Il y a des matins comme ça, où vous savez que vous allez vivre une expérience particulière, sans vraiment trop réaliser ce qu’il va se passer. C’est un peu ce qu’il m’est arrivé un lundi du mois d’avril 2026, pour les essais de la Denza Z9GT, le nouveau fleuron avec lequel la division haut de gamme de BYD vient poser ses valises en France.
Un monstre qui pousse littéralement tous les curseurs à l’extrême. En témoigne sa puissance délirante de 1 156 ch, pile-poil le même nombre de canassons que le nouveau Porsche Cayenne Turbo électrique. D’ailleurs, vous allez le voir, ce n’est pas le seul parallèle que l’on peut dresser avec la marque de Stuttgart.
Pour son incursion européenne, Denza sort donc l’artillerie lourde. Numerama a pu mettre les mains sur ce nouveau bolide qui veut bousculer les références allemandes.
Design extérieur de la Denza Z9GT : un air de déjà-vu
Le voilà déjà, l’autre parallèle avec Porsche : le design. On ne pourra enlever à personne que cette Denza Z9GT évoque clairement les déclinaisons break des Taycan et Panamera. Un red flag comme on dit ? Pas nécessairement. Regardez plutôt le profil athlétique, ces épaules subtilement ondulées, cette ligne de toit élégante et ces portes-à-faux contenus. Une vraie réussite.

À l’instar de son gabarit XXL de 5,19 m pour 1,99 m de large, les faces avant et arrière sont garnies de signatures lumineuses peut-être trop caricaturales cette fois. Y avait-il vraiment besoin de cette paupière sous les projecteurs principaux ?

Pour parfaire son esthétique, la Z9GT campe sur des jantes de 20 pouces de série ou 21 pouces en option (2 500 €), présentes sur mon modèle d’essai. Summum de l’exubérance, ces dernières possèdent un cache-moyeu à roulement, laissant le logo parfaitement droit pendant la marche. Le panel de couleurs est également un attrait. La robe s’intitule ici « Dolomite Slate » et est facturée, elle aussi, 2 500 €.
Design intérieur de la Denza Z9GT : un cocon soigné, mais étriqué
Grimpons à bord — par des portes à ouverture automatique — où je suis accueilli par l’égérie de Denza, Daniel Craig. Bon, il est figé sur l’écran central de 17,3 pouces, mais quand même ! Le mobilier affiche une présentation véritablement excellente, surpassant même celle de certains premiums allemands. Cherchons le plastique, il y en a peu. Le cuir abonde, alternant entre surpiqûres ton sur ton et contrastantes, alors que le plafond ainsi que les montants sont garnis de suédine douce au toucher. Pour couronner le tout, une épaisse incrustation en bois véritable vient ceinturer le cockpit. La copie est plus que sérieuse.

Détail peu commun, les quatre buses de ventilation rectangulaires s’ouvrent uniquement lorsque la climatisation est allumée. Poursuivons au rayon de l’escamotable avec la sono, dont une partie émerge de la planche de bord. L’audio est particulièrement soigné, avec 20 haut-parleurs signés par le français Devialet (cocorico !). Enfin, ouvrez le compartiment au milieu et vous trouverez un mini-frigo capable de varier entre -6 °C et +30 °C (pratique pour éviter que les frites ne ramollissent depuis le drive).

Un confort royal vous attend, que vous soyez au volant ou aux places arrière, grâce aux assises et dossiers particulièrement moelleux, tradition chinoise. De série, les occupants profiteront de sièges — à réglages électriques — chauffants, ventilés, mais également massants. En revanche, si l’empattement de 3,12 m offre un espace aux jambes plus que généreux, la garde au toit est bien limitée. Même mon (honnête) mètre soixante-quinze me rapproche du plafond. Enfin, le volume du coffre est lui aussi restreint, avec 495 litres et un plancher très haut. Un frunk de 53 litres complète la capacité d’emport.
Technologies embarquées de la Denza Z9GT : elle sort le grand jeu
Info-divertissement
Les technophiles seront ravis de trouver pas moins de 6 (!) écrans à bord : deux pour les rétros caméras (option à 1 600 €), un pour le conducteur et le passager (2x 13,2 pouces), sans oublier la dalle tactile et, plus discret, un pour la rétrovision centrale. Eh oui, il est possible d’avoir un retour numérique en plus du traditionnel miroir.

La partie info-divertissement est à mettre une nouvelle fois de côté chez BYD, que ce soit pour les bugs rencontrés ou tout simplement l’interface utilisateur dans laquelle on se perd bien trop aisément face aux innombrables menus pas forcément des plus logiques. On notera tout de même l’intégration de services connectés de Google (Maps, Play Store…) rehaussant l’expérience. L’usage d’Apple CarPlay/Android Auto est plutôt de mise.

Aides à la conduite
Qui dit voiture haut de gamme chinoise, dit technologie à profusion. Et c’est le cas. Outre les traditionnels régulateur de vitesse adaptatif et maintien dans la voie (que je n’ai pas pu essayer faute de routes adéquates), la Z9GT est dotée de fonctionnalités complètement dingues rendues possibles grâce à sa plateforme e3 (E Cube) et ses roues arrière directrices.
Sur une piste privatisée de l’UTAC à Mortefontaine (60), j’ai pu par exemple tester le roulage en crabe. La voiture est ainsi capable de se déplacer à basse vitesse en biais à l’instar dudit crustacé… Inutile ? Non, rétorque l’un des nombreux ingénieurs chinois présents sur place, c’est super pratique pour éviter des obstacles ou « se rapprocher d’un trottoir pour déposer quelqu’un sans érafler les roues ». Les roues arrière peuvent aussi faire du chasse-neige pour appuyer le freinage (en particulier avec le mode Snow, justement).

Parmi les fonctions intelligentes, il y a évidemment un système de parking automatique, mais surtout LA fonctionnalité qui a fait le tour des réseaux sociaux : le pivot. Flemme de faire un créneau ? Alors pointez le bout de la berline dans l’espace de stationnement et orientez via l’écran tactile la position souhaitée de la voiture. La Z9GT va ensuite faire patiner ses roues pour tourner sur elle-même comme un compas et rentrer dans la place. L’odeur de gomme brûlée me reste encore en tête…
Au volant de la Denza Z9GT : sans maîtrise, la puissance n’est rien
Après la cour de récréation, place désormais à la conduite qui a été disons succincte en raison d’un maigre parcours d’à peine 200 km. Fort regrettable, quand on sait qu’on a un monstre de 1 156 ch à dompter. Toutefois, il ne m’aura pas fallu bien longtemps pour constater qu’il est ô combien difficile de justifier un tel niveau de puissance quand on voit comment suit (ou plutôt ne suit pas) le châssis.

En écrasant la pédale d’accélérateur depuis l’arrêt, me voilà catapulté sans surprise à la vitesse de l’éclair. Aucun doute sur le 0 à 100 km/h annoncé en seulement 2,7 secondes… Questionnement, il y a en revanche lorsque le museau de la Z9GT se soulève pendant l’accélération, laissant place alors à un train avant hagard. L’arrière s’y met aussi et la voiture se dandine. Peu rassurant. Pour ne pas aider la cause, le système de stabilité (ESP) ainsi que le contrôle de traction mériteraient d’être affinés, parfois trop permissifs, parfois trop intrusifs.
Dans le peu de virages rencontrés sur notre boucle d’essai, la direction n’a pas vraiment brillé par sa communication. Le feeling passe mieux une fois basculé en mode Sport, lequel raffermit au passage la suspension pour limiter le roulis, incontournable pour ce bestiau de presque 3 tonnes.

Ce n’est pas parce que la Z9GT revendique une puissance d’hypercar, qu’elle doit être considérée comme telle. N’oublions pas le suffixe « GT » de son patronyme, qui la classe logiquement dans la catégorie « Grand Tourisme ». Ainsi, c’est par le prisme du confort que s’apprécie vraiment le break chinois. La suspension pneumatique à double chambre prend soin de tout gommer de la chaussée pour le bien de vos vertèbres, tandis que l’excellente insonorisation rend l’habitacle feutré, soignant cette fois vos oreilles. De quoi donner envie de tailler la route sans pousser.
Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, le gabarit n’entrave en rien les capacités de la Z9GT à évoluer en ville. En figure de proue, un diamètre de braquage riquiqui de 10,70 m, soit moins d’un demi-centimètre de plus qu’une Renault 5 E-Tech. On peut remercier les roues arrière directrices. Quant au freinage, le ressenti pourrait être plus franc, tandis que la partie régénérative est bien trop faible.
Autonomie et recharge de la Denza Z9GT : sortez les watts
Malgré son imposante batterie Blade 2.0 de 122 kWh, la Denza Z9GT ne revendique que 600 km sur le cycle WLTP. C’est 8 km de moins que sa rivale Porsche Taycan Turbo S Sport Turismo et sa plus petite batterie (105 kWh). La faute à un appétit d’ogre. Au terme de l’essai, j’ai relevé une consommation moyenne de 25,5 kWh/100 km. Suggérant une autonomie réelle de 430 km en se laissant tomber aux 10 % de batterie après une charge complète. Et encore, le rythme a finalement été coulé (pour les raisons évoquées précédemment), même si le « champignon » a été pressé plusieurs fois allègrement.

Heureusement, BYD a la solution ultime afin de compenser cette descente : le Flash Charging. Une technologie de recharge rapide, vraiment rapide. Pendant les essais, le constructeur chinois nous a fait une démonstration et les résultats sont fulgurants. Passer de 10 à 70 % de batterie demande seulement 5 minutes, alors que patienter 4 minutes supplémentaires vous emmène jusqu’à 97 %. Sachant qu’il n’y en a aucune en France pour le moment, il sera difficile pour les clients d’en profiter à chaque arrêt.

Cependant, quelques confrères, dont Jean-Baptiste Passieux de Frandroid et Soufyane Benhammouda d’Automobile Propre ont de leur côté fait un passage à des bornes Ionity de 350 kW, bien éloignés des 1 500 kW pouvant être délivrés par celles de BYD. Il en résulte un 33-80 % en 10 minutes pour l’un et un 10-80 % en 14 minutes pour l’autre. Déjà ébouriffant.
Prix et concurrence de la Denza Z9GT : presque seule
Le prix du luxe à la chinoise s’élève à 115 000 €. Mais à l’inverse des premiums allemands, absolument tout est inclus de série dans la Denza Z9GT. Hormis certaines teintes, un jeu de jantes et les rétroviseurs extérieurs par caméras, aucune option ne figure au catalogue.
La Porsche Taycan Turbo S Sport Turismo — sa seule véritable rivale — ne peut pas en dire autant avec ses 217 700 € avant personnalisation. D’autres concurrentes à l’horizon ? Il y a bien la Tesla Model S Plaid, mais elle vient de partir à la retraite sans succession.
Le verdict

Denza Z9GT
Voir la ficheOn a aimé
- Confort absolu
- Habitacle tiré à quatre épingles
- Silence à bord
- Équipement complet de chez complet
- Vitesse de recharge phénoménale
On a moins aimé
- Trop puissante
- Châssis pas assez rigoureux
- Consommation excessive
- Info-divertissement ne donne pas envie
- Freinage régénératif trop faiblard
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