En 2025, la Turquie a vu ses ventes de voitures électriques augmenter de 90 % et atteindre 17,5 % de part de marché. Un rythme d’adoption bien plus rapide qu’en France, dans un marché qui est loin d’être marginal sur le plan automobile.

La Turquie n’est pas un petit marché automobile périphérique. Avec environ 1,37 million de voitures particulières vendues en 2025, selon les statistiques officielles, le pays se classe parmi les grands marchés de l’Europe élargie, derrière l’Allemagne, la France et l’Italie, mais devant l’Espagne. Il est d’ailleurs un marché convoité par bien des constructeurs automobiles. Et pourtant, sa transition vers l’électrique avance à un rythme que beaucoup de pays de l’Union européenne peuvent lui envier.

En un an, les ventes de véhicules électriques enregistrent une progression impressionnante, passant de 10 % à 17,5 % de part de marché en 2025. À titre de comparaison, la France termine l’année autour de 20 % de part de marché électrique, mais avec une croissance limitée à environ +12 % sur l’année. Autrement dit, la France progresse encore, mais à une cadence bien plus lente. Si la dynamique actuelle se maintient, la Turquie pourrait dépasser la France plus vite qu’on ne l’imagine.

La Turquie accélère sur l’électrique

La Turquie est engagée dans un renouvellement rapide de son parc automobile vieillissant. Comme en France, les ménages sont incités à se tourner vers des véhicules à faibles émissions via une politique mise en place en 2024. Une taxe à la consommation augmente progressivement les prix des modèles thermiques, faisant des voitures électriques une alternative de plus en plus rationnelle.

En 2025, 189 868 voitures électriques ont été immatriculées dans le pays, contre un peu moins de 100 000 l’année précédente. Un chiffre qui a donc quasi doublé en l’espace de 12 mois, puisque cette motorisation enregistre 90 % d’augmentation. C’est en tout cas un nouveau record pour les ventes de voitures électriques. Le constructeur national TOGG est celui qui en profite le plus largement, il capte 20 % des ventes du pays. Il devance Tesla de quelques milliers d’exemplaires, tandis que BYD occupe la 3e place du podium.

TOGG constructeur turc // Source : TOGG
TOGG : constructeur turc de voitures électriques // Source : TOGG

Comme le rapporte Reuters, cette montée en puissance s’est faite malgré un contexte peu favorable : inflation élevée, conditions de crédit restrictives et fiscalité automobile complexe. Il n’y a pas non plus d’aide à l’achat direct, équivalente à notre bonus, en revanche les entreprises bénéficient de quelques avantages fiscaux (déduction) qui peuvent les inciter à opter pour un modèle électrique. Tout ceci rend le dynamisme du marché turc pour l’électrique encore plus intéressant.

Pourquoi l’Europe, et la France, avancent plus lentement

En miroir, la situation européenne interroge. En France, la part de marché de l’électrique est passée au niveau supérieur en dépassant le cap des 20 %, mais la dynamique s’essouffle et la France aurait probablement terminé l’année au même niveau que la Turquie sans les aides à l’achat (coup de pouce CEE ou leasing social). Les ventes progressent encore, sans pour autant connaître l’accélération observée en Turquie ou dans certains pays asiatiques (un article sur la voiture électrique en Thaïlande sera publié dimanche).

En dehors des pays de l’Europe du Nord, la part de marché des électriques reste souvent balbutiante. L’Allemagne finit quand même 2025 avec 19 % de voitures électriques dans son mix, mais l’Espagne ou l’Italie restent bien en dessous de la barre des 10 %. Il est quand même difficile d’imaginer que la Turquie connaisse un contexte économique plus favorable que certains de nos voisins directs.

La Turquie bénéficie d’un effet de rattrapage puissant, combiné à une offre de plus en plus compétitive, notamment sur les SUV électriques grâce à son nouveau constructeur national et aux constructeurs chinois. Il reste à observer si la Turquie continuera sur la même lancée en 2026 ou si les ventes vont également finir par s’essouffler après une année exceptionnelle.

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