Le débat sur la conduite autonome atteint un nouveau sommet d’intensité. Avec l’ouverture aux routes néerlandaises de son logiciel « Full Self-Driving » (FSD), Tesla a créé une onde de choc réglementaire sur tout le continent.
Si cette avancée marque une étape décisive pour le constructeur américain, elle met surtout en lumière les divergences stratégiques profondes entre les États membres, comme le souligne Electric Vehicles ce 16 avril 2026.
La question est désormais de savoir quels autres pays va franchir le pas. La France peut-elle emboîter le pas ? Malheureusement, vous allez le voir, de nombreux propriétaires vont être déçus.
Le choc du 10 avril 2026 : les Pays-Bas valident le FSD
L’agence néerlandaise RDW a mis fin à des années d’attente en accordant, le 10 avril 2026, une homologation de type européenne au système FSD de Tesla. S’appuyant sur la réglementation UN R-171 adoptée l’an dernier, les Pays-Bas sont devenus le premier laboratoire à ciel ouvert de cette technologie sur le Vieux Continent. Toutefois, cette avancée reste donc pour l’instant confinée aux frontières néerlandaises, créant une Europe de l’autonomie à deux vitesses.

L’initiative néerlandaise est ainsi perçue comme un véritable « cheval de Troie » au sein de la bureaucratie de l’Union européenne, où Tesla place les 26 autres États membres devant le fait accompli.
La France dit clairement non au FSD pour le moment
Autant arracher le pansement d’un coup sec. Non, la France n’aura pas le FSD de Tesla prochainement. Dans une réponse par mail partagé par l’internaute Nicnl sur X, le Centre national de réception des véhicules (CNRV) chargé de l’homologation des véhicules en France a statué que le pays « ne prévoit pas d’autoriser le FSD ».
Toutefois, l’autorisation du FSD en France dépendra de l’une des deux options :
- Les Pays-Bas dépose une demande d’autorisation d’accorder une « réception UE par type »
- La France s’en tient au calendrier de l’Union européenne
Dans le premier cas (le plus favorable pour Tesla), l’organisme qui a donné le feu vert pour le FSD aux Pays-Bas — nommé RDW — livre un dossier intégrant tous les éléments prouvant que le logiciel de conduite autonome « présente un niveau de sécurité au moins équivalent à la réglementation actuelle ». La Commission européenne en fera examen pour donner oui ou non son accord… sur la fameuse « réception UE par type ». Ce n’est qu’une fois cette dernière accordée que la France pourra donner son verdict.

Dans le second cas (le pire), il faudra patienter jusqu’au mois de juin 2026 lorsque la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (UNECE) et son Groupe de travail sur les véhicules automatisés/autonomes et connectés (GRVA) se concerteront sur la réglementation. S’ensuivra un vote qui, dans le cas où il serait approuvé, lancerait une nouvelle procédure jusqu’en janvier 2027. Bref, un calendrier insoutenable pour certains.
L’Italie préfère attendre la décision de l’UE
Malgré ce coup de semonce néerlandais, d’autres pays voisins se montrent également sceptiques. C’est le cas de l’Italie, où le ministère des Infrastructures et des Transports campe sur ses positions et refuse d’accorder des autorisations nationales isolées. Pour le gouvernement italien, l’objectif est d’attendre la décision coordonnée de la Commission européenne.
Selon un représentant du ministère cité par Electric Vehicles, « aucune décision n’a encore été prise au niveau européen, comme prévu au mois de mai, date à laquelle la Commission et les États membres procéderont à une analyse conjointe de la solution proposée ».
La Suède inquiète sur la compatibilité du FSD
En Suède, l’Agence des transports (Transportstyrelsen) soulève un point bloquant d’ordre purement administratif qui inquiète des milliers de propriétaires. Cette dernière avertit que le déploiement du FSD pourrait être restreint aux nouveaux modèles uniquement.

Cependant, le problème ne réside pas ici dans la capacité matérielle des voitures que l’on connaît déjà avec les différences de compatibilité entre HW3 ou AI4, mais dans le cadre réglementaire de l’homologation en cours par l’Union européenne. Selon Stockholm, le prochain cadre ne permettrait pas d’approuver rétroactivement des véhicules déjà en circulation pour de telles fonctionnalités autonomes.
Si cette interprétation stricte l’emporte, le parc Tesla existant pourrait légalement être exclu du FSD, même si les voitures sont techniquement prêtes à le recevoir comme aux Pays-Bas. De quoi potentiellement doucher tous les espoirs du constructeur américain et ceux des propriétaires qui auront payé une option dans le vent. Entre enthousiasme technologique et prudence administrative, l’Europe se cherche un cadre commun pour définir l’avenir de la mobilité.
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