Les cartes graphiques se font tellement rares qu'elles font l'objet de trafics de contrebandes et de course-poursuite dans la baie de Hong-kong. Un fait-divers très 21e siècle sur fond de pénurie de semi-conducteurs.

La pénurie de semi-conducteurs provoque des effets de bords inattendus. Un reportage de la chaine hongkongaise TVB News daté du 3 avril 2021 et repéré par Digital Times raconte l’étrange histoire de contrebandiers d’un nouveau genre : des trafiquants de carte graphique.

Les douanes de Hong-kong ont en effet saisi un bateau rempli de produits de contrebande, qui en plus de transporter les traditionnels mets exotiques et autres produits de beauté, était chargé de 300 cartes graphiques Nvidia CMP 30HX. L’interception s’est faite lors d’une course-poursuite nautique à deux heures du matin qui a vu les contrebandiers s’échapper, mais le bateau a été saisi.

Du trafic de cryptomonnaie

Vu le modèle de carte graphique, il n’est par contre pas sûr que les trafiquants aient pris tant de risques pour offrir de superbes expériences vidéoludiques aux acheteurs et acheteuses potentielles. Les CMP 30HX sont effectivement des GPUs spécialisés dans le minage de cryptomonnaies et n’ont même pas de sorties vidéo. Nvidia le revendique d’ailleurs sur son site en indiquant que ces composants « minent plus efficacement » et permettent « un rapide retour sur investissement ».

Deux cryptomonnaies : l’Ethereum et le Bitcoin. // Source : Pexels/David McBee

Les CMP 30HX sont cela dit les moins puissantes des cartes graphiques dédiées au minage chez Nvidia avec un hash rate (puissance de minage d’une machine) de 26 MH/s, soit 26 millions de hashs/seconde. Les cartes les plus chères du constructeur montent à 86 millions de hashs/seconde.

Une pénurie qui n’en finit pas

Les cryptomonnaies ont largement participé à la pénurie de composants qui touchent actuellement le secteur de la high-tech. Les acharnés du minage se sont ajoutés aux populations confinées qui cherchaient à s’équiper pour s’échapper dans le jeu vidéo. L’addition des deux catégories a créé une telle demande, que l’industrie, elle aussi ralentie par le Covid-19, n’a pas réussi à suivre.

L’histoire aurait été plus poétique si l’opération avait visé les besoins des joueurs et joueuses à travers le monde, mais il semblerait que la cargaison avait plutôt pour but de produire de la richesse dématérialisée. En témoignent les barrettes de RAM également trouvées dans le bateau.

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