Depuis que l’avantage en nature des voitures électriques de fonction dépend du score environnemental, plusieurs constructeurs premium en ont souffert. Ce texte validé en février 2025 devait favoriser les constructeurs européens face à la concurrence asiatique. Toutefois, cette réforme a également eu un effet pervers sur d’autres marques, dont les constructeurs allemands.
Une mise à jour au mois de juin 2026 vient apporter un peu plus de souplesse à la règle initiale. De quoi réjouir Vincent Salimon, directeur du groupe BMW France, qui en a fait la promotion dans une publication LinkedIn du 5 juin.
Comment marche l’avantage en nature des voitures électriques ?
Si vous bénéficiez d’une voiture de fonction, vous avez probablement eu connaissance du changement récent sur l’avantage en nature (AEN). C’est cette ligne sur votre fiche de paie qui considère votre véhicule pro comme un complément de salaire imposable.
Pour pousser à l’électrification, l’État a mis en place un généreux abattement de 70 % (plafonné à 4 641,60 € par an en 2026) sur cet avantage. Sauf qu’en France, rien n’est jamais simple : pour y avoir droit, le modèle doit impérativement décrocher un « éco-score » environnemental (basé sur le même calcul que le bonus/coup de pouce CEE) validé par les pouvoirs publics.

Et c’est là que le piège se refermait. Depuis la mise en place de règles fiscales rétroactives en février 2025, si vous preniez livraison d’une voiture électrique avant que l’administration ne publie officiellement l’obtention du score environnemental, vous étiez banni du régime favorable pour toute la durée du contrat. À moins de déchirer le leasing de la boîte et d’en signer un nouveau.
Une autre solution consiste sinon à attendre de voir si le modèle obtient ledit sésame, ce qui revient souvent à rallonger les délais de livraison. Le nouveau BMW iX3 illustre parfaitement cette situation, son lancement commercial intervenant avant de savoir s’il est éco-scoré.
Ce qui change : la fin de la double peine
Le Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale (BOSS) vient de corriger le tir via une mise à jour des paragraphes 910 et 920. Vincent Salimon, le patron de BMW Group France, s’en est félicité publiquement : « Réjouissons-nous de la dernière évolution du Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale. » Désormais, l’avantage fiscal s’applique automatiquement dès que la voiture obtient son éco-score en cours de route.
Plus besoin de renégocier le contrat de mise à disposition avec votre entreprise. La bascule est désormais transparente. Deux points restent à retenir :
- La période antérieure à l’éco-score reste soumise au régime classique (plein pot, sans abattement).
- Dès l’intégration officielle du modèle dans la liste, l’abattement de 70 % s’enclenche automatiquement pour le reste de la détention.
Des économies à la clé pour certains véhicules électriques
Pour certains modèles premium dont l’homologation administrative a parfois pris du temps, c’est une bénédiction. Le patron de BMW cite l’exemple concret des BMW i4 xDrive40 et i4 M60. Ceux qui ont reçu ces versions sportives avant la validation du score environnemental (alors que les versions eDrive35 et eDrive40 l’avaient d’office) vont pouvoir bénéficier de l’abattement fiscal. À la clé ? Plusieurs centaines, voire milliers d’euros d’économies d’impôts et de charges sur l’année pour le salarié.

Cela pourrait aussi faciliter la vente de certains véhicules neufs, comme le BMW iX3 ou la future i3. Il sera inutile d’attendre la validation de l’éco-score pour recevoir le modèle souhaité. Cela pourrait fluidifier les livraisons et les commandes de véhicules de fonction.
Un message supplémentaire à l’attention du gouvernement
Si Vincent Salimon salue cette simplification, il en profite pour glisser un tacle aux mailles trop serrées du filet fiscal français. Aujourd’hui, les grosses routières électriques dotées d’une grande autonomie et d’une vitesse de recharge élevée sont souvent exclues de l’éco-score en raison de leur poids ou de leurs critères de fabrication.
Le patron de la marque bavaroise milite donc pour la création d’un abattement intermédiaire (inférieur à 70 %) pour toutes les voitures 100 % électriques, même non éco-scorées, afin de rassurer les gros rouleurs indécis. Un vœu pieux qui, selon lui, s’autofinancerait grâce aux recettes de TVA sur les ventes.
Pas sûr que Bercy l’entende de cette oreille, car cela favoriserait de nouveau les véhicules chinois, mais en attendant, les gestionnaires de flotte ont un dossier de moins à gérer.
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