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Piratage : poursuites judiciaires et lois répressives n'y changent rien

Julien L. - publié le Jeudi 29 Octobre 2009 à 20h16 - posté dans Société 2.0

Hadopi en France, IPRED en Suède, riposte graduée au Royaume-Uni ou encore filtrage en Allemagne ou en Australie... partout dans le monde, les gouvernements veulent répondre fermement au phénomène du piratage, avec le concours des lobbys. Or, malgré de nombreux procès, la tendance est loin de s'inverser.

Depuis un peu plus d'un an, de nombreux gouvernements tout autour du monde se sont mis à rédiger de nouvelles lois pour contrecarrer le phénomène du piratage. Parallèlement à l'action publique, les industries du divertissement ont redoublé d'effort pour mettre au pilori les pirates et les gestionnaires de sites BitTorrent, accusés de plomber leur business en échangeant à tour de bras. Pour quel résultat ?

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'année 2009 aura été un grand cru pour l'ensemble des organismes favorables à un durcissement de la législation. La MPAA, la RIAA et l'IFPI, ainsi que de nombreuses autres sociétés et organisations du même acabit, ont tous remporté d'importantes batailles judiciaires en Europe et en Amérique du Nord. Sauf qu'en fait, toute cette agitation politique et judiciaire ne mène visiblement à rien. Au mieux, la seule chose à mettre au crédit des politiques et des lobbys est d'avoir accéléré la migration des internautes vers des solutions moins risquées, en abandonnant de fait le peer-to-peer classique.

Car le piratage est devenu une norme sociale. On peut le déplorer, on peut le regretter, il n'empêche que cette pratique est désormais profondément ancrée dans les moeurs de nombreux internautes, qu'ils soient adultes ou adolescents. Pour s'en convaincre, il suffit de voir la réaction des digital natives face aux procès qui frappent leurs pairs. Malgré des peines exemplaires - cette année, la RIAA a remporté deux procès contre des internautes accusés de piratage, les faisant condamner à des amendes de plusieurs centaines de milliers de dollars -, la tendance ne s'est jamais inversée.

En avril de la même année, les majors du disque et les studios cinématographiques parvenaient enfin à abattre leur bête noire, The Pirate Bay. Dans un procès très médiatisé, le verdict final dut particulièrement lourd : un a de prison et une grosse amende pour les quatre accusés. Est-ce que cela a sonné la fin du plus gros tracker public ? Certainement pas. Non seulement il est parti en Ukraine pour avoir la paix, mais en plus il a fait des petits... au grand désespoir des lobbys d'Hollywood.

Même la plus draconienne des lois votées en Suède ce printemps, l'IPRED, n'a pas eu l'effet escompté sur la jeunesse du pays. Des chercheurs du projet de recherche sociologique Cuber Standards ont questionné un millier d'individus âgés de 15 à 25 ans pour saisir leur vision du piratage. Les résultats ont montré que l'attitude des jeunes n'a pas changé. "Malgré les efforts intensifs du gouvernement, le piratage atteint des niveaux records de popularité" commente Mà¥ns Svensson.

"Dans les cas où la loi ne prend pas en compte la nouvelle donne sociale (le piratage ndlr), il devient très difficile de la faire respecter. Les êtres humains ont tendance à suivre un comportement social plutôt qu'à la lettre de la loi. En matière de propriété intellectuelle et de dispositions du droit d'auteur, Internet et les nouvelles technologies ont créé de nouvelles conditions. En peu de temps, les normes sociales se sont orientées vers une nouvelle direction qui donne très peu de légitimité à ce type de loi" décrypte Svensson.

L'étude souligne enfin que la la loi ne reflète pas ce que le public considère comme légal, touchant à un usage raisonnable (fair use) ou même moral. La plupart des gens ne pensent pas faire quelque-chose de mal en téléchargeant un fichier MP3 ou en partageant un film, souvent parce que les alternatives légales sont dures à dénicher, bourrées de DRM ou tout simplement hors de prix.

C'est aux industries du divertissement d'évoluer et d'innover en devenant vraiment compétitifs face au piratage. Sinon cette nouvelle norme sociale restera en l'état.

Publié par Julien L., le 29 Octobre 2009 à 20h16
 
 
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Commentaires à propos de «Piratage : poursuites judiciaires et lois répressives n'y changent rien»
 

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t'inquiéte, quand il va voir que les 10 000 euros engendré grâce aux publications judiciare ne suffiront pas à payer la salle du Fouquet's, les BAT des livres et les prés commandes,il va regretter de donner gratuitement le bouquin
il va se rendre compte que toute création a besoin de moyen
Videoclub, et que la création quand on ne veut pas faire du business a tout prix, c'est pas un metier dont on peux en vivre =D
il ya eu du nettoyage sur ce post, au moins 16 posts ont été censuré, pourquoi?
[HS]
*Bonsoir, comme vous le voyez, Gunther est revenu dans nos murs.
j'ai coupé ses messages pour en faire un autre topic:
"on s'connait" lisible dans la section café

voilà, ce sujet est quand même plus lisible

merci et excusez moi pour cet intermêde !

A+ sur Numerama !
t'inquiéte, quand il va voir que les 10 000 euros engendré grâce aux publications judiciare ne suffiront pas à payer la salle du Fouquet's, les BAT des livres et les prés commandes,il va regretter de donner gratuitement le bouquin
il va se rendre compte que toute création a besoin de moyen

- avoir besoin de moyens ça veut pas forcément dire faire payer l'utilisateur final et tu peux souhaiter diffuser gratuitement ta création

- il y a d'autres sources de revenus - directs ou indirects - que la vente de l'oeuvre en elle-même.

tu as par exemple les produits dérivés, le mécénat, les subventions publiques, les associations commerciales (illustration d'un autre produit mis à la vente et reversement d'un forfait par exemple) etc etc.

c'est le modèle du paiement à l'acte qui est mort et enterré. les gens ne veulent plus payer pour 1 produit qui ne coûte rien en fabrication/duplication, stockage, transfert.
Non mais c'est trop ttard pour les "majors" là, tout ce qu'ils font c'est enrichire les cabinets d'avocat...
A quand la peine de mort pour partage de fichiers soumis au droit d'auteur...

Enfin c'est tellement plus facile de dire partage = piratage.

Sinon violer la vie privée des gens, condamner sans preuve, mettre en place une usine à gaz, pour au final dépenser des millions d'euro pour rien !

A moins que la mort virtuel de ces industries ne soit qu'un leurre ....

Les hommes politique sont des pantins que les industries tiennent par les cou....
Les uns dominent pendant que les autres sont à quatre pattes, c'est la version SM 2008...
Ho oui maitresse fait moi mal !
quand tu a un budget réduit genre smicard tu pirate,
si t'est puni ton budget sera toujours le même, tu ne pirater plus mais tu n'achètera pas non plus.
bilan dans les 2 cas c'est zéro bénéfice pour l'industrie!!!
En fait, ils essayeraient au moins de faire des concessions, de se donner une image jeune, high tech, novatrice, et dynamique, mais contrairement à ça, ils ont tout misé sur le pugilat d'internautes et de solutions de partages qui ne sont pas coupables de piratage mais victimes de leur succès.

Itunes et l'itunes store est un exemple probant du dynamisme d'une entreprise face au développement des technologies. Les prix y restent prohibitifs compte tenu du contenu - mais de toute manière dans la moyenne du marché, mais l'effort fait pour s'adapter durablement à quand même porté ses fruits.
Cette loi n'est que l'avant-goût de ce qui nous attend avec une autre mouture qui est en gestation active. La surveillance des téléchargements "illégaux" n'est que le début des surveillances en tous genres que ce soit sur le Net ou ailleurs dans notre vie quotidienne. Et tout cela, sous des divers motifs (ici, on invoque l'économique car les majors ne font plus assez de bénéfices au détriment des "vrais" artistes qui travaillent pour eux), ailleurs, on invoquera la sécurité de l'Etat et donc du citoyen (la pillule amère passe mieux car le citoyen comprend mieux que l'Etat providentiel s'occupe de son bien-être et de sa sécurité personnelle).
Le plus grave, à mes yeux, ce n'est pas que cette loi ait été votée et que probabement sera appliquée (si le decret d'application sort, mais quand et comment ? ). Le plus grave c'est que :
1) on nous enlève chaque jour un peu plus de notre espace de liberté (expression, action) [pour "nous protéger de nous-mêmes" ? ]
2) on nous oblige(ra) à mettre la main (les deux si possible :-) )à la poche pour acheter et installer, de gré ou de force, sur nos ordinateurs un logiciel-mouchard (on va donc engraisser, c'est la nouvelle coutume républicaine, un fabricant de logiciels - ami de qui ? - et nous, en agneaux muets, nous allons participer à notre propre flicage si nous voulons prouver notre innocence).

ça fait froid dans le dos (et ailleurs aussi) de savoir que quelque part, quelqu'un qui m'est totalement inconnu sait et enregistre ce que je fais chez moi, dans mon intimité, ce que je fais su mon ordinateur.

On croyait que ce genre de pratique était réservé à des pays totalitaires (ex-RDA, la Chine, etc). Mais non, c'est plus sophistiqué que ça (donc plus subtile et plus vicieux encore) : on me demande (on m'exige ? le terme serait-il trop fort ? ) de me fliquer moi-même.

Et tout ça parce que ceux qui ont imaginé cette loi (qu'ils soient en France ou ailleurs) et ceux qui l'ont voté ont pris peur devant leur incapacité à comprendre les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Leur réponse ne pouvait être que l'interdiction et la répression. Ces gens-là (comme dirait Brel) ne comprennent pas que la société de l'information et de la communication n'est plus celle de leur grand-père. Mais ils y restent accrochés car les médias traditionnels peuvent être jugulés facilement. L'internet ne peut être mis à leurs bottes qu'à travers la répression grâce à une/des loi(s) mal ficelée(s) et difficilement applicable(s) en l'état actuel des choses (logiciel-mouchard inexistant officiellement, mise en place de toute la structure technologique longue et coûteuse...).

On me rétorquera que les internautes ont les moyens de contourner cette loi. Cela est une évidence vue la logique du Net qui échappe à nos dirigeants. Télécharger "comme avant" ne devrait pas être le souci de l'internaute. Ce qui devrait nous préoccuper davantage, c'est ce grignotage successif et continu de cet espace de liberté où nous nous trouvons actuellement. Vous ne savez peut-être pas qu'une liste noire de sites existent ? eh bien, oui, il y a des sites qui ne sont plus accessibles qu'à travers des navigateurs qui échappent à la contrôle totalitaire.

Qui seront les bénéficiaires de cette loi liberticide ? Uniquement les cyber-criminels avec le développement des VPN et des logiciels de cryptage.

Il paraît que "gouverner c'est prévoir", mais dans ce cas-ci, le législateur a été aveuglé par son désir de tout contrôler et a oublié les "dégâts collatéraux" que provoqueront l'application de sa loi liberticide.
[HS]
@Menalahy: doublon corrigé ! bonne soirée
t'inquiéte, quand il va voir que les 10 000 euros engendré grâce aux publications judiciare ne suffiront pas à payer la salle du Fouquet's, les BAT des livres et les prés commandes,il va regretter de donner gratuitement le bouquin
il va se rendre compte que toute création a besoin de moyen

Vous avez raison, et pour donner des moyens à la création il faut vite pondre des lois qui permettent aux ayants-droits de prendre l'argent directement dans les poches des contribuables, non mais !
Tu m'étonnes qu'ils n'y ont rien gagné à faire des exemples médiatiques :D
Avec Plusieurs Millons de Dollars pour quelques dizaines de MP3 ou DIVX, tu te dis que, tant qu'à faire, vu que de toute façon tu pourras jamais payer, autant remplir quelques Tera-Octets :mdr:

Obé.
VIDEOCLUB, le 29/10/2009 - 20:41
t'inquiéte, quand il va voir que les 10 000 euros engendré grâce aux publications judiciare ne suffiront pas à payer la salle du Fouquet's, les BAT des livres et les prés commandes,il va regretter de donner gratuitement le bouquin
il va se rendre compte que toute création a besoin de moyen

La bêtise crasse me laisse pantois... Juste en passant, as-tu seulement pensé, ne serait-ce qu'une nano seconde dans ton nano-cerveau mono-neuronal, qu'ils n'ont pas sorti ce bouquin pour faire fortune ? Qu'ils gagnaient peut-être leur vie par un autre moyen, et que ce livre n'est qu'un manifeste de leur opinion ? Sérieusement, il y a des limites au troll... Autant, je me délecte parfois de la mauvaise fois d'Enter, qui met souvent le doigt sur des points de débat important (quand il ne cherche pas la petite bête ;), autant ce que toi tu fais là n'est que purement et simplement de la bêtise crasse sans valeur ajoutée (toi qui aime donc le business, utilisons des termes adéquats)... J'arrêterai ici de peur d'attendre trop rapidement le point Godwin.
Bonjour,
j'ai parfois l'impression de vivre dans un autre monde quand je vois les lois pondus en Sarkozye et ailleurs par les trusts et leurs sous-traitants.
On parle tout de même de milliers d'euros ou de dollars.
A moi, qui malgré un salaire qui fut décent, suis toujours à découvert et qui m'enfonce petit à petit avec mes crédits.
Ouah ! Qu'est-ce que j'ai peur qu'on m'enlève cet argent que je n'ai pas !
Notre nain national a intérêt à construire des geôles (de marque Bouygues évidemment) pour les affreux pirates qui pourront payer ainsi leurs dettes envers la société sarkozyste.
>>>"Enfin c'est tellement plus facile de dire partage = piratage."

Et si avant toute chose, on demandait aux artistes s'ils souhaitent partager ou pas.

Parce que majors et pirates, vous êtes tous en train de "partager" sur le dos des artistes. Ca serait quand même à eux de prendre la décision non ?
enter, le 30/10/2009 - 10:25
>>>"Enfin c'est tellement plus facile de dire partage = piratage."

Et si avant toute chose, on demandait aux artistes s'ils souhaitent partager ou pas.

Parce que majors et pirates, vous êtes tous en train de "partager" sur le dos des artistes. Ca serait quand même à eux de prendre la décision non ?

Les artistes de la SACEM...... :D
enter, le 30/10/2009 - 10:25
Ca serait quand même à eux (les artistes) de prendre la décision, non ?
Le jour où ils ont cédé une (grande ?) partie de leurs droits en signant avec la SACEM et/ou une Major, le droit de décider faisait partie du "package" :D

Obé.
bien sur que les artistes sont pour le partage : il suffit de voir combien de fois il partage leur "meilleur du best of de la compil" !

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