Michel Sapin a effectué une visite d'une usine de Tesla située en Californie. Une façon pour le ministre de l'économie et des finances de rappeler au constructeur américain l'intérêt de la France pour les voitures électriques... et les usines de l'industriel.

Difficile d’y voir autre chose qu’une discrète opération de séduction. En déplacement aux États-Unis la semaine dernière pour rendre visite aux entrepreneurs français présents lors de l’édition 2017 du CES, Michel Sapin en a profité pour faire un crochet à Fremont, en Californie, pour visiter l’usine de Tesla et tester l’un des modèles de voiture électrique que commercialise le constructeur automobile.

Le ministre en charge de l’économie et des finances, qui était accompagné lors de son séjour outre-Atlantique de la secrétaire d’État au numérique et à l’innovation, a alors profité de sa visite des installations de la société fondée par Elon Musk pour défendre la montée en puissance des voitures électriques dans le parc automobile, estimant que la balance coûts / bénéfices est à l’avantage de ces véhicules.

Le passage de Michel Sapin sur le site de Fremont n’est évidemment pas sans arrière pensée. Le gouvernement ne peut pas ne pas savoir que Tesla projette de construire au moins une gigafactory en Europe. Il s’agit d’une immense usine capable de fabriquer à la chaîne des voitures électriques partiellement autonomes et des batteries lithium-ion pour les alimenter. Évidemment, Bercy aimerait bien que Tesla choisisse l’Hexagone pour faire ses investissements.

Dans le même genre, on se souvient début 2016 de l’intervention faite par Ségolène Royal, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, qui se disait favorable à une reconversion de la centrale nucléaire de Fessenheim en usine Tesla. « Le principal problème, c’est la mutation du site […]. Mon idée c’est de faire venir une usine Tesla », avait-elle déclaré à l’époque.

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La France n’est évidemment pas la seule destination possible que Tesla envisage. Mais le marché hexagonal est sans doute l’un des plus attractifs. En octobre, Ségolène Royal a souhaité le déploiement d’un million de bornes électriques d’ici 2020. En parallèle, des mesures commencent à être envisagées pour chasser les véhicules les plus polluants. À Paris par exemple, il est question d’interdire le diesel en 2025.

Le problème de la pollution, notamment à Paris, a bénéficié d’une visibilité médiatique importante début décembre, lorsqu’un smog s’est installé au-dessus de la capitale, à cause des activités humaines polluantes, qu’il s’agisse de la construction, de la combustion du bois ou du carburant, du dioxyde d’azote qui est rejeté par les moteurs des voitures mais également du dioxyde de soufre.

Les voitures électriques ne prétendent évidemment pas pouvoir faire disparaître la totalité des particules fines qui se répandent dans l’atmosphère. Mais à mesure qu’elles seront de plus en plus nombreuses, elles permettront de réduire de plus en plus significativement l’empreinte environnementale laissée par l’industrie automobile. C’est indispensable, à la fois pour des questions climatiques et de santé publique.

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