'est de leur faute car ce sont des assistés et qu'il faut qu'ils fassent un travail utile.EXACTOLE ! Quel écrivain vit de son art par la seule vente de ses livres ? JK Rowling, ok, et sinon ? Les seuls à prétendre qu'un écrivain peut vivre de royalties sont les maisons d'éditions à compte d'auteur dont c'est l'intérêt (elles font en fait payer l'auteur). Non, un écrivain, quand il arrive à vivre de sa plume, c'est en étant "chroniqueur" ou éditorialiste. Pourquoi les musiciens auraient le privilège de ne jouer qu'une seule fois et de vivre là dessus à vie, alors que visiblement personne n'est disposé à les rémunérer de cette manière (sinon il n'y aurait pas de problème à la base) ? Pourquoi les musiciens ne se rapprochent-ils pas de magazines sur la musique, ou d'autres formes de périodiques, dans lesquels ils publieraient une chanson par période ? Tout le monde connait "la chanson du dimanche", non ? Pourquoi ne pas en faire un nouveau modèle économique ? Aujourd'hui, zabre réclame pour les musiciens un statut privilégié sur les autres artistes. Pourtant, il leur refuse les centaines de millions d'€uros annuels d'une Licence Globale parce que ça nuirait aux Majors. Alors, du côté des artistes zarbe ? Je ne crois pas... zabre, le 20/07/2010 - 21:34 Tu es d'ailleurs adepte d'une philosophie ultra-libérale qui me débecte un peu. Celle qui consiste à dire que si les artistes n'arrivent pas à vivre de leur art, c'est de leur faute car ce sont des assistés et qu'il faut qu'ils fassent un travail utile.Hihihi, jolie bombe, faut avouer... Si les artistes ne vivent pas de leur art, c'est qu'ils ne savent pas le vendre, ou que leur oeuvre n'intéresse pas (ou plus simplement parce qu'il fabrique de la mer..., mais je me garderais bien de porter un jugement de valeur). S'ils tombent dans la deuxième catégorie, il faudra bien qu'ils se penchent sérieusement sur la possibilité d'une reconversion à un moment ou à un autre... Rien d'ultra-libéral là-dedans, juste du bon-sens. Sinon, "un travail utile", ça n'a pas de sens. La seule utilité d'un travail (dans le sens de métier) est de pouvoir en vivre. Sinon c'est un passe-temps, un hobby, ou une passion, qui, à l'inverse, coûtent généralement plus qu'ils ne rapportent. D'ailleurs lorsque le hobby devient rémunérateur, on parle de "professionnalisation"...
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