Deux chercheurs allemands ont mis au jour six vulnérabilités dans les fonctionnalités de partage sans fil d’Apple et de Google/Samsung. De quoi faire planter des appareils à proximité, sans aucune interaction de la victime.

La quête de failles a encore de beaux jours devant elle. Et même si le risque d’exploitation dans la nature reste limité, l’effort mérite d’être salué.

C’est le cas de l’étude publiée le 25 juin 2026 par le CISPA Helmholtz Center for Information Security, en Allemagne, qui propose une analyse comparative d’AirDrop et de Quick Share au niveau applicatif, un angle encore peu exploré, les recherches se concentrant généralement sur la couche radio.

Au cœur des travaux menés par les chercheurs : AirFuzz, un outil développé pour tester automatiquement des milliers de variantes de messages envoyés à un appareil cible. Sa particularité réside dans l’altération des données en amont de leur compression, ce qui permet de contourner les mécanismes de validation côté réception et d’augmenter les probabilités de déclencher des plantages.

Résultat, trois vulnérabilités affectent AirDrop sur macOS et iOS, deux concernent l’implémentation Quick Share de Samsung, et une dernière, la plus critique, touche l’application Windows de Google.

Point commun à l’ensemble : ces failles sont exploitables sans appairage préalable, dès lors que l’appareil est configuré pour accepter des connexions provenant de n’importe qui.

Les failles ne sont exploitables que lorsque l'appareil est ouvert à tous // Source : Apple
Les failles ne sont exploitables que lorsque l’appareil est ouvert à tous. // Source : Image Apple

Des plantages liés à des contournements de chiffrement

Côté Apple, les trois bugs font planter le démon système sharingd, le programme qui fait notamment fonctionner AirDrop en arrière-plan. La méthode la plus simple consiste à envoyer en boucle, toutes les deux secondes, une requête vers une adresse que le programme ne reconnaît pas, ce qui suffit à le faire crasher à chaque fois. Une autre attaque exploite l’absence de limite dans la façon dont Apple lit certains fichiers de configuration : un petit fichier piégé, contenant environ 200 niveaux de données imbriquées, fait planter n’importe quelle application capable d’ouvrir ce type de fichier.

Du côté de Quick Share, les chercheurs ont identifié deux failles dans la gestion des sessions chez Samsung. La première permet à un attaquant d’échanger avec l’appareil ciblé avant même que la procédure d’authentification ne soit terminée. La seconde fait que certains messages échappent au chiffrement censé protéger l’ensemble de la session, ce qui permet à quelqu’un sur le même réseau Wi-Fi de les intercepter ou de les falsifier.

La faille la plus préoccupante touche toutefois l’application Windows de Google : un bug de type use-after-free, où le programme continue d’utiliser une zone mémoire qu’il a pourtant déjà libérée.

Ce type de défaut peut, dans certains cas, être détourné pour exécuter du code malveillant à distance. Les chercheurs n’ont confirmé qu’un plantage, sans aller jusqu’à démontrer une prise de contrôle complète, mais ils soulignent qu’une protection censée justement empêcher ce genre de détournement est désactivée dans l’application.

Des correctifs en cours, un risque qui reste local

Apple a reconnu les trois failles et a déjà attribué un identifiant CVE à l’une d’elles, même si l’avis correspondant n’est pas encore public. Samsung a transféré ses deux cas à Google, qui les examine toujours. Google, de son côté, a confirmé et corrigé le bug Windows, récompensé par une prime, en attendant l’attribution d’un CVE.

Ces attaques restent limitées à une portée de 10 à 30 mètres environ, ou au même réseau local : pas de risque à l’échelle d’Internet, donc, mais un danger potentiel dans un aéroport ou une salle de conférence bondée.

En pratique, les chercheurs recommandent de mettre à jour ses appareils (iOS et macOS 26.5.2), de limiter la réception AirDrop aux contacts plutôt qu’à « Tout le monde », et de ne garder Quick Share visible que lorsqu’un transfert est en cours.

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