On a retenté l'expérience 8K avec un modèle conçu par Sony. Notre avis n'a pas changé : les télévisions proposant cette définition restent avant tout d'excellentes télévisions 4K, mais qui coûtent bien plus cher que des télévisions 4K.

Vous ne le savez peut-être pas, mais les télévisions 8K existent déjà depuis plusieurs générations. Samsung a très vite cru à cette définition supérieure, alors que les contenus se font toujours aussi rares — pour ne pas dire inexistants. En janvier 2019, lors de notre banc d’essai du modèle QLED Q900R, on se posait la question suivante : à quoi peut bien servir un tel téléviseur, quand on est déjà heureux de pouvoir profiter d’un programme en 4K (un match de foot sur Canal+, par exemple) ? Un peu moins de deux ans après, on cherche toujours la réponse. Et nos quelques jours passés aux côtés du Z9J de Sony ne nous ont pas davantage éclairés.

Ne lisez pas ce que nous n’avons pas écrit : le produit de la firme nippone n’est en aucun cas un mauvais téléviseur. Dans le catalogue de la multinationale, il représente plutôt le très haut du panier : on parle quand même d’une télévision LCD de 75 pouces — minimum — vendue la modique somme de 5 990 euros — là encore, au minimum. Il intègre toutes les dernières avancées de Sony, du système d’exploitation Google TV (excellent) à la puce Cognitive Processor XR, en passant par la technologie Sony Acoustic Multi Audio (pour les oreilles) et le traitement XR Triluminos Pro.

Téléviseur Sony Z9J // Source : Sony

Un très, très gros téléviseur

Contrairement aux autres constructeurs, Sony ne descend pas en dessous des 75 pouces pour ses modèles 8K. À nos yeux, c’est la taille minimale à partir de laquelle la 8K peut commencer à avoir du sens (les millions de pixels ont davantage d’espace pour s’exprimer). À titre de comparaison, LG et Samsung n’hésitent pas à descendre à 55 pouces, ce qui ne présente strictement aucun intérêt (surtout en l’absence de contenus dédiés). Sony ne tombe pas dans le piège consistant à maximiser le nombre de références pour étirer le catalogue — et c’est tant mieux.

Dès lors, quand on déballe le Sony Z9J, on est d’abord subjugué par sa taille immense — qui nécessite un salon adapté, ainsi qu’un meuble suffisamment large. À ce sujet, on louera le choix de Sony de proposer différentes manières d’insérer les pieds (à l’extérieur, vers l’intérieur, surélevé), ce qui offre une polyvalence intéressante dans l’installation de ce très grand écran. Cette bonne première impression se poursuit sur les qualités de finition. Sony oblige, elles sont irréprochables. Attention : le téléviseur est très épais. Bon point : sa télécommande est rétroéclairée. En matière de design, il est classe et sobre.

Téléviseur Sony Z9J // Source : Sony

À quoi sert la 8K en 2021 ?

En l’absence de films, séries et autres vidéos 8K, le Z9J doit compenser. Pour cela, il s’appuie sur un traitement pointu, articulé autour d’une intelligence artificielle qui travaille de manière individuelle sur différentes composantes de l’image (appelés objets). En réalité, la télévision profite de tout l’héritage accumulé ces dernières années, quand il fallait déjà réaliser un important travail de mise à l’échelle pour adapter des flux anciens (des vidéos en basse qualité) à des dalles associant des millions de pixels. Finalement, aujourd’hui, un téléviseur 8K se trouve dans la même situation qu’un spécimen 4K il y a quelques années : il lui faut sublimer des contenus pour lesquels il a trop de ressources, ce qui implique une adaptation idéale pour occuper ces pixels en trop.

À l’usage, on ne saurait faire la différence entre un flux affiché sur un téléviseur 4K et le même affiché sur un téléviseur 8K — à traitement d’image équivalent. C’est une preuve que le processeur travaille bien. Tout juste un téléviseur 8K pourra se permettre un affichage un peu plus fin — surtout en se rapprochant du téléviseur. C’est d’ailleurs un (rare) argument en faveur de cette technologie d’affichage. Plus la définition est grande, plus on peut se rapprocher de l’image — ou agrandir la diagonale sans besoin de reculer son canapé. Attention quand même, le Z9J est très, très lumineux (puissance supérieure à  1 500 nits, ce qui peut vite éblouir).

On conseillera plutôt un téléviseur OLED de taille équivalente

Bref, le Z9J est avant tout un excellent téléviseur 4K. Il est à l’aise avec les films et séries grâce à son exceptionnelle calibration d’usine (pas besoin de retouches pour en prendre plein les yeux, y compris en HDR ou en Dolby Vision). Il assure de très bonnes prestations avec les jeux vidéo grâce à ses ports HDMI 2.1 (même s’il n’est pas encore compatible avec la technologie VRR) — d’autant qu’une dalle de 75 pouces permet de (vraiment) renforcer l’immersion. Le système d’exploitation Google TV assure une expérience utilisateur très confortable, avec un accès immédiat aux applications les plus populaires (Netflix, MyCanal, Disney+…). Enfin, et c’est assez rare pour être souligné, ses performances sonores sont très convaincantes : la technologie propriétaire Sony Acoustic Multi Audio permet une belle réserve de puissance tandis que, encore une fois, la taille permet une ouverture horizontale très large.

Néanmoins, le Z9J doit composer avec un problème de taille : ce prix de 5 990 euros, quand les téléviseurs OLED 77 pouces de LG sont désormais proposés sous la barre des 3 500 euros. Si vous pouvez vous permettre d’investir une telle somme dans un téléviseur, on conseillera plutôt un modèle OLED de taille équivalente (vous trouverez des suggestions dans notre guide). D’autant que le rétroéclairage du Z9J est toujours perfectible. Il y a encore des traces de blooming — halo qui apparait autour d’éléments lumineux sur des portions sombres (par exemple, des sous-titres blancs sur une bande noire) –, un défaut qui n’existe pas avec la technologie OLED.

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