Les constructeurs européens ont des usines en trop, et les constructeurs chinois en cherchent en Europe pour gagner du temps. Normalement, toutes les conditions sont réunies pour trouver des accords rapides, mais la réalité est un peu différente. Invité au sommet Future of the Car du Financial Times, Elvis Cheng, directeur Europe du Nord-Est chez Xpeng, a peut-être mis les pieds dans le plat.
Pour poursuivre sa croissance sur le marché européen, la marque Xpeng doit produire localement, et vite. Mais pas à n’importe quel prix, ni n’importe comment. Entre des sous-traitants saturés et des partenaires historiques aux sites industriels datés, Xpeng fait la fine bouche et rappelle que l’avance technologique ne concerne pas que les batteries, mais aussi les usines qui les assemblent.
Magna Steyr est déjà plein : Xpeng doit trouver un plan B
Depuis l’automne 2025, Xpeng s’appuie sur une solution rapide pour produire en Europe : la sous-traitance chez Magna Steyr, en Autriche. C’est la voie royale pour les nouveaux entrants qui veulent éviter de couler des milliards dans du béton avant de s’assurer que le jeu en vaut la chandelle. C’est aussi une solution immédiate pour éviter la surtaxe européenne sur les voitures électriques chinoises. Sauf que Magna Steyr, c’est un peu le « Airbnb de l’usine » : Xpeng n’est pas le seul constructeur à y assembler ses modèles.

Elvis Cheng a été très clair sur ce point : la ligne de production autrichienne arrive à saturation. « La capacité de production de cette usine est limitée », a-t-il admis. Il faut préciser que Magna Steyr va devoir jongler avec d’autres nouveaux venus (notamment chinois) qui ont eu la même idée.
Xpeng fait produire en Autriche ses trois modèles : G6, G9 et la nouvelle P7+, et déjà les délais de livraison s’allongent. Qu’en sera-t-il une fois que la marque aura lancé les trois nouveautés prévues pour la fin de l’année ? Il est facile d’imaginer que Magna est idéal pour des petites séries de modèles, mais dès que les volumes sont plus conséquents, cela se complique. Et le constructeur chinois a de fortes ambitions pour l’Europe, rester locataire d’un coin d’atelier ne suffira plus.

Le dilemme Volkswagen : des usines trop « vintage » pour la tech chinoise ?
Volkswagen, qui traverse une cure d’austérité avec l’objectif de supprimer 750 000 véhicules de capacité de production annuelle, cherche une solution pour ses usines sous-utilisées. Oliver Blume, le patron de VW, avait d’ailleurs ouvert la porte en avril en suggérant que ses partenaires chinois pourraient récupérer les lignes en trop. Une information confirmée par Elvis Cheng qui, en plus de leur partenariat industriel en Chine, indique que l’entreprise « discute également avec eux pour voir s’il est possible de trouver un emplacement ici en Europe. »
Une opportunité ou un cadeau empoisonné ? Elvis Cheng a lâché une petite phrase qui risque de faire grincer des dents à Wolfsburg : « Nous pensons que toutes les usines ne peuvent pas satisfaire aux exigences de nos produits actuels ou futurs. » Avant d’ajouter, avec une franchise désarmante, que les usines de Volkswagen sont « un peu vieilles ». Xpeng tire sa force d’usines hautement automatisées capables de produire des plateformes ultra-modernes. Des conditions qui ne seront pas forcément exploitables sur les anciens sites de production de véhicules thermiques délaissés par Volkswagen.

Opter pour une usine déjà construite pourrait pourtant faire gagner plusieurs années. Les constructeurs chinois sous-estiment souvent les lenteurs administratives européennes, entre permis, autorisations et délais de construction. L’Europe n’est clairement pas la Chine sur ce point. Xpeng se retrouve donc face à un choix cornélien : racheter un site historique pour gagner du temps et faire plaisir à son actionnaire allemand, ou partir d’une feuille blanche et construire sa propre Gigafactory européenne.
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