Sur son compte X dédié au marché européen, Tesla a publié ce 1er septembre 2026 un bilan chiffré du FSD (Full Self-Driving) « Supervised ». Selon la firme d’Elon Musk, il s’agit du dossier exact qui a été présenté à tous les États membres en avril 2026, après l’autorisation du logiciel aux Pays-Bas.
Ces chiffres tombent quelques semaines avant un rendez-vous que Tesla ne veut pas manquer. En effet, l’Union européenne doit trancher sur l’autorisation du FSD dans les 27 pays de l’Union européenne lors d’un vote attendu début octobre. Le constructeur cherche à convaincre les États encore réticents. Pour être adopté, le texte doit réunir au moins 15 des 27 pays représentant 65 % de la population européenne.
Près d’1,3 million de km parcourus en FSD avant son autorisation
Dans le détail, Tesla souligne que le FSD a parcouru 1 276 209 km « avec zéro collision » lors des tests routiers sous la supervision de ses ingénieurs. Parmi les autres indicateurs d’une conduite plus sûre, le constructeur américain souligne :
- La réduction de 77 % à 97 % de l’intervention du freinage automatique d’urgence (AEB)
- Moins d’accélérations et de freinages intempestifs
- Moins d’utilisation du klaxon
- Plus d’utilisation des clignotants
À l’heure actuelle, la marque annonce que le FSD est utilisé par plus de 70 000 propriétaires de Tesla répartis dans les cinq pays où il est autorisé. Avec plus d’1 million de km parcourus quotidiennement, le logiciel aurait « 4,1 fois moins de chances d’avoir un accident comparé à un conducteur humain ».

Par ailleurs, Tesla précise dans son rapport que sur 708 échantillons européens où le système a dépassé la limite détectée, la voiture en FSD roulait « à ou en dessous de la vitesse médiane du trafic environnant dans 98 % des cas à haute vitesse et n’a jamais dépassé le véhicule le plus rapide dans 99,9 % des cas ». Ce point du dépassement des limitations de vitesse est l’un des freins majeurs à l’adoption du logiciel pour de nombreux pays, dont la France.
Des limites sur les chiffres de Tesla
Les inquiétudes autour de l’homologation du FSD tiennent également à l’origine de ces données. Ces dernières viennent de Tesla, et d’elle seule. Aucun régulateur indépendant ne les a validées publiquement. Si la marque veut jouer la carte de la transparence avant le vote en publiant ses données de sécurité, il lui manque toujours une validation indépendante.

En l’occurrence, le rapport n’inclut pas les données de conduite de la flotte des 70 000 véhicules particuliers européens, alors que le constructeur partage bien des chiffres pour l’Amérique du Nord. Pourtant, ce n’est pas la première fois que Tesla dégaine ses statistiques maison. Fin juillet 2026, le constructeur communiquait déjà un FSD avec « 3,5 fois moins de collisions » que la conduite manuelle aux Pays-Bas. Des données basées, donc, sur la conduite des propriétaires.
Une Europe divisée, un enjeu commercial
Le vote est loin d’être gagné. La France a fermé la porte au FSD tant qu’il n’aura pas d’homologation européenne, une position rejointe par l’Espagne. À l’inverse, la Finlande envisageait de donner son feu vert au niveau national. Les États européens n’ont clairement pas la même lecture d’un même logiciel, et il suffit d’une poignée de refus pour faire capoter la double majorité exigée.
La défiance ne vient pas seulement des États. Le Conseil européen pour la sécurité des transports (ETSC) a écrit dès le 12 juin 2026 aux ministres des Transports de l’UE pour leur demander de ne pas reconnaître l’homologation néerlandaise tant que des preuves de sécurité concrètes n’auront pas été rendues publiques. La Suède, de son côté, a laissé entendre qu’elle pourrait s’y opposer à cause de la gestion des limitations de vitesse par le logiciel.
Pour Tesla, l’enjeu dépasse la seule question technique. Le constructeur cherche à reconquérir des parts de marché sur un continent où ses ventes ont reculé face à la concurrence chinoise, même si certains l’enterrent un peu vite. Le FSD est un argument commercial de poids, et publier des chiffres flatteurs avant le vote fait partie de la manœuvre. Sans données indépendantes pour les confronter, les régulateurs qui diront oui le feront en partie sur parole.
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