Très proche de Motorola, qui a adopté Android comme unique système d'exploitation pour tous ses produits mobiles, Google a décidé de racheter son partenaire commercial... et ses milliers de brevets. Une opération qui lui permettra de gagner quelques points dans sa bataille contre Apple et Microsoft.

L’annonce était pour le moins inattendue, et signe une évolution notable dans l’histoire de Google. Déjà leader sur le marché des services en ligne, avancé dans le développement de son propre réseau de télécommunications sans fil (en Wifi gratuit) et de plus en plus présent sur le marché des solutions CDN, Google va devenir son propre fabricant d’appareils mobiles. La firme de Mountain View a en effet annoncé son intention d’acheter Motorola Mobility, la branche mobile du groupe, pour 12, 5 milliards de dollars, ce qui constituerait pour Google un record.

L’éditeur du célèbre moteur de recherche va ainsi pouvoir produire et commercialiser ses propres téléphones et tablettes sous Android, alors qu’ils étaient jusqu’à présent conçus par des partenaires commerciaux. La firme a cependant assuré qu’elle continuerait à ouvrir son système à tous les constructeurs et que Motorola ne sera pas intégré à Google, mais dirigé séparément.

Sur son blog officiel, le PDG de Google Larry Page rappelle l’histoire de Motorola, qui avait été le premier à commercialiser un appareil cellulaire il y a près de 30 ans. « J’ai adoré mes téléphones Motorola, de l’ère des StarTAC jusqu’aux DROIDs actuels« , raconte Page, qui souligne que la société avait été parmi la trentaine de fondateurs de l’Open Hanset Alliance, un groupement d’industriels réunis autour du développement d’Android en 2007. L’année suivante, Motorola avait décidé d’adopter Android comme seul système d’exploitation de sa gamme de téléphones, pour rattraper son retard sur les Nokia, Apple et autres RIM qui l’avaient dépassé.

Google rachète Motorola… et ses brevets

« L’engagement total de Motorola derrière Android sur les appareils mobiles est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles il existe un lien naturel entre nos deux sociétés« , écrit-il. « Ensemble, nous allons créer des expériences utilisateur formidables qui vont booster l’écosystème Android dans son ensemble pour le plus grand bénéfice des consommateurs, des partenaires et des développeurs« .

Alors que Motorola n’a plus son lustre d’antan et souffre d’une image de marque largement démodée par Apple et son iPhone Larry Page assure que son choix est pertinent. « Nous croyons que leur business mobile est sur une trajectoire montante et qu’il s’apprête à une croissance explosive« , assure-il.

Difficile, en tout cas, de ne pas voir dans cette annonce une nouvelle étape dans la guerre des brevets qui oppose Google à Apple. Cette dernière a attaqué Motorola pour violation de brevets sur sa tablette Xoom, équipée d’Android, après que Motorola a lui-même poursuivi Apple l’an dernier. « Notre acquisition de Motorola va accroître la concurrence en renforçant le portefeuille de brevets de Google, qui nous permettra de mieux protéger Android des menaces anti-concurrentielles de Microsoft, Apple et d’autres« , écrit Page, dans une parfaite illustration de la guerre nucléaire permise par le système des brevets. Une guerre dont il serait intéressant d’évaluer les coûts pour les consommateurs, qui en supportent une partie sur le prix de vente des appareils aux technologies brevetées.

Motorola Mobility possède 17 000 brevets délivrés, et attend encore l’obtention de 7 500 autres de propriété intellectuelle. Autant de monopoles qui lui permettront de menacer la concurrence ou de contre-attaquer en cas de poursuites qui viseraient Android.

L’opération, déjà soutenue par les deux conseils d’administration de Google et Motorola, devrait être finalisée en fin d’année, ou début 2012.

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