La famille d'un conducteur qui a perdu la vie à bord d'une voiture Tesla en Autopilote porte plainte contre le constructeur automobile. Des incertitudes existent sur le fait que le volant était bien tenu en main par le conducteur au moment de l'accident.

Nouveau procès en vue pour Tesla. Déjà poursuivi depuis ce printemps par la famille d’un conducteur qui a été tué dans un accident de la route alors qu’il était au volant de la Model X, le constructeur automobile fait maintenant face à une autre plainte. Là aussi, une famille a décidé d’aller devant les tribunaux, estimant que les causes du crash fatal sont de la responsabilité de l’entreprise.

Comme dans la première plainte, c’est l’Autopilote qui est en cause. Il s’agit du système d’assistance à la conduite qui prend le contrôle de certaines fonctions, dans certaines circonstances. Par exemple, l’Autopilote peut être activé sur l’autoroute. Le logiciel gère alors la distance aux autres véhicules, ajuste la vitesse et maintient la voiture sur la voie, tout en étant en alerte pour détecter des dangers et les éviter le cas échéant.

Mais l’utilisation de l’Autopilote s’accompagne d’une contrainte : pas question pour le conducteur de se la couler douce dans l’habitacle. Il doit être bien assis, alerte et avoir les mains sur le volant, au cas où il lui faudait immédiatement reprendre la main. S’il ne tient pas le volant, la voiture émet une alerte sonore et affiche un voyant lumineux jusqu’à ce que le conducteur se conforme à ce qui est demandé. S’il s’entête, elle peut le punir en désactivant l’Autopilote pour le trajet.

Une Tesla Model 3. // Source : Numerama

Incertitudes sur la tenue du volant

C’est justement autour de cet aspect que l’action en justice opère. Selon un rapport préliminaire du Conseil national de la sécurité des transports (NTSB), remis en mai, il est dit que les mains du conducteur n’ont pas été détectées sur le volant dans les secondes qui ont précédé le crash — le propriétaire du véhicule avait activé l’Autopilote environ 10 secondes avant la collision.

Tesla avance une autre version : selon les données collectées par la voiture, le conducteur a immédiatement retiré ses mains du volant une fois l’Autopilote activé, ce qu’il est interdit de faire en principe. Dans ce cas, la faute de l’accident reviendrait sur les épaules de la victime.

D’après l’avocat de la famille de la victime, Tesla possède une vidéo de l’accident où l’on voit l’habitacle de la voiture et, en principe, si la victime avait ou non respecté les consignes d’usage. Il n’est pas précisé si cet élément a été communiqué aux plaignants. Si le volant était bien tenu en main, ce sera peut-être le système de détection de la prise en main du volant qu’il faudra ausculter, car il aura été défaillant.

Le fait que le NTSB suggère une absence de détection des mains laisse la porte ouverte aux deux hypothèses. Le rapport préliminaire n’a pas non plus constaté de tentative de manoeuvre d’évasion de la part du conducteur ou de l’Autopilote. Il faudra toutefois attendre le rapport complet pour connaître les conclusions définitives de l’enquête et déterminer les responsabilités.

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