Amazon a offert son expertise logistique à l'administration Biden dès son entrée en fonction. L'entreprise se dit prête à aider à la distribution du vaccin contre le coronavirus partout aux USA.

Opération de communication ou véritable intention de participer à la stratégie vaccinale aux États-Unis ? Dans un communiqué publié le 20 janvier 2021, Amazon a fait savoir au public qu’il était disposé à mettre à disposition des pouvoirs publics son expertise dans la logistique pour aider à l’acheminement du vaccin. Le géant du web a fait son annonce le jour de l’investiture de Joe Biden.

Pourquoi maintenant et ne pas s’être proposé plus tôt, au moment où Donald Trump était encore au pouvoir ? Parce que la proposition d’Amazon répond au plan de Joe Biden de faire vacciner 100 millions de personnes outre-Atlantique en 100 jours. Ce plan, dévoilé à la mi-janvier, n’avait reçu alors de commentaire de la part de la firme de Seattle, car à ce moment-là Joe Biden n’était pas encore entré en fonction.

« Nous sommes prêts à agir rapidement dès que les vaccins seront disponibles. En outre, nous sommes prêts à tirer parti de nos capacités et de notre expertise en matière de logistique, de technologies de l’information et dans la communication pour aider votre administration dans ses efforts de vaccination », écrit l’entreprise, qui rappelle aussi qu’une campagne rapide de vaccination va dans son intérêt.

« Amazon compte plus de 800 000 employés aux États-Unis, dont la plupart sont des travailleurs essentiels qui ne peuvent pas travailler à domicile », souligne Dave Clark, l’un des pontes du géant du net, dans sa missive, tout en rappelant au passage que son groupe est le deuxième le plus gros employeur du pays, et qu’il a été un rouage clé lors des premiers mois de la pandémie pour assurer les livraisons.

De fait, depuis le début de la crise, le secteur privé a eu à diverses reprises un rôle à jouer, aux États-Unis, comme en France.

Cela s’est vu 2020 lorsque s’est posée la question de savoir si la grande distribution parviendrait à assurer le remplissage des rayons, ou bien plus récemment lorsqu’il a été annoncé le concours de sites comme Doctolib pour aider à organiser la vaccination. Ou, plus controversé, l’appel aux services de la société de conseil américaine McKinsey pour plancher sur la logistique de la vaccination.

Amazon pense aussi à lui

Le fait qu’Amazon propose son aide ne signifie pas qu’elle sera acceptée. Néanmoins, il se trouve que l’entreprise américaine a élargi ses activités en 2020 au business de la vente de médicaments. En outre, sa puissance logistique est très largement admise et ses centres se trouvent un peu partout sur le territoire américain. Amazon dispose même d’une flotte aérienne.

Cependant, comme en France, la distribution de ce type de produits ne se fait pas comme ça. Des règles doivent être respectées pour la distribution de ce type de produits. Cela, d’autant plus que les premiers vaccins contre le coronavirus s’avèrent fragiles et requièrent des conditions particulières de conservation et de transport. Des enjeux de responsabilité sont aussi à considérer.

Amazon France
Bientôt des vaccins sur les tapis roulants ? // Source : Amazon France

La prise de parole d’Amazon sur le sujet, que le groupe a bien pensé à rendre publique, vise aussi à soigner son image de marque, dans un contexte où le géant du e-commerce a pu être pointé du doigt pour profiter des séquences de confinement pour s’enrichir toujours plus, là où les petits commerces étaient contraints de suspendre leurs activités. La crise du coronavirus a rendu Amazon encore plus incontournable.

C’est aussi un moyen de se faire bien voir par les autorités, à l’heure où les activités de la société soulèvent des questions de fiscalité et de concurrence — avec des accusations d’abus de position dominante. À plus court terme, il s’agit surtout pour Amazon d’avoir la certitude de ne pas avoir de rupture de personnel, en cherchant à bénéficier d’une priorité dans la vaccination, au motif d’un rôle essentiel dans le quotidien.

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