Instagram va tout vous dire. Pour éviter les accusations de censure ou de traitement préférentiel, le site de partage de photo détaille les raisons qui poussent la plateforme à faire le tri parmi la pléthore de contenus postés tous les jours.

Longtemps accusé de manipuler les informations qui apparaissent sur ses plateformes, Facebook vient de se lancer dans un exercice de transparence bienvenu en détaillant le fonctionnement de son algorithme sur Instagram.

Dans un billet de blog daté du 8 juin 2021, la plateforme de partage de photos cherche à mieux expliquer « comment Instagram fonctionne » afin de tordre le cou aux idées préconçues concernant la « censure » ou l’absence de visibilité de certains posts.

Dans cette lecture riche, on apprend en fait que le problème d’Instagram n’est pas tant une curation éditoriale malveillante destinée à enterrer vos plus beaux clichés, mais plutôt un trop plein de contenu. « La vérité c’est que la plupart de vos followers ne verront pas ce que vous partagez, car la plupart d’entre eux ne regardent que la moitié de leur fil d’actualité », avoue le réseau social pour justifier le besoin de faire le tri parmi les publications.

Plus d’engagement = plus de pub

Le problème n’est pas nouveau (et Instagram en avait déjà parlé en 2018). Le fil chronologique brut a laissé place à un tri algorithmique depuis quelques années. « En 2016, les gens manquaient 70 % de tous leurs posts dans Feed, y compris près de la moitié des posts de leurs proches », justifie Instagram.

Cela représente évidemment un problème pour le site dont la rentabilité est indexée sur le temps que vous passez sur le réseau (et donc le nombre de pubs qu’il a la possibilité de vous afficher). Si les internautes ne regardent déjà que la moitié de leurs flux, il faut alors que cette moitié soit la plus intéressante possible pour garder les gens attentifs, engagés et plus réceptifs.

C’est là qu’interviennent donc « les différents algorithmes » construits par Instagram pour trier le contenu. L’entreprise insiste d’ailleurs sur ce pluriel, voulant chasser l’idée de l’unique « Grand algorithme » qui régit tout sur la plateforme. Chaque section de l’app (flux d’actualités, Reels, Stories…) se repose sur tout un tas de signaux tels que la proximité que vous entretenez avec une personne (basée sur le nombre de vos interactions), la popularité du contenu, le sujet du post, etc.

Pas de « shadowbanning » promet Instagram

En détaillant le fonctionnement de son système, Instagram espère faire taire les accusations de « shadowbanning », ce terme fourre-tout qui désigne à la fois la modération parfois abrupte d’Instagram et le fait d’être moins mis en avant sur la plateforme pour différentes raisons. « Nous reconnaissons que nous n’en avons pas toujours fait assez pour expliquer pourquoi nous retirons du contenu quand nous le faisons, ce qui est recommandable et ce qui ne l’est pas, et comment Instagram fonctionne plus généralement », s’excuse l’entreprise.

Shadow ban sur Instagram // Source : Numerama

Ces problèmes sont loin d’être propres à Instagram. Sur Facebook comme sur YouTube, le « reach », ce terme qui décrit le nombre de personnes qui seront exposées à un contenu durant leur navigation, est régulièrement analysé et critiqué par les médias et les personnalités publiques qui s’agacent de ne pas toucher les internautes qui se sont pourtant abonnés à leurs comptes. Vous saurez désormais pourquoi vous avez loupé le dernier post de votre vidéaste préféré. Il y a tout simplement trop de choses sur Instagram.

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