Surprise ! Le marché de la musique enregistrée numérique ne décolle toujours pas en France, malgré le matraquage médiatique qui a accompagné le projet de loi Hadopi. Mais bien sûr, c'est encore et toujours la faute aux pirates, surtout pas celle de l'incroyable pauvreté de l'offre légale française...

Selon le Syndicat National de l’Industrie Phonographique (SNEP), le marché de la musique enregistrée en France a encore subi une chute de 17,8 % au premier semestre 2009, par rapport à la même période l’an dernier, pour une valeur de 229,2 millions d’euros. Les ventes de disques (CD et DVD) chutent de 21 %, mais le principal motif d’inquiétude est la très lente croissance du marché numérique, qui a raté une marche.

Seulement 3 % de progression sur la période (contre 45 % l’an dernier), pour une part de marché de 17 % de l’ensemble des supports. Un chiffre très inférieur à ce qui se constate aux Etats-Unis, où l’offre est beaucoup plus développée qu’en France.

Outre-Atlantique, le marché des ventes physiques est en passe d’être dépassé par les ventes numériques. Le croisement des courbes devrait même s’opérer dès l’année prochaine, sous l’effet conjoint de la chute des ventes de CD et de la croissance rapide des téléchargements et des offres de streaming marchands.

« Notre offre légale fait toujours face à la concurrence déloyale des échanges illégaux de fichiers musicaux en ligne« , se lamente Christophe Lameignère, le président du SNEP. « C’est l’effondrement des téléchargements mobiles sur la période (-51 %, à 9,8 millions d’euros) qui a plombé le marché du numérique. Mais si ce marché ne décolle pas, c’est aussi en partie à cause des atermoiements sur Hadopi, qui ont donné un regain de vivacité aux pirates« .

De quoi inciter à devenir vulgaire tant il devient ahurissant de connerie (pardon, mais il fallait que ça sorte) de continuer à tout reporter sur le piratage lorsque les maisons de disques sont incapables de la moindre entorse à leurs pratiques commerciales ancestrales pour permettre aux plateformes de sortir des offres plus attractives et moins chères, avec un catalogue complet. Certes, il y a de beaux efforts, mais encore beaucoup à faire…

Comment se plaindre encore de la concurrence déloyale du P2P lorsque le catalogue des Beatles n’est toujours pas disponible dans l’offre légale ? Et lorsque tout l’effort de déploiement de l’offre légale a été conditionné à la mise en œuvre d’une riposte graduée dont on a dit depuis le départ qu’elle serait inconstitutionnelle ?

Patrick Zelnick a beaucoup de travail devant lui. Et le piratage encore un grand avenir.

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