Et si la Hongrie n’était plus une terre promise pour les acteurs de la voiture électrique ? Le gouvernement local souhaite toujours accueillir des marques qui voudraient s’installer, sous réserve qu’elles respectent la planète. D’après un rapport de Reuters publié le 2 juillet 2026, le ministre hongrois de l’Environnement, László Gajdos, ne s’est pas montré tendre avec les fabricants de batteries haute tension pour voiture électrique.
Les sites qui ne répondent pas aux normes environnementales dans le pays seront tout simplement fermés. De quoi inquiéter quelques industriels.
Un revirement politique sur la voiture électrique en Hongrie
Si la Hongrie est plébiscitée par les marques et autres industriels de l’électrique, c’est non seulement pour les coûts de la main-d’œuvre, mais également pour le gouvernement ultra-favorable au développement de cette énergie.
Depuis 2021, Viktor Orbán a notamment misé gros sur les batteries pour voitures électriques, attirant ainsi des investissements étrangers d’une valeur d’environ 26 milliards d’euros, selon les chiffres du gouvernement. On retrouve sur le territoire principalement des fabricants sud-coréens et chinois, transformant la Hongrie en plaque tournante de l’industrie européenne.

Cependant, le gouvernement d’Orbán s’était montré bien moins regardant au niveau environnemental. Au moment des élections, la question de la pollution était donc au centre des débats et cela a été notamment l’un des fers de lance de l’opposant Péter Magyar, élu par la suite.
Finie la croissance au détriment de la planète, le pays veut « rétablir l’équilibre entre le développement industriel et la protection de l’environnement », explique László Gajdos. « Au cours des 16 dernières années, cet équilibre s’est complètement renversé en faveur de l’industrie. Ceux qui enfreignent sans cesse la réglementation, mettent en danger la santé et la sécurité des Hongrois et font fi des lois hongroises n’ont pas leur place en Hongrie », a ajouté le ministre de l’Environnement.
Des fermetures et des amendes pour les fabricants
Les sanctions semblent aller très vite, alors que le ministère promet de porter les amendes pour pollution aux « niveaux les plus stricts d’Europe ». Le gouvernement hongrois a justement annoncé la création d’une autorité environnementale d’ici le mois de septembre, dont l’objectif sera de surveiller et sanctionner au besoin les usines polluantes.
Fin juin, le maire de Debrecen, László Papp, a appelé le fabricant chinois de composants de batteries Semcorp à quitter la ville en raison de récents constats de pollution environnementale. Un comble, puisque l’homme politique est un fervent soutien d’Orbán.
Reuters explique que l’administration régionale a suspendu l’autorisation de production de Semcorp, après que les autorités ont détecté une pollution à l’aluminium dans des échantillons d’eau prélevés dans des puits situés autour de l’usine.
D’autres industriels comme Samsung SDI sont dans le viseur. La filiale batterie du géant coréen avait reçu plusieurs amendes entre 2022 et 2023 pour avoir dépassé les normes d’émissions dans son usine, tandis qu’elle fait toujours l’objet d’une enquête depuis 2024 pour dommages environnementaux et d’une procédure cette année pour sa manière de gérer ses déchets.

BYD figure également parmi les industriels surveillés. Dans son cas, le constructeur chinois aurait enfreint des normes environnementales dans la première usine européenne qu’il a construite.
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Un édito exclusif, un guide, une reco de lecture et l’agenda de la rédaction : c’est ce que vous trouverez tous les jeudis dans ToujoursPlus, la newsletter tech écrite par Julien Cadot. Inscrivez-vous gratuitement ici !











