Dans un coup de pub malin, Samsung permet aux utilisateurs et utilisatrices d'iPhone de tester une partie de son système mobile via un bête navigateur web. Une démonstration techniquement intéressante qui rappelle à quel point le web ouvert est une alternative viable aux magasins d’applications.

Vous voulez tester Android, mais vous ne voulez pas vous séparer de votre iPhone ? Samsung a prévu un petit quelque chose pour vous. Le constructeur coréen vient de lancer une application web qui permet peu ou prou de tester le système d’exploitation mobile de Samsung sans quitter son téléphone Apple. Une manière de montrer que la concurrence n’est pas si effrayante que ça.

Un bout d’Android sur iPhone

Nommée Samsung iTest, cette petite expérience logicielle encapsule une partie de l’écosystème Android dans une application web. Pour tester, il suffit de se rendre sur la page d’accueil depuis Safari sur iPhone, d’épingler le site Web à votre écran d’accueil et ensuite vous pourrez avoir un goût de OneUI (la surcouche Samsung basée sur Android) sur votre iPhone.

Si vous tendez l’oreille, vous pouvez entendre Steve Jobs se retourner dans sa tombe // Source : Photo Numerama

L’expérience est plutôt soignée aux premiers abords. On arrive sur une page d’accueil typique d’un smartphone Samsung ou l’on peut naviguer librement, lancer quelques applis de démos, regarder des photos et même en prendre via une émulation de l’application Photo de Samsung.

L’idée a ses limites, puisque bon nombre d’applications ne se lanceront pas ou n’afficheront qu’un petit message indiquant que « toutes vos apps favorites sont disponibles sur Android », mais avec sa petite campagne promo, Samsung montre aussi le pouvoir des Progressive Web Apps (PWA), ces applications web qui agissent comme des logiciels natifs.

Le pouvoir des PWA

Contrairement aux applications natives que l’on trouve sur l’App Store d’Apple ou le Play Store de Google, les applications web n’ont besoin que d’un navigateur pour fonctionner. Grâce notamment à l’évolution du langage HTML, elles sont capables comme leurs alter ego natifs de stocker des données hors-ligne, d’afficher des animations, d’offrir des fonctionnalités multimédias. Bref, une PWA bien développée n’a pas grand-chose à envier à un « vrai » logiciel. Si vous en doutez, tenter d’utiliser l’application web de Twitter : elle est quasiment identique à la version venant des magasins d’applications. Même les notifications sont de la partie.

L’application Photo de Samsung qui tourne en PWA sur un iPhone // Source : Photo Numerama

Autres points positifs : elles sont légères sur la mémoire du téléphone, et surtout, elles sont universelles. Hé oui, on a tendance à l’oublier dans un monde qui n’a que l’app à la bouche, mais le web est une plateforme ouverte, puissante et polyvalente qui s’accommode désormais très bien de nos petits écrans de smartphone. Et Steve Jobs était d’ailleurs un ardent militant des applications web au moment du lancement du 1er iPhone, allant jusqu’à dire qu’il était possible « d’écrire de superbes applications Web 2.0 et Ajax qui ressemblent exactement aux applications de l’iPhone et qui se comportent exactement comme elles. »

C’est en 2021 son plus grand concurrent qui en fait la plus belle démonstration.

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