Depuis que la Chine leur a interdit de rester, beaucoup de mineurs de cryptomonnaies telles que le bitcoin sont partis au Kazakhstan. Leur activité très gourmande en électricité génère des pénuries d’énergie dans le pays.

C’est l’un des pays les plus riches en hydrocarbures d’Asie et pourtant, le Kazakhstan connait de nombreuses pénuries d’électricité en ce moment. La raison à cela ? Le Kazakhstan a vu débarquer un afflux de mineurs de cryptomonnaies depuis que la Chine leur a interdit de pratiquer cette activité sur son sol, au printemps 2021. Cela a engendré le déplacement d’une quantité phénoménale de machines, car Beijing hébergeait avant cela environ 65 % du minage de crypto du monde entier.

Selon le Financial Times, plus de 87 000 machines de minage très gourmandes en électricité ont été délocalisées au Kazakhstan. Une migration qui a un impact très lourd sur l’approvisionnement en énergie du pays. La demande en électricité a ainsi grimpé de 8 % depuis que la migration des mineurs a démarré début 2021 (contre des hausses comprises entre 1 et 2 % habituellement).

Interdits en Chine, les mineurs crypto créent des coupures d’électricité au Kazakhstan

La production d'électricité au Kazakhstan émet beaucoup de CO2.

Source : Alexander Serzhantov / Unsplash

Des coupures d’électricité dans six régions du Kazakhstan

Un pic de consommation impossible à gérer pour les fournisseurs d’énergie du pays. Le mois dernier, trois importantes centrales électriques ont du se mettre en arrêt d’urgence et, depuis octobre, les villes de six régions du pays ont subi des coupures d’électricité. Selon les autorités, ce pic de consommation est lié au fait que si une partie des mineurs sont déclarés, une autre partie opère en toute illégalité dans le pays. Selon le ministère de l’Énergie, ces mineurs clandestins consomment presque deux fois plus que les mineurs officiels.

À l’approche de l’hiver, cette situation est particulièrement problématique. Les autorités du pays vont donc mettre en place une régulation beaucoup plus forte du secteur. Le fournisseur d’électricité public Kegoc a décidé de ne plus approvisionner que les 50 entités de minage enregistrées officiellement et de les mettre en pause en premier en cas de pénurie d’électricité, révèle le Financial Times.

Le minage de crypto au Kazakhstan génère beaucoup de gaz à effet de serre

À partir de 2022, les mineurs officiellement déclarés devront par ailleurs payer un surplus de 1 tenge kazakh (0,002 €) par kWh. Reste à voir si ces futures mesures inciteront certains mineurs, notamment ceux qui ne sont pas déclarés, à se déplacer dans d’autres zones. Le fait que beaucoup de minage de cryptomonnaies se déroule désormais au Kazakhstan n’est, en tout cas, pas une bonne nouvelle pour l’environnement. La très grande majorité (90%) de l’électricité du Kazakhstan provient en effet de combustibles fossiles, tels que le charbon. Le minage de bitcoin, d’ether et d’autres crypto dans le pays génère donc beaucoup d’émissions de gaz à effet de serre.