Le Cybertruck de Tesla n'affiche pas les courbes communes à toutes les voitures. Mais est-il pour autant moins aérodynamique ?

C’est une question que tout le monde s’est posée en découvrant pour la première fois le Cybertruck de Tesla, premier pickup électrique de la marque au design vraiment original : est-il aérodynamique ? Avec ses angles très secs, l’engin oublie les courbes qui permettent théoriquement d’obtenir un bon coefficient de traînée, mesure ayant un impact sur l’efficacité énergétique d’un véhicule. Justin Martin, ingénieur pour l’aérospatial, s’est aussi posé la question et avec ses connaissances et des outils permettant de simuler l’aérodynamique, il a fait quelques essais, partagés par le média spécialisé Electrek.

Il faut d’emblée mettre en garde : l’ingénieur n’a pas eu les plans exacts du Cybertruck et n’est donc pas arrivé à un résultat fiable à 100 %. Pour faire sa simulation, Justin Martin a passé des heures à compiler toutes les photos trouvées sur le web pour arriver à la forme de l’engin la plus proche qu’il pouvait obtenir de la réalité. Le Cybertruck modélisé dans son outil n’est donc pas le Cybertruck réel, mais permet de donner une bonne idée générale de l’aérodynamique du véhicule. Scrupuleux, l’ingénieur n’a pas partagé de coefficient de traînée pour éviter qu’une information approximative se propage sur le web.

Les flux d’air autour du Cybertruck // Source : Justin Martin pour Electrek

Pas mal pour un véhicule triangulaire

Que disent ses premiers résultats ? Dans l’ensemble, contre toute attente, le Cybertruck est plutôt aérodynamique. Comme on peut le voir, le flux d’air circule bien autour du pickup et on ne trouve pas la forte turbulence caractéristique des pickups au niveau de la benne, vu que Tesla a conçu son coffre comme une pente inclinée et non une chute à 90 degrés. Les zones rouges sont celles qui sont les plus sensibles aux forces et on voit par exemple que l’avant, très droit, est l’endroit où le flux vient le plus s’écraser provocant une pression, avant d’être redistribué de part et d’autre du véhicule. On note aussi un point rouge tout en haut du triangle qui forme la carrosserie : le flux d’air se détache alors du véhicule (lignes jaunes).

Le Cybertruck avec son point de pression important à l’avant // Source : Justin Martin pour Electrek

Dans l’ensemble en revanche, malgré ces quelques détails, l’aérodynamique du Cybertruck ne semble pas être un problème majeur. Avec une autonomie annoncée jusqu’à 800 km théoriques, cela aurait été surprenant que le véhicule n’ait pas été conçu avec des notions permettant d’économiser la précieuse énergie de sa batterie. Jusqu’à la sortie du pickup en 2021 / 2022, qui a déjà enregistré près de 250 000 commandes, Tesla a du temps pour améliorer sa copie.

Crédit photo de la une : Tesla

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