Dans un climat économique hostile aux levées de fonds risquées, Deezer a réussi à convaincre deux institutions financières d'ajouter 6,5 millions d'euros de participation à son développement.

Deezer n’a toujours pas convaincu le milieu artistique de la viabilité de son modèle économique. En dehors des majors de l’industrie du disque qui sont parvenus à négocier des paiements d’avance sur recette considérables, nombre d’acteurs de l’industrie musicale ne cachent plus aujourd’hui leur détestation d’un modèle de diffusion gratuite qui ne rémunère pas les créateurs, ou trop peu. « Le problème est que les maisons de disques signent avec Deezer, qui ne rémunère presque pas les artistes« , a par exemple fustigé récemment Michael Goldman, patron du label communautaire MyMajorCompany. La Sacem elle-même critique régulièrement la pauvreté des droits générés par le site d’écoute de musique en streaming, pour le moment essentiellement financé par la publicité.

Mais dans un flot de critiques, le site reste solidement accroché à ses convictions. Il annonce aujourd’hui une nouvelle levée de fonds de 6,5 millions d’euros, qui porte à 12,5 millions d’euros le montant total des fonds levés par la société depuis sa création en août 2007.

Le nouveau tour de table a été complété auprès des fonds d’investissement AGF Private Equity et CM-CIC Capital Privé (filiale du Crédit Mutuel), ce qui montre la confiance du milieu financier français dans le business plan que leur présente Deezer.

« Deezer est une entreprise formidable et un des rares acteurs capables de déployer son modèle de manière globale, pour le bénéfice des utilisateurs et celui des maisons de disques« , se félicite dans un communiqué Guillaume Latour, du fonds AGF, qui oublie au passage (lapsus révélateur ?) le bénéfice des artistes. « La société s’inscrit dans une logique à moyen terme et ce tour de table n’est qu’une étape« , ajoute-t-il.

Prochaine étape : une version payante à la Spotify ?

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