Le constructeur japonais Toyota a dévoilé qu’il serait apte à vendre uniquement des véhicules électriques à partir de 2035. Et, uniquement si on le lui impose en Europe.

Présent sur le marché de la voiture électrique depuis de nombreuses années grâce aux voitures hybrides, Toyota s’est montré plus réticent avec les voitures 100 % électriques. À tel point que le constructeur japonais, comme de nombreux constructeurs nippons, a accumulé du retard dans l’électrification de sa gamme de véhicules proposés.

Des projections de progression rapide

Mais, désormais, Toyota semblerait paré à entamer sa transition vers le tout électrique. Durant un entretien tenu lors du congrès organisé par Automotive News Europe le 15 juin dernier, le patron de Toyota en Europe, Matt Harrison, a indiqué que la marque « sera prête à vendre 100 % de véhicules électriques à partir de 2035 ».

Une déclaration forte de sens lorsque l’on observe les projets du constructeur japonais : la part des ventes de véhicules électriques, actuellement à 0 %, passerait à 15 % en 2025, et grimperait même à 55 % d’ici à 2030 sur le continent européen. Cette progression de la représentation des véhicules électriques irait dans le sens des régulations mises en place en Europe, puisqu’il est demandé aux constructeurs automobiles de réduire de 55 % leurs émissions de CO2 d’ici à 2030.

Pourtant, Toyota ne semble pas soutenir le dernier projet de norme européenne pour lutter contre la pollution automobile : l’Euro 7 — projet qui n’enthousiasme pas non plus la France ou encore l’Italie.

Cette norme, qui impose une diminution de 35 % des émissions d’oxyde d’azote pour les voitures diesel, ainsi qu’une diminution de 13 % des émissions de particules fines, pose également un problème pour les véhicules électriques : elle prévoit de contrôler la durée de vie des batteries électriques, ce qui serait un énorme frein pour les constructeurs souhaitant investir dans les véhicules électriques.

Dans le cas de Toyota, cela ne serait surement pas un problème. Matt Harrison a confirmé que, pour l’instant, la marque ne prévoyait de production locale de véhicule électrique en Europe et qu’elle n’avait pas l’intention de produire des batteries électriques en Europe dans un avenir proche.

Une transition forcée vers l’électrique ?

Malgré la belle déclaration du patron européen de Toyota, il semble très peu probable que le constructeur japonais souhaite basculer au tout électrique dans les années à venir. Il semblerait plutôt que la marque soit prête à passer au tout électrique uniquement si les règlementations de l’Union européenne l’imposent.

La Prius reste une figure majeure de Toyota // Source : Toyota
La Prius de Toyota. // Source : Toyota

Alors que de nombreux concurrents, notamment en Europe, se précipitent dans leur transition vers l’électrique, le constructeur nippon ne semble pas entièrement emballé par l’idée d’avoir une flotte entièrement électrique. Toyota préfère actuellement se concentrer sur les véhicules hybrides qui ont fait sa gloire au début des années 2010, et produire plusieurs véhicules électriques au cours de la décennie à venir.

Un choix qui pourrait s’avérer perdant dans les années à venir, en raison du retard qu’il faudra rattraper face à une concurrence qui prend de l’avance.


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