Le cours du bitcoin est repassé sous les 30 000 dollars, sorte de barre symbolique qui faisait peur à de nombreux observateurs. Et maintenant ? Peut-être... rien du tout.

Ça y est, c’est arrivé. La valeur du bitcoin a chuté sous les 30 000 dollars ce 22 juin 2021 dans l’après-midi, comme on peut l’observer sur de nombreux sites de suivi boursier en temps quasi réel. Cette descente n’a duré que quelques heures : aux alentours de 17h, la monnaie virtuelle avait déjà légèrement remonté.

Il n’en fallait pas plus pour que de nombreux médias reprennent l’info en chœur : le bitcoin « plonge sous les 30 000 » par ci, ou « s’enfonce sous les 30 000 » par là. Mais pourquoi cette valeur est-elle si importante ? Il y a deux semaines, Numerama se posait exactement cette question, et y répondait en détail ici.

Pour les néophytes, l’explication pourrait paraître complexe, mais elle est en fait assez simple : il s’agit d’un seuil symbolique, mais il est si fort qu’il a des conséquences bien réelles sur les marchés boursiers et les investissements financiers.

Le cours du bitcoin le 22 juin 2021 // Source : coinmarketcap

Le bitcoin peut très bien remonter rapidement

En bourse, il existe des seuils de « résistance » : c’est une valeur sous laquelle les analystes considèrent que l’actif ne descendra pas. S’il chutait plus bas que ce nombre, alors le signal envoyé serait très négatif. Ce que craignaient les observateurs, et surtout les investisseurs, c’est que si le bitcoin plongeait sous les 30 000 dollars, alors il pourrait tomber bien plus bas, jusque vers les 7 000 dollars autour desquels il stagnait depuis 2018 (après un premier gros pic en 2017, où le seuil des 30 000 dollars était paradoxalement envisagé comme une résistance « haute », quasi impossible à atteindre).

« C’est l’inverse de ce qu’il se passait avant : si on arrive à tenir ce seuil et à ne pas passer au dessous, alors les signaux seront bons. On pourra repartir. Mais sinon, le crash pourrait bien arriver », nous expliquait Guilia Mazzolini, directrice France de BitPanda, une entreprise de courtiers en cryptomonnaie. «  Si on passe en dessous des 30k, il existe un autre niveau de résistance aux alentours des 20k. Cependant, il est moins résistant parce qu’il n’y a pas cet aspect symbolique qu’ont les 30K. Donc, potentiellement, on pourrait encore tomber plus bas – mais il y a beaucoup de ‘si’. »

Cette dernière phrase a son importance : le cours du bitcoin est aléatoire, car les inconnues sont très nombreuses. Très peu d’experts s’aventureraient à affirmer que le bitcoin sous les 30 000 dollars entrainerait une dégringolade irrépressible. Pour l’instant, l’histoire leur donne bien raison : à 17h le 22 juin, le bitcoin était déjà remonté à 30 092 dollars.

C’est un des mécanismes les plus instinctifs à comprendre dans la bourse : le cours d’une monnaie chute si de nombreuses personnes vendent leur actif. Mais de l’autre côté, il y a aussi des petits malins, qui attendent que le cours soit bas pour acheter des bitcoins, dans l’espoir de les revendre quand le cours aura remonté. Aussi, lorsque le bitcoin passe sous le fameux seuil des 30 000 dollars, certains peuvent estimer que cela représente le bon moment pour investir. Et donc, acheter du bitcoin. Et ainsi faire remonter sa valeur. Au-dessus des 30 000 dollars.

Les hauts et bas du bitcoin

Le bitcoin subit depuis début mai 2021 une chute très importante, après avoir connu une flambée tout aussi exceptionnelle cette première moitié d’année 2021. La monnaie virtuelle, probablement la plus connue de toutes les cryptos, réagit non seulement à l’évolution du marché, mais aussi aux annonces de nombreux acteurs puissants.

L’évolution du bitcoin depuis 2014 // Source : coinmarketcap

L’influent milliardaire Elon Musk a par exemple d’abord investi massivement dans le bitcoin via Tesla, puis il est revenu en arrière, semblant réaliser que le minage de cette cryptomonnaie était très polluant. Il a ensuite pris plaisir à semer la panique au sein du milieu boursier, sous-entendant qu’il était capable de vendre tous ses bitcoins, même s’il avait juré ne pas le faire.

De l’autre côté de l’échiquier, il y a la Chine, qui a annoncé qu’il fallait que toutes ses banques cessent d’autoriser les échanges et transactions en monnaies virtuelles. Puis elle a coupé l’électricité à des sociétés qui minaient du bitcoin. Puis la Banque centrale chinoise a reformulé, encore une fois, son ordre aux autres banques d’interdire les transactions en crypto.

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