Volkswagen a longtemps traîné une image de constructeur robuste sur le plan mécanique, mais à la traîne sur le plan du logiciel et de l’infodivertissement. Sa branche Cariad n’a pas réussi à suivre l’évolution imposée par les nouveaux acteurs comme Tesla, et après des années de tentatives peu fructueuses, le groupe a décidé de changer de stratégie pour corriger le tir. Désormais, le groupe s’associe avec des acteurs qui maîtrisent le sujet : Xpeng pour les véhicules chinois et Rivian pour les véhicules occidentaux.
Pour faire tourner la partie logicielle développée par Rivian, Volkswagen vient d’annoncer le 8 janvier, au CES 2026, la signature d’un partenariat avec Qualcomm pour que le géant américain des semi-conducteurs fournisse les puces (SoC) hautes performances. Elles équiperont les futures voitures électriques de l’ensemble des marques du groupe (y compris Porsche), à partir de 2027.
Pourquoi Qualcomm change la donne pour les futures Volkswagen
Avec cet accord, Volkswagen confie à Qualcomm une brique devenue centrale dans la voiture moderne : l’infodivertissement et, plus largement, la puissance de calcul dédiée à l’expérience numérique à bord. Le groupe allemand prévoit d’intégrer les solutions Snapdragon Digital Chassis dans ses prochaines générations de véhicules électriques à partir de 2027. Cela équipera les futurs modèles développés sur la plateforme SSP (Scalable Systems Platform), en commençant par l’ID. Every1 (peut-être future ID. Lupo) à 20 000 €.

Concrètement, cela signifie des systèmes plus réactifs, capables de gérer des interfaces graphiques plus riches, une meilleure intégration des services connectés et une base matérielle mieux dimensionnée pour les mises à jour logicielles sur la durée. Un point clé, alors que les clients sont de plus en plus sensibles à la fluidité des écrans, à la navigation, aux assistants vocaux ou encore aux mises à jour à distance.
Autrement dit, même les Volkswagen d’entrée de gamme ne devraient plus se contenter d’un infodivertissement minimaliste ou daté. Ce partenariat vise à homogénéiser l’expérience numérique sur l’ensemble de la gamme, un point sur lequel le constructeur a longtemps été critiqué. L’intérêt est aussi industriel. En s’appuyant sur un acteur majeur des semi-conducteurs, Volkswagen réduit sa dépendance à des développements internes complexes, après les difficultés rencontrées avec sa filiale logicielle Cariad. Qualcomm apporte ici une plateforme éprouvée et un approvisionnement en puces sécurisé.
Volkswagen ne veut plus paraître en retard sur la concurrence
Pour les conducteurs européens, ce changement de cap est loin d’être anecdotique. Il traduit une prise de conscience tardive, mais désormais assumée, que la voiture électrique ne se joue plus uniquement sur l’autonomie ou la recharge. L’expérience logiciellele est également devenue un critère d’achat, y compris sur des modèles accessibles. C’est Tesla qui a initié cette tendance et reste à la pointe dans ce domaine.

Renault s’est appuyé très tôt sur Android Automotive, une plateforme logicielle complète fournie par Google, permettant une intégration native des services Google (Maps, Assistant, Play Store) et une expérience proche de celle d’un smartphone. Cette approche a permis à la marque française de proposer rapidement des interfaces modernes et cohérentes sur tous ses modèles électriques et cela plaît au public.
À l’inverse, Stellantis continue de privilégier une solution logicielle interne, longtemps jugée en retrait. Si des progrès sont visibles sur certains modèles haut de gamme, cette montée en gamme reste limitée et ne bénéficie pas encore à l’ensemble du catalogue. Volkswagen se situait jusqu’à présent entre ces deux approches, d’où le changement de cap amorcé avec Qualcomm et Rivian.
Volkswagen a choisi de ne pas dépendre d’une plateforme logicielle tierce complète ; le constructeur mise sur une base matérielle puissante fournie par Qualcomm, combinée aux couches logicielles de Rivian. L’objectif est de garder davantage de contrôle sur l’expérience finale, tout en s’appuyant sur une puissance de calcul enfin à la hauteur des standards actuels. Il faudra désormais attendre 2027 et l’arrivée des premiers modèles en Europe pour juger de la pertinence de cette stratégie.
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