Le prix du carburant explose, et soudain l’électrique devient intéressant. Dommage qu’il faille toujours une crise pour s’en souvenir. Cela a le mérite d’avoir inspiré un édito pour la newsletter Watt Else du 2 avril 2026.

Doucement, le marché de l’occasion de la voiture électrique s’éveille. Les véhicules électriques ne représentent encore que 4 % des quelque 477 000 transactions du mois dernier. Cela correspond tout de même à une hausse de 47 % par rapport à 2025. C’est encore insuffisant pour parler de véritable bascule, mais un déclic semble s’opérer. 

Dommage qu’il faille, une fois de plus, une énième crise dans un pays producteur de pétrole pour provoquer cet intérêt soudain. Comme souvent, c’est au pied du mur que les chiffres de l’électrique s’emballent. Un réveil contraint, qui en dit long sur les hésitations persistantes autour de cette motorisation — et qui reste parfois frustrant à notre niveau.

Une fausse bonne raison 

La flambée des prix des carburants est toujours un bon moyen de rappeler aux automobilistes qu’il existe des alternatives à leur routine : covoiturage, mobilités douces, éthanol ou voiture électrique. Et l’électrique n’est pas le seul à en profiter. Avec un carburant à plus de 2 € le litre, l’éthanol (E85) repart lui aussi à la hausse, après un net ralentissement lors de la précédente baisse des prix. 

pompe essence station
Continuer à aller faire le plein d’essence à la pompe // Source : Louis Concorde

C’est généralement en période de crise que l’on réalise les limites de la politique de l’autruche. Le problème, c’est que cette prise de conscience se fait dans l’urgence, et c’est là que les ennuis commencent. Certains automobilistes se tournent vers la voiture électrique sans y être réellement préparés. Mal informés, parfois mal conseillés, ils se retrouvent propulsés dans un univers qu’ils maîtrisent mal, sans avoir toutes les clés pour éviter les mauvaises surprises. La recharge, en particulier, peut faire basculer l’expérience : d’un usage fluide et économique à une source de frustration permanente. Il y a un risque de multiplier les déçus, notamment sur le marché de l’occasion, où les contraintes peuvent être encore plus marquées. 

Un engouement d’occasion encore inégal

Les sites d’occasion voient les recherches sur les voitures électriques doubler, voire tripler depuis quelques semaines. Le phénomène dépasse largement la France : toute l’Europe suit la même tendance, avec des chiffres impressionnants. Attention toutefois à ne pas tout attribuer à la guerre. La dynamique était déjà enclenchée avant la flambée des carburants. Les mentalités évoluent, et l’électrique d’occasion ne fait plus autant peur.

Dacia Spring (2021) // Source : Dacia
La Dacia Spring fait +42% de ventes d’occasion en mars 2026 // Source : Dacia

En France, La Centrale a été l’un des premiers à signaler une hausse de 91 % des recherches. Côté ventes, ce sont toujours les modèles les plus accessibles (Zoé, Leaf, e-208 ou Spring) qui tirent leur épingle du jeu. Chez Tesla, la Model 3 est la référence sur le marché de l’occasion, avec 1 332 exemplaires vendus en mars, soit une hausse de 28 % sur un an. Mais la Model Y n’est pas loin derrière : +70 % sur le mois, avec 775 unités, et une progression qui pourrait rapidement la rapprocher de sa berline. 

D’autres modèles émergent aussi. La MG4 bondit de 112 %, tandis que Volkswagen affiche +86 % pour l’ID.3 et +72 % pour l’ID.4. Des hausses spectaculaires, mais à relativiser : elles s’appuient encore sur des volumes anecdotiques. À l’inverse, certains modèles décrochent. La Porsche Taycan recule de 12 % sur le marché de l’occasion, aussi bien en mars que sur l’ensemble du premier trimestre. Comme quoi, même dans un contexte favorable à l’électrique, tout le monde ne gagne pas.  

Et sur le neuf ? 

L’impact de la guerre en Iran se fera sentir plus tard sur les ventes de véhicules neufs. Il faut généralement compter entre un et trois mois de décalage — voire davantage si les carnets de commandes sont déjà bien remplis — avant d’en voir les effets sur les immatriculations. Il reste pour autant indéniable que le carburant cher va pousser certains acheteurs vers l’électrique dans les concessions. 

La nouvelle Renault Twingo E-Tech (2026) // Source : Renault
La nouvelle Renault Twingo E-Tech (2026) devrait cartonner grâce à son prix serré // Source : Renault

Combiné à des aides à l’achat boostées en début d’année, ce contexte pourrait profiter à plusieurs modèles produits en Europe. La Renault Twingo pourrait notamment en bénéficier, avec un prix inférieur à 20 000 €, subventions déduites. Ce ne sera probablement pas la seule. Espérons néanmoins qu’une éventuelle fin de la guerre ne crée pas un effet de soufflé sur la dynamique des ventes de véhicules électriques.

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