Le responsable des projets crypto de Facebook, David Marcus, a annoncé son départ de l’entreprise. Un revers de plus sur un dossier qui a beaucoup de difficulté à avancer.

La version définitive du portefeuille numérique de Facebook, Novi, n’est toujours pas lancée, mais le patron du projet a décidé qu’il n’attendrait pas qu’elle voie le jour. David Marcus qui supervisait Novi et oeuvrait au développement des projets liés aux cryptomonnaies de Facebook a annoncé sur Twitter le 30 novembre qu’il quittait Meta, la maison mère du réseau social. « Après sept années épanouissantes au sein de Meta, j’ai pris la décision difficile de me retirer et de quitter la société d’ici la fin de l’année. »

Cet ancien de PayPal qui supervisait la filiale Novi depuis mai 2018 reconnait que le travail sur ce portefeuille numérique — lancé en version pilote pour l’heure — est pourtant loin d’être achevé. « Il reste encore beaucoup à faire dans la foulée du lancement de Novi — et je reste aussi convaincu que jamais de la nécessité de changer nos systèmes de paiement et financiers — mais mes envies entrepreneuriales me chatouillent depuis trop longtemps pour que je continue de les ignorer  », précise David Marcus dans son thread.

Un énième revers pour les projets crypto de Facebook

Ce départ est un revers pour les projets crypto du groupe Meta. Et la maison mère de Facebook a déjà essuyé pas mal d’échecs à ce niveau. Le groupe a annoncé en grande pompe, en 2019, le lancement d’une coalition visant à créer une cryptomonnaie baptisée Diem (à l’époque elle s’appelait Libra). Mais à peine quelques mois après son lancement, plusieurs membres fondateurs l’ont quittée. Et pas n’importe quels membres puisqu’il s’agissait notamment de Visa, Mastercard, PayPal, Stripe et eBay, des sociétés qui disposent d’une expertise stratégique dans le domaine de la banque ou du paiement en ligne.

La volonté de Facebook de développer un portefeuille numérique et une cryptomonnaie qu’il pourrait mettre à disposition de ses membres pour réaliser, très simplement, des paiements et des transferts d’argent a, du reste, rencontré un accueil assez froid. De nombreux politiques américains et européens ont indiqué redouter que cela donne une influence démesurée à un groupe qui dispose déjà d’un poids considérable dans l’économie mondiale.

Diem

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie de la France avait ainsi fait savoir que la France refusait fermement le développement sur sol européen de la cryptomonnaie portée par Facebook.

Le projet pilote que le groupe Meta a lancé, en octobre dernier, n’a d’ailleurs plus grand-chose à voir avec ce qu’il ambitionnait de faire initialement. Si la maison-mère de Facebook a bel et bien lancé une expérimentation de son portefeuille numérique (aux États-Unis et au Guatemala), celui-ci n’est pas adossé à la fameuse cryptomonnaie Diem (ex-Libra) que Facebook souhaitait créer avec sa coalition. Il fonctionne avec des Pax dollar, un stablecoin adossé au dollar (un pax dollar équivaut à un dollar) crée par la société Paxos.

En octobre, David Marcus assurait que Novi était prêt à être mis sur le marché et que le portefeuille basculerait sur Diem, dès qu’il aurait le feu vert des autorités. Mais, vu les réticences des politiques et la tourmente dans laquelle le groupe Meta est pris par ailleurs après les révélations de Frances Haugen sur le fonctionnement de Facebook, il risque d’être ardu de convaincre rapidement les autorités d’ouvrir ce nouveau dossier.