Deezer en manque de rentabilité chercherait un repreneur
Guillaume Champeau -
publié le Samedi 23 Janvier 2010 à 01h10 -
posté dans Musique Numérique
![]() Avec un chiffre d'affaires évalué à moins de 10 millions d'euros par an et une offre Premium dont les résultats sont très en deça des espoirs des actionnaires, Deezer est-il dans une situation critique ? Selon ElectronLibre, le site chercherait de nouveaux actionnaires pour se maintenir à flot. Mais avec quel espoir de rentabilité ?
Il fallait bien que la nouvelle tombe un jour. Après avoir séduit des investisseurs à grands coups de présentations Powerpoint toutes plus ensorcellantes les unes que les autres, Deezer voit enfin arriver droit devant lui le mur qu'il refusait de regarder jusqu'alors. Selon ElectronLibre, les actionnaires de Deezer (CIC, AGF, le patron de Free Xavier Niel, et les fondateurs de Pixmania) seraient en effet en passe de mandater des banques d'affaires pour se débarasser du coûteux site de musique en ligne. Nos confrères, qui avaient annoncé il y a deux jours un départ du fondateur Johnatan Benassaya aussitôt démenti par Deezer, persistent et signe. "La décision de son remplacement est actée (...) Le remplaçant aussi est en approche. Sans aucune attache avec le monde des médias, de la musique ou de l'internet, son profil de manager devrait faire merveille pour mettre Deezer en configuration de vente", écrit Emmanuel Torregano. Les vendeurs, qui espéraient d'abord tirer 80 millions d'euros de la vente, auraient largement revues à la baisse leurs prétentions à la vue des résultats décevants de l'offre Premium. Le site compterait actuellement 10.000 abonnés à l'offre Premium à 9,99 euros par mois, et 4.000 abonnés à l'offre de streaming haute-qualité à 4,99 euros par mois. Soit un chiffre d'affaires mensuel de moins de 120.000 euros pour l'offre payante. Les actionnaires "en espéraient dix fois plus", écrit Torregano, qui précise qu'en revanche la régie publicitaire s'en sort très bien avec 700.000 euros mensuels de recettes pour 6 millions de visiteurs uniques. Au total, c'est donc environ 820.000 euros par mois, soit un peu moins de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel que rapporterait le site sur les bases actuelles. C'est beaucoup trop peu pour satisfaire l'appétit dévorant des grandes maisons de disques, qui selon les bruits de couloirs s'étaient fait remettre pour certaines des chèques de plusieurs millions d'euros simplement pour signer l'autorisation de diffusion de leur catalogue en faveur de Deezer (d'où leur féroce opposition à la licence de gestion collective de Zelnik, d'autant que Deezer aurait obtenu en échange un certain protectorat des majors pour le marché français). Une somme à laquelle doit s'ajouter le paiement des droits d'auteur, des droits des éditeurs, des droits des producteurs, et des droits des artistes interprètes. A chaque écoute, la note augmente. Les difficultés de Deezer ne devraient cependant pas être une surprise. Déjà lorsque Universal Music avait signé en 2006 un accord avec SpiralFrog, le pionnier américain de la musique gratuite financée par la publicité, nous avions mis en doute le modèle économique. "Le format publicitaire est-il aussi naturel pour la musique ? Il n'est certain ni que la publicité trouve sa rentabilité dans des chansons écoutées en fond sonore, ni surtout que le public les accepte plutôt que de leur préférer le P2P et des fichiers sans DRM", écrivions-nous. De même en 2008, lorsque la Sacem s'est elle-même inquiétée des faibles rentrées d'argent : "Soit les publicités sont uniquement affichées à l'écran, et elles ne sont pas regardées par ceux qui sont là pour écouter. Soit les publicités sont insérées en audio dans les morceaux, et dans ce cas les internautes partiront ailleurs écouter leur musique." Peut-être les annonceurs commencent-ils eux-aussi à le comprendre, eux qui payent extrêmement chers leurs publicités. Selon la grille tarifaire (.pdf) affichée par Deezer, un simple pavé publicitaire de 300 x 250px sur la page d'accueil du site coûte 60 euros pour 1000 affichages. A titre de comparaison, Le Monde du haut de sa très grande réputation facture 35 euros la même publicité sur sa page d'accueil. Ce qui est, déjà, extrêmement élevé par rapport aux moyennes pratiquées par les régies publicitaires du commun des sites Internet. Si les annonceurs ne se précipitent plus, cela peut expliquer qu'ElectronLibre indique que "les perspectives ne sont pas au beau fixe" pour les recettes publicitares de Deezer. "En cas d'échec de SpiralFrog à trouver l'équilibre financier et à satisfaire les demandes d'Universal, c'est toute l'industrie du disque qui pourrait être contrainte de songer à nouveau à la licence globale", avions-nous écris en 2006. C'est aussi vrai aujourd'hui pour Deezer, présenté pendant les débats sur la loi Hadopi comme le champion français de la musique légale. C'est sans doute avec la même analyse que MyMajorCompany a lui-même fustigé Deezer il y a quelques mois, et demandé "des solutions techniques et économiques dans le sens d'une licence globale plutôt que dans la répression du téléchargement". On y arrivera, nécessairement. Il faudra juste le temps de peupler le cimetière des éléphants. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Deezer en manque de rentabilité chercherait un repreneur»
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scorpio99
le 23/01/2010 à 01:40
c'est pas la forme les plateformes d'offres légales en ligne en ce moment -_- ... mais merci pour la news !
J'étais un grand utilisateur de deezer. J'y voyais enfin une alternative crédible au piratage. Et puis, sont arrivé les restriction dans le catalogue. L'obligation de s'inscrire. Encore d'autres restriction dans le catalogue . . .
Finalement, je n'utilises plus deezer. Participez à l'achèvement des souffrances de Deezer: écoutez vos bouses favorites avec Adblock Plus activé et en supprimant le cookie de session (pour ne pas devoir créer de compte utilisateur).
Kad > j'attends la publication du bilan 2009 avant de confirmer, mais fais gaffe à pas perdre le fil avec les finances ! Fallait s'y attendre, les majors a force de vouloir du fric, du fric et encore du fric de la part des service légaux, ces derniers n'ont pas assez d'argent pour (sur)vivre, bref l'industrie musicale se tire (une nouvelle fois) une balle dans le pied.
Il faudra attendre la contribution collective pour que ce genre d'initiative ne puisse pas être vampirisées par les demandes des ayants-droits, qui provoquent eux même l'échec de la musique en dématérialisée !
Pour moi c'est avant tout un échec technique, Deezer n'avait aucune chance avec un site totalement en flash, face à Spotify et son application d'un trés haut standard. Quand il s'agit de payer, c'est pas un site en flash qui donne une impression d'en avoir pour son argent.
En attendant, spotify (j'y accède pas de la ou je suis (et je suis au danemark en ce moment).
Il n'y a vraiment pas une offre légale à la hauteur de quoique ce soit . . . qui se souvient que Deezer était la plateforme idéale du ministre de la culture il y a encore un an ?
Panda-Kun, le 23/01/2010 - 02:28 820 000 euros par mois, et ils sont pas content J'avoue, moi qui suit en train d'essayer de créer mon entreprise, je trouve ça hallucinant un chiffre d'affaire pareil pour un site internet. Normal, à partir du moment où les majors ont commencé à pomper leurs droits prohibitifs, censurer la plupart du catalogue selon les localisations, détruire pas mal de zics (et mes zics japonaises de FF7 amateur remasterisées ?!), Deezer était condamné.
De toute façon, tout ce que ces mecs touche est détruit par leur gourmandise... "les actionnaires de Deezer (CIC, AGF, le patron de Free Xavier Niel, et les fondateurs de Pixmania)"
Pour eux, c'est de la petite monnaie. Nous n'avons pas les mêmes valeurs. Il y a 7 pêchés capitaux...
On en a tous un bien à nous. - Envie (jalousie) - Avarice - Orgueil (le mien) - Luxure (très répandu celui-là) - Paresse (très courant aussi celui-ci) - Colère (raisonner avec ses tripes) Tous ces pêchés sont capitaux parce que ce sont les seuls à pouvoir affecter l'âme... (on verra un autre jour pour préciser les définitions) Celui de nos chers politico-financiers (lobbyistes et corrompus) est la gourmandise. La gourmandise, c'est pas le fait de manger trop, c'est ici le fait de ne jamais vouloir s'arrêter, d'en vouloir toujours plus. Ces parasites sont habitués aux rentabilités de l'époque où ils avaient un monopole abusif sur la distribution, et à l'époque où personne ne pouvait protester contre le matraking publicitaire qu'ils nous assènent à la TV, car les gens ne s'en rendaient pas compte. A cette époque, ils gagnaient bien plus que maintenant. Normal qu'ils en veuillent toujours plus. JAMAIS ils n'arriveront à créer une offre légale qu'ils jugeront acceptable. Ce n'est pas un problème de piratage ou d'audience, c'est un problème qui vient d'eux. Ces parasites doivent disparaître pour que les artistes puissent repartir d'un nouveau pied, plus dur certes, mais pas pire qu'à l'époque, et plus gratifiant surtout que les vieilles daubes industrielles actuelles préfabriquées. Et pour cela, à part le piratage, je ne vois pas de solution. Faut taper où ça fait mal : dans le portefeuille. Synthèse : le piratage, c'est bon pour les artistes. Du moins à long terme. Dans la mesure où Deezer est un ennemi du piratage, sa destruction est une bonne chose. Elle ne fait que corroborer ma thèse, puisque j'avais prévue cette destruction à la minute où j'ai su que Nègre signait un contrat avec eux. Bref, tout se passe exactement comme prévu. Encore quelques années et tout sera exactement comme je le souhaite, gnark gnark gnark. Et vous, quel est votre pêché ? deadalnix, le 23/01/2010 - 01:41 J'étais un grand utilisateur de deezer. J'y voyais enfin une alternative crédible au piratage. Et puis, sont arrivé les restriction dans le catalogue. L'obligation de s'inscrire. Encore d'autres restriction dans le catalogue . . . Finalement, je n'utilises plus deezer. Exactement pareil !!! Avant Deezer c'était bien, très bien même... Plus besoin de télécharger à droite à gauche, j'avais ma ptite playlist et un jour, je pense que des majors ont mit le nez dedans, plus rien, les 3/4 que dis-je 90% avaient été retiré... Misère de misère, je N'UTILISE PLUS DEEZER et je me suis remis au téléchargement à droite à gauche. Ca m'rappel un PDG d'une boite d'antipiraterie (un mec qui avait l'air de s'y connaitre pas mal sur le sujet) qui avait dit il y a pas si longtemps de ça sur TF1 qu'il était quand même malheureux de voir qu'aujourd'hui il n'y avait que les sites illégaux qui proposaient des super catalogues complet de films et musiques pour genre 5euros par mois... Et c'est carrément vrai dans l'fond, on trouve en téléchargement pseudo illégal des catalogues complets que jamais la Fnac, Amazon ou autre n'aurait pu proposer... Ils ont bcp de travail et d'éducation à recevoir ces majors... Panda-Kun, le 23/01/2010 - 02:28 820 000 euros par mois, et ils sont pas content Goldy, le 23/01/2010 - 03:02 Panda-Kun, le 23/01/2010 - 02:28 820 000 euros par mois, et ils sont pas content J'avoue, moi qui suit en train d'essayer de créer mon entreprise, je trouve ça hallucinant un chiffre d'affaire pareil pour un site internet. Et biieeeen, créés ta boite dans le secteur de la musique ou du film et tu verras combien ça rapporte... Injustement mais ça rapporte !! Il ets bien là aussi le probleme, depuis des années on à gavé de tune ces majors... rien qu'en sachant combien ils touchent la plupart on peut comprendre le pourquoi ils se battent tant pour de la merde, offre légale offre légale, pfff Quand on voit que les mecs gagnent plusieurs centaines de milliers d'euros par ans faut bien croire qu'ils n'ont pas vraiment envie de favoriser l'offre légale... On leur a donné l'argent, indirectement le pouvoir et au final, ils nous chient dessus littéralement... Pauvres fous !! Bien mal acquis ne profite jamais !! MOUHAHAHAHAHAH J'étais un grand utilisateur de deezer. J'y voyais enfin une alternative crédible au piratage. Et puis, sont arrivé les restriction dans le catalogue. L'obligation de s'inscrire. Encore d'autres restriction dans le catalogue . . .
Exactement pareil pour moi. Finalement, je n'utilises plus deezer. 820 000 euros par mois, et ils sont pas content
Attention, ne confond pas CA et marge. Tu peux faire 10 millard de chiffre d'affaire et malgrès tout faire une perte de 15 millard Décidément après Jamendo, Spidart, bientôt Mymajorcompagny etc etc etc il ne va plus rester que ......l'AIMSA
L'AIMSA qui a un solde créditeur de 338.66 Euros http://www.aimsalibr...20l%27AIMSA.pdf A l'AIMSA on fait avec l'argent qu'on a ...... Je précise que reprendre DEEZER ne nous intéresse pas car on est pas fans du mot "rentabilité", on préfère de loin le mot "Culture" 820 000 euros par mois, et ils sont pas content
Attention, ne confond pas CA et marge. Tu peux faire 10 millard de chiffre d'affaire et malgrès tout faire une perte de 15 millard Exact, le chiffre d'affaire est la somme des ventes, autrement dit pour deezer les sommes que génèrent les abonnements premium et les revenus publicitaires. Mais ça ne prend pas en compte les dépenses : salaires, impôts, licences dont Kad nous dit qu'elles s'élèveraient jusqu'à plusieurs millions, et rémunérations à chaque écoute. Effectivement au bout du compte, le bénéfice de Deezer ne s'annonce pas très élevé. Ce qui me surprend perso, c'est le fait que les abonnements rapportent quasiment rien par rapport aux revenus publicitaires.
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