Claude a visiblement la main verte. L’IA d’Anthropic est parvenue à maintenir un organisme vivant en vie, selon une expérience publiée sur X le 31 décembre 2025. Mais comment une intelligence artificielle pourrait-elle bien s’occuper d’un petit plant de tomate pendant un mois ? C’est précisément ce qu’a voulu tester Martin DeVido, développeur web, en menant une expérience consistant à garder la plante en vie pendant plus d’un mois, sans intervention humaine directe. Malgré quelques bugs en cours de route, le pari est visiblement réussi.

Comment le développeur a-t-il maintenu la plante en vie grâce à Claude ?
Claude n’a pas chômé. L’IA a « travaillé sans relâche », pilotant en continu un mini-système de serre 24h/24 et 7j/7. Concrètement, le développeur a relié une plante installée dans un « biodôme » à un système domotique comprenant des capteurs (température, humidité, luminosité, etc.) et des actionneurs (éclairage, chauffage, ventilation, arrosage).
Toutes les 15 à 30 minutes, l’IA devait analyser les constantes vitales de cette petite plante prénommée Sol — température, humidité, CO₂, humidité du sol, température des feuilles — puis agir en conséquence. Claude recevait ainsi périodiquement les mesures des capteurs et décidait quand allumer ou éteindre les lumières, activer le chauffage, la ventilation ou l’arrosage afin de maintenir des conditions optimales. « Il est seul. Il n’y a pas de relève. S’il rate quelque chose, la plante meurt », explique Martin De Vido.

Mais tout ne s’est pas déroulé sans encombre. Jour 34, 12h01. « Claude se réveille d’une sieste programmée et tout est éteint. Lumière coupée. Tapis chauffant à l’arrêt. Circulation interrompue. Sol dépérit dans le noir, en plein jour. Quelque chose s’est écrasé. Il ne sait pas quoi », raconte le développeur. En cause : un bug sur l’Arduino, une petite carte électronique programmable servant de cerveau à de nombreux projets. Dotée d’un microcontrôleur (un mini-ordinateur), elle permet de connecter des capteurs (température, humidité, lumière…) et des actionneurs (pompes, relais, moteurs, LED…). On y charge un programme, généralement écrit en C/C++ simplifié, afin d’exécuter automatiquement des actions en fonction des mesures collectées. Dans cette expérience, l’Arduino lisait les données environnementales et pilotait l’éclairage, le tapis chauffant, la ventilation et l’arrosage.
Le bug en question provenait d’une « recursion error in the Arduino » : une fonction s’appelait elle-même trop de fois, saturant la mémoire et provoquant le plantage de la carte. Résultat : les automatismes cessent de fonctionner correctement… mettant directement la plante en danger.
Claude sauve la plante in extremis
Ni une ni deux, Claude se transforme en médecin urgentiste méticuleux. « Claude ne panique pas. Il procède par ordre de priorité ». L’IA commence par analyser l’état de la plante et les mesures disponibles (humidité de l’air, humidité du sol, etc.), puis décide des actions à mener.
Dans l’ordre, Claude a :
- allumé la lumière pour relancer la photosynthèse ;
- activé le tapis chauffant pour réchauffer les racines ;
- déclenché l’extracteur d’air, l’humidité atteignant 67 % ;
- puis arrosé la plante avec 600 ml d’eau, l’humidité du sol n’étant plus que de 33 %.
Au fil de l’expérience, Claude a également dû lutter contre une « humidité excessive dans la tente », responsable du « jaunissement de certaines pointes de feuilles ». Heureusement, toutes n’étaient pas touchées. « Ce ne sont que de légers signes de stress, mais Sol est une survivante », se réjouit Martin De Vido.
Un peu plus tard, autour du 36e jour, Sol comptait déjà entre 15 et 20 feuilles. « Elle était touffue. Turgescente. En pleine santé. Croissance rapide », se targue le développeur, reconnaissant que « Claude a encaissé des coups durs, s’est effondré, s’est relevé et a surmonté des centaines de micro-décisions ». La plante n’a rien remarqué et a simplement continué à pousser.
Claude va-t-il réussir à faire pousser une tomate ?
Faire pousser une tomate prend toutefois plusieurs mois, et Claude ne peut pas conserver indéfiniment l’historique de ses conversations. Comme l’explique l’utilisateur itsniconnley sur Instagram, Martin De Vido a conçu un système de gestion du contexte à deux couches : une boucle de type ReAct pour le raisonnement à court terme et l’utilisation des outils, ainsi qu’une couche d’auto-consolidation chargée de compresser ces informations en résumés.
Concrètement, cela revient à demander à Claude de condenser régulièrement plusieurs messages en un seul, en ne conservant que les éléments essentiels. L’IA utilise ainsi un outil de « sommeil de deux heures », durant lequel elle consolide les actions de la boucle ReAct en un message unique, afin d’éviter toute surcharge de mémoire à son réveil.

Si l’expérience vous intrigue, il est possible d’observer l’évolution de Sol en direct sur un site dédié. À ce stade, l’expérience en est au jour 43. À condition que Claude maintienne correctement ces paramètres sur la durée — et que l’Arduino et le matériel ne connaissent pas de nouveaux ratés — l’IA d’Anthropic pourrait bien finir par donner naissance à une petite tomate rouge.
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