À défaut d'avoir un vrai réseau de transport à montrer, Virgin Hyperloop publie une vidéo célébrant le concept, en images de synthèse. Mais les obstacles à franchir pour achever cette vision sont gigantesques. Et l'intérêt encore discuté.

Ce n’est pas demain la veille que l’on verra en action un réseau de transport de type hyperloop. Les travaux d’infrastructure promettent d’être considérables pour établir des lignes à très grande vitesse entre des agglomérations éloignées de centaines ou de milliers de kilomètres. Les besoins de financement aussi. Sans parler de la recherche et développement, qui est loin d’être achevée.

Si la faisabilité d’un tel chantier interroge, tout comme l’est sa pertinence en tant que moyen de locomotion efficace, des entreprises continuent d’avancer sur l’hyperloop. Mais parce qu’il est plus facile d’assembler des polygones en images de synthèse que d’avoir une première vraie liaison de « trains » circulant par sustentation magnétique, c’est aujourd’hui une vidéo marketing qui a été présentée.

Tout se passe toujours bien en images de synthèse

Sur Twitter, Josh Giegel, qui est le directeur de la technologie de Virgin Hyperloop, a publié le 23 août une vidéo qui présente la vision rêvée de l’entreprise en la matière, tout en rappelant les grandes lignes du concept : faire circuler des modules dans des tubes sous vide afin de réduire la consommation d’énergie et la résistance de l’air, et ainsi atteindre facilement des vitesses très élevées (1 000 km/h).

La vidéo présente également les évolutions prévues par Virgin Hyperloop. Ainsi, le système de sustentation magnétique, la propulsion et l’alimentation se trouvent désormais au-dessus de la rame. L’entreprise se félicite aussi d’avoir inventé un mécanisme de lévitation qui est « dix fois plus efficace » que celui sur lequel reposent les meilleurs trains à sustentation magnétique actuels.

Autre particularité soulignée dans la vidéo promotionnelle, la faculté pour les différents pods de s’organiser en convoi et de suivre chacun leur propre direction, au cas où les passagers d’un de ces wagons vont à un autre endroit que les autres (ce qui requiert de construire des tubes supplémentaires) — une caractéristique impossible avec les trains actuels, puisque les rames sont attachées entre elles.

Virgin Hyperloop
Un module expérimental de Virgin Hyperloop. // Source : Virgin Hyperloop

Si la vidéo est spectaculaire et montre un réseau idéal (et déjà construit), l’intérêt des liaisons par hyperloop soulève encore bien des questions, notamment au regard de l’apparente faible capacité des pods, qui ne semblent pas pouvoir accueillir un grand nombre de personnes, en comparaison d’une voiture TGV qui a deux étages et qui peut déjà relier des villes en peu de temps.

Pour des trajets plus lointains, la compétitivité de l’hyperloop face au transport aérien est également à démontrer : un avion peut transporter quelques centaines de personnes en un temps bref (deux heures entre Paris et Berlin par exemple) et ne nécessite pas de fabriquer des centaines de kilomètres de tube à travers les territoires : il suffit simplement d’avoir une infrastructure au départ et une autre à l’arrivée, les aéroports.

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