Tesla pourrait prochainement implémenter la recharge bidirectionnelle dans ses voitures électriques. Elles pourraient devenir des sources d'énergie.

Sur le marché des smartphones, la recharge inversée est devenue une fonctionnalité courante. Elle sert à recharger un autre appareil — des écouteurs par exemple — en puisant dans la batterie de son téléphone. Ce principe peut naturellement être appliqué à tout ce qui a une batterie, comme une voiture. Et selon les informations publiées par Electrek le 19 mai, Tesla pourrait bien proposer cette technologie dans ses produits.

Pour les véhicules, on parle de recharge bidirectionnelle avec une conversion du courant dans un sens comme dans l’autre en fonction du besoin en énergie (courant direct pour la voiture, courant alternatif pour le réseau électrique). En procédant à un désassemblage pour un concurrent, un ingénieur a découvert que la Tesla Model 3 est prête pour la recharge bidirectionnelle.

Une publicité pour Tesla Model 3 // Source : Tesla

Les Tesla bientôt transformées en piles ?

Selon Marco Gaxiola, le chargeur installé dans la Model 3 serait capable de renvoyer du courant vers le port sur lequel il est branché. Il précise que la technologie embarquée, qui n’aurait pas besoin d’un convertisseur externe, serait susceptible de fonctionner dans le monde entier. Il n’y aurait besoin que d’une simple mise à jour pour l’activer — comme souvent chez Tesla.

La recharge bidirectionnelle est loin d’être une fonctionnalité lambda : elle permet aux voitures électriques de mettre à disposition l’énergie embarquée dans leur batterie pour alimenter le réseau électrique grand public. Par exemple, on pourrait laisser sa Tesla sur le parking d’une gare, qui s’appuierait alors sur la batterie de la voiture inutilisée pour fonctionner (quand la voiture est garée, l’énergie stockée ne sert à rien). Cela peut aider à mieux réguler l’utilisation de l’énergie d’une ville, avec des pics gérés de manière plus efficiente (la voiture se recharge quand ils sont bas puis sert d’alimentation quand la demande est forte). Ce principe s’appelle V2G — ou Vehicle to Grid.

L’intérêt pourrait être économique : en fournissant de l’énergie à des bâtiments publics, le propriétaire d’une voiture électrique pourrait gagner un peu d’argent (le constructeur également). Sur ce point, Tesla a souvent expliqué que ses véhicules deviendront, à terme, des sources de revenus. La recharge bidirectionnelle s’inscrit dans cette voie, en plus de la mise à disposition dans le cadre d’un service d’autopartage avec conduite autonome.

Dans un domaine 100 % privé, il existe le V2H — ou Vehicle to Home. C’est la même chose que le V2G, à ceci près que la voiture alimente cette fois une maison. En cas de panne de courant, elle peut devenir une source d’urgence. Mieux, cette fonctionnalité peut aider à faire des économies : la batterie fait le plein pendant les heures creuses (quand l’électricité est moins chères) et la maison puise dedans pendant les heures pleines. Certains pourraient même devenir autosuffisants : on recharge la voiture avec des énergies renouvelables la journée (des panneaux solaires par exemple) et on utilise l’énergie stockée la nuit pour alimenter sa maison.

On notera que Nissan évoque la recharge bidirectionnelle depuis déjà plusieurs années (exemple : cette vidéo date de mai 2016). Pendant longtemps, Tesla a été réfractaire à l’idée, en raison d’incertitudes liées à la dégradation de la batterie. Mais dans un tweet publié le 5 juillet 2018, Elon Musk a indiqué qu’il pourrait y avoir un intérêt à se (re)pencher sur la question.

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